La On Cloudultra 3 arrive comme une vraie rupture chez la marque suisse : la chaussure d'ultra-trail abandonne sa raideur historique pour adopter l'hyper-mousse Helion HF, une plaque Speedboard TPU et une accroche Missiongrip multidirectionnelle. En tant que coach RunMorph, je vois un modèle qui change enfin de catégorie : tu peux la prendre pour ton 50 km comme pour ton 100 miles.
On Cloudultra 3 : la chaussure d'ultra qui sait enfin dérouler
Les deux premières générations de la Cloudultra n'avaient pas convaincu sur la longue distance. Trop ferme, trop bruyante, peu de retour d'énergie. Avec cette troisième version sortie à la rentrée 2025 (et largement disponible en France au printemps 2026), On change de braquet. Le concept reste le même : protéger le pied sur des durées de 6 à 24 heures, en montagne ou sur sentier roulant. Mais l'exécution est totalement nouvelle.
Cette Cloudultra 3 vient remplacer ton ancienne paire d'entraînement long sur trail technique. Elle se positionne face à une concurrence dense : Hoka Speedgoat 7, La Sportiva Prodigio 2, Asics Trabuco Max 5, Saucony Peregrine 16. Sur ce segment chargé, la Cloudultra 3 cherche sa place avec un argument simple : le confort de l'amorti sans renoncer à la précision en descente.

© On Running, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Le conseil de RunMorph
Si tu prépares un ultra de plus de 50 km en montagne moyenne, la Cloudultra 3 est un des meilleurs achats du moment. Elle te donne 70 % du confort d'une Asics Trabuco Max 5 tout en gardant une accroche très supérieure sur cailloux mouillés. Pour les trails secs et roulants jusqu'à 30 km, je préfère la La Sportiva Prodigio 2, plus légère et plus dynamique. Le bon choix dépend de ton terrain dominant, pas de la marque.
Données techniques objectives
| Marque | On |
| Modèle | Cloudultra 3 |
| Année | 2025 / 2026 |
| Type | Trail longue distance, ultra-trail polyvalent |
| Drop | 6 mm |
| Stack talon / pointe | 32 mm / 26,5 mm |
| Poids | 295 g (homme, taille 42,5) / 235 g (femme) |
| Mousse | Helion HF (hyper-mousse supercritique) |
| Plaque | Speedboard TPU (pas de carbone) |
| Semelle extérieure | Missiongrip, crampons multidirectionnels 4 mm |
| Pare-pierres | Oui, intégré à la mousse |
| Distance recommandée | 30 km à 100 miles |
| Prix officiel | 200 € |
Ce que tu dois retenir des chiffres : la Cloudultra 3 reste plus légère que la majorité des chaussures d'ultra à stack équivalent. La Hoka Mafate 5 tourne autour de 320 g, l'On Cloudultra Pro dépasse les 300 g, et la Asics Trabuco Max 5 frôle les 310 g. À 295 g, tu gagnes une vraie sensation de fluidité après six heures de course.
Le drop de 6 mm est cohérent avec ce que tu trouves chez les modèles ultra modernes (4 à 8 mm). Si tu viens de la Salomon Speedcross 6 et son drop de 10 mm, prévois deux semaines d'adaptation pour tes mollets et ton tendon d'Achille.
Pour qui est faite cette chaussure ?
Le coureur d'ultra-trail (de 50 km à 100 miles)
C'est sa cible naturelle. Tu peux la sortir le matin pour ton footing de récup' de deux heures, puis la garder le week-end pour ton long de 30 km en montagne. La mousse Helion HF, version supercritique de la mousse historique de la marque, encaisse les chocs très efficacement. Sur des sorties de 6 heures et plus, le pied reste protégé sans le tassement habituel des EVA classiques. Si ton calendrier inclut un Templiers, un UTMR ou un 80 km du Mont-Blanc, c'est un choix direct à mettre sur ta short list.
Le trailer polyvalent qui n'aime pas les chaussures ultra-techniques
La Cloudultra 3 est plus accessible que la Salomon S/Lab Genesis ou la Hoka Tecton X 3, qui ciblent un trailer plus expérimenté et plus rapide. Tu cherches une chaussure que tu peux mettre les yeux fermés sur 80 % de tes sorties, route compactée comprise quand tu rejoins ton point de départ ? Elle coche la case. Le revers, c'est qu'elle ne devient jamais véritablement explosive sur du sec roulant. Pour ce profil, la La Sportiva Prodigio 2 reste plus pertinente.
Le coureur lourd (plus de 80 kg) qui veut un amorti durable
Avec un stack de 32 mm au talon, la Cloudultra 3 absorbe les impacts d'un gabarit costaud. La structure CloudTec sous la mousse Helion HF apporte une stabilité que la Speedgoat 7 a parfois du mal à offrir au-delà de 80 kg. Si tu pèses entre 75 et 95 kg, la Cloudultra 3 t'évitera la fatigue articulaire après quatre heures d'effort. En tant que coach, je vois trop de coureurs lourds choisir des modèles trop fermes par méfiance vis-à-vis du stack haut. Le confort durable, c'est la clé de la performance sur ultra.

© On Running, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Comportement en course : ce que tu vas ressentir
Premiers kilomètres : la chaussure se fait oublier. Tu ne sens pas l'amorti se déformer comme sur une Hoka Bondi 9, tu sens plutôt une plateforme stable qui te renvoie un peu d'énergie à chaque pas. La transition talon-pointe est fluide, sans le claquement sec de la Cloudultra 1 ou 2. La plaque Speedboard TPU joue son rôle : elle ne propulse pas comme une plaque carbone (ce n'est pas son but), mais elle stabilise la mousse et évite que ton pied parte en pronation excessive sur les pierres.
En descente technique, la semelle Missiongrip surprend. Les crampons multidirectionnels (un mélange de losanges et d'ergots, profondeur 4 mm) accrochent sur racine humide, sur pierre lichénée et sur terre meuble. C'est un net cran au-dessus des deux générations précédentes. Tu peux engager des descentes raides sans devoir freiner constamment, ce qui change tout sur un long.
En montée, la chaussure se montre raisonnablement nerveuse. Pas de l'explosivité d'une chaussure plus typée race, mais une bonne accroche d'attaque et un avant-pied qui se plie bien sans s'écraser. Au-dessus de 7 % de pente, tu sentiras quand même les 295 g, comme sur n'importe quelle chaussure d'ultra-trail.
Comparatif face à la concurrence directe
La Cloudultra 3 affronte trois modèles dans le segment ultra-trail polyvalent. Voici comment elle se positionne.
Vs Hoka Speedgoat 7 (155 €, 285 g, drop 4 mm) : la Speedgoat reste la référence par défaut sur l'ultra, plus testée, plus protectrice sur sentier très technique. La Cloudultra 3 est plus stable pour un coureur lourd et offre une meilleure transition. Le rapport qualité-prix penche en faveur de la Speedgoat (45 € de moins), mais si tu cours plutôt sentier roulant et caillouteux que vraie montagne alpine, la Cloudultra 3 sera plus polyvalente.
Vs La Sportiva Prodigio 2 (175 €, 270 g, drop 6 mm) : la Prodigio 2 est plus dynamique, plus joueuse, plus précise en descente technique. Mais elle plafonne autour de 50-60 km. Au-delà, la Cloudultra 3 reprend la main grâce à son stack supérieur. Si ta saison alterne courses courtes (10 à 30 km) et un ultra cible, la Cloudultra 3 peut faire les deux ; la Prodigio 2 est trop fine pour tes longs.
Vs Asics Trabuco Max 5 (180 €, 310 g, drop 4 mm) : la Trabuco Max 5 va plus loin dans la philosophie max-cushion, avec une mousse FF Blast Plus encore plus moelleuse. Elle est aussi 15 g plus lourde et un peu moins précise en descente technique. Si tu veux le maximum de confort sur 100 miles, la Trabuco Max 5 est imbattable. Si tu veux un confort élevé mais avec plus de sensations terrain, la Cloudultra 3 est le bon compromis.
Vs Saucony Peregrine 16 (140 €, 260 g, drop 4 mm) : la Peregrine 16 reste la chaussure de trail pure souche, parfaite pour 10 à 50 km. Elle ne joue pas dans la même catégorie que la Cloudultra 3, qui vise des durées plus longues. Pour un budget serré et des courses jusqu'au marathon trail, la Peregrine 16 reste imbattable.

© On Running, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Comment l'intégrer dans ton plan d'entraînement RunMorph
La Cloudultra 3 est une chaussure d'entraînement long et de course longue. Voici comment je l'utilise dans la programmation que je propose dans les plans RunMorph :
Sortie longue progressive (90 à 180 minutes). C'est le rôle naturel de la chaussure. Tu construis ton endurance fondamentale, ton corps s'habitue à durer, et le confort de la mousse Helion HF te permet de monter progressivement à 3 ou 4 heures de sortie sans douleur articulaire post-séance.
Footing de récupération. Bizarrement, la Cloudultra 3 est aussi excellente en footing facile à plat ou sur chemin compactée. Le poids est suffisamment maîtrisé et l'amorti suffisamment doux pour que tu n'aies pas l'impression de « gâcher » une chaussure d'ultra. Beaucoup de mes athlètes la sortent en récup' le lendemain d'une grosse séance de seuil.
Compétitions cibles : ultra-trail de 30 à 160 km. C'est sa zone de chasse. Templiers, Maxi-Race, MIUT, UTMB Mont-Blanc, Diagonale des Fous : la Cloudultra 3 répond présente. Sur un 100 miles, je recommande quand même de tester la chaussure sur un long simulant l'effort total avant de l'engager le jour J.
Ce que je ne recommande pas avec cette chaussure : les séances de fractionné court (200 m, 400 m), les courses sur route au-delà de 5 km, les trails très techniques sur dalle (où une Salomon Speedcross 6 ou la Salomon S/Lab Genesis seront plus pertinentes).
Verdict du Coach RunMorph
La On Cloudultra 3 est, à mon avis, la première vraie chaussure d'ultra réussie chez la marque suisse. Les deux générations précédentes étaient des chaussures de trail mal calibrées pour la longue distance. Cette troisième version corrige enfin tous les défauts : amorti convaincant, transition fluide, accroche solide en descente. Le prix de 200 € reste élevé, mais cohérent avec le segment haut de gamme où elle joue.
Mes deux réserves : la chaussure ne sera jamais vraiment dynamique sur sentier sec roulant (ce n'est pas son but, mais sache-le), et la durabilité de la mousse Helion HF reste à confirmer au-delà de 800 km, le retour terrain manque encore de recul.
Si tu prépares un ultra-trail de 50 à 160 km cette saison et que tu pèses entre 70 et 95 kg, c'est un achat sans regret. Si tu cours surtout des trails de 10 à 30 km, va plutôt voir du côté de la La Sportiva Prodigio 2 ou de la Saucony Peregrine 16.
À retenir pour ton entraînement
- Chaussure d'ultra polyvalente : 295 g, drop 6 mm, stack 32/26.5 mm, mousse Helion HF supercritique, plaque Speedboard TPU.
- Idéale entre 50 et 160 km : confort durable, accroche solide, transition fluide, gabarits 70-95 kg parfaitement servis.
- Vraie rupture par rapport aux versions 1 et 2 : la Cloudultra entre enfin dans le club des références ultra-trail.
- Limites : peu dynamique sur sentier sec roulant, prix élevé (200 €), durabilité au-delà de 800 km à confirmer.
- Plans RunMorph adaptés : préparation ultra-trail (Templiers, UTMB, Diagonale), sorties longues, footing de récupération.

© On Running, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Articles recommandés
- Hoka Speedgoat 7 : le test complet RunMorph : la concurrente directe sur ultra.
- La Sportiva Prodigio 2 : l'allié polyvalent de tes trails : pour les distances de 10 à 50 km.
- Asics Trabuco Max 5 : le test complet : la référence max-cushion pour 100 miles.
- Hoka Tecton X 3 : le test complet : la super-shoe trail à plaque carbone.
Sources et méthodologie : ce test agrège les retours terrain de la presse trail française (Pacing Trail, Le Comparatif du Trail, u-Trail, Run-Ix, Journal du Trail, Run Évasion, Quatorze Running, Runmag), les données techniques officielles communiquées par On, ainsi que des mesures laboratoire indépendantes recoupées avec le consensus international des testeurs. Photos officielles fournies par la marque, utilisées à des fins éditoriales.
