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15 mars 2024

NNormal Tomir 2 : le test complet RunMorph

NNormal Tomir 2 : le test complet RunMorph

La NNormal Tomir 2.0, c'est la deuxième version du modèle polyvalent de la marque andorrane fondée par Kilian Jornet, conçu pour t'accompagner du semi-trail à l'ultra. Avec sa mousse supercritique EExpure, sa semelle Vibram Megagrip Litebase, son drop de 8 mm et son tissage 360 Stitch, elle promet l'accroche d'une chaussure technique et le confort d'une chaussure d'endurance. En tant que coach RunMorph, je te donne mon avis détaillé après analyse complète des données et croisement des retours terrain.

NNormal Tomir 2 : la polyvalente long trail signée Kilian Jornet

NNormal, c'est la jeune marque andorrane lancée fin 2022 par Kilian Jornet et Camper Group, avec une promesse simple : moins de modèles, plus de durabilité, et un cahier des charges écrit par les coureurs eux-mêmes. La Tomir 2.0, sortie en mars 2024, prend la suite de la Tomir 1.0 et se positionne comme la chaussure trail polyvalente de la gamme, complémentaire à la Kjerag (plus minimaliste, racing court). Là où la Kjerag est faite pour les pieds expérimentés et les courses jusqu'au marathon, la Tomir 2 te suit du semi-trail jusqu'à l'ultra, sur des terrains variés et exigeants.

La version 2 corrige les défauts de la première : amorti revu avec la mousse supercritique EExpure (la même que sur la Kjerag), profil rehaussé de 2 mm pour mieux protéger le pied, tige Ripstop plus respirante, et surtout durabilité poussée à un niveau qui fait référence dans le segment. Le tarif officiel reste élevé à 195 €, mais l'objectif assumé est de durer largement plus de 1 000 km, ce que confirment les premiers relevés indépendants.

Le conseil de RunMorph : la Tomir 2 n'est pas une chaussure de seuil ni de fartlek. C'est une chaussure de volume, faite pour t'accompagner sur tes longues sorties trail et tes ultras. Si tu cherches une chaussure de race plus nerveuse, regarde plutôt la Salomon S/Lab Genesis ou la Hoka Tecton X 3. Si tu veux une polyvalente plus accessible, lis aussi mon test de la La Sportiva Prodigio 2.

NNormal Tomir 2 vue 3/4 détail tige

© NNormal, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.

Données techniques objectives

CaractéristiqueValeur
MarqueNNormal
ModèleTomir 2.0
Sortie officielle15 mars 2024
TypeTrail polyvalent long, semi-trail à ultra
Drop8 mm
Stack height33 mm talon / 25 mm avant-pied
Poids288 g (UK 8.5, EU 42 2/3)
MousseEExpure 45C supercritique
Renfort structurel360 Stitch (couture nylon 360 degrés tige + semelle)
Plaque carboneNon
SemelleVibram Megagrip Litebase, Traction Lug 33 crampons de 5 mm
TigeRipstop TPE, polyester, nylon monofilament
Semelle de propretéOrtholite avec arche moulée
VersionsStandard, Boot (tige haute), Gore-Tex
Distance cible20 km à plus de 100 km
Prix officiel195 euros

Pour qui est faite la Tomir 2 ?

Le coureur trail ultra qui veut une seule paire pour tout

Si tu fais entre 40 et 100 km par semaine en trail, que tu prépares un objectif long (un 80 km, un 100 km, voire ton premier UTMB de niche), la Tomir 2 est faite pour toi. Elle te permet d'enchaîner les longues sorties dominicales, les sorties en montagne, et même quelques séances de côtes sans changer de chaussure. Sa durabilité te permet d'amortir le ticket de 195 euros sur 1 000 km voire plus, là où la plupart des concurrentes te lâchent vers 600-700 km.

Le coureur exigeant qui veut une accroche universelle

Le Vibram Megagrip Litebase, c'est aujourd'hui la référence en matière de gomme trail polyvalente. Les crampons de 5 mm couvrent à peu près tous les terrains, du sentier roulant à la pierre humide en passant par la boue compacte. Ce n'est pas la chaussure la plus mordante en boue profonde (la Salomon Speedcross 6 ou la Saucony Peregrine 16 font mieux sur ce point précis), mais en polyvalence terrain, peu de modèles peuvent rivaliser.

Le coureur qui valorise la durabilité et l'éthique de fabrication

NNormal, c'est aussi une philosophie : moins de modèles, plus de durabilité, des matériaux raisonnés et une fabrication en Andorre proche de l'Europe. Si tu attaches de l'importance à la longévité réelle de ton matériel, à l'absence d'obsolescence calendaire (NNormal sort une nouvelle Tomir tous les deux ans, pas tous les six mois), et à un discours marque assumé, tu trouveras ici une cohérence rare dans le segment.

NNormal Tomir 2 vue de la semelle Vibram Megagrip Litebase

© NNormal, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.

Confort, comportement et accroche

L'élément qui frappe en premier sur la Tomir 2 vs la Tomir 1, c'est la sensation d'amorti. La V1 utilisait une EVA classique, le ressenti était sec et sans peps. La V2 passe à la mousse EExpure 45C, supercritique : la même chimie que sur la Kjerag, mais dans une densité un peu plus accueillante pour les longues distances. Sous le pied, ça reste ferme (on est très loin de la sensation moelleuse d'une Hoka Mafate 5), mais le retour d'énergie est nettement plus dynamique, et la fatigue musculaire après 3 ou 4 heures de course est mieux contenue.

Le 360 Stitch, c'est l'autre signature technique : une couture nylon qui encercle complètement la chaussure et relie la tige, la mousse intermédiaire et la semelle. En pratique, ça donne deux choses précieuses : une stabilité latérale renforcée (le pied ne se vautre pas sur les appuis dévers) et une durabilité de structure très au-dessus de la moyenne. Les retours indépendants sur 500 à 1 000 km confirment que ni le mesh ni la semelle ne montrent de signe de relâchement.

Côté accroche, le Vibram Megagrip Litebase fait le job sur toute la palette de terrains européens classiques : sentier roulant, monotrace en sous-bois, chemin caillouteux, pierre humide. Les 33 crampons de 5 mm sont bien répartis, avec une zone plus mordante au talon pour les descentes raides. Sur le mouillé technique (racines, dalles), tu retrouves la confiance qu'on attendait. Là où ça décroche un peu, c'est dans la boue profonde et grasse, où les crampons saturent plus vite que sur une chaussure mud spec dédiée.

La tige Ripstop TPE est solide et drainante : elle sèche vite après un passage de gué, ne se déchire pas au contact des cailloux, et reste suffisamment respirante par temps chaud. Le chaussant est de largeur moyenne avec une pointe légèrement élargie, ce qui laisse de l'espace aux orteils lors des descentes longues sans flotter pour autant. La langue est attachée latéralement (gusset), ce qui empêche les saletés de rentrer.

Comparatif face à la concurrence

Sur le segment "trail polyvalent long, 50 à 100 km", la Tomir 2 affronte des références sérieuses :

  • Hoka Mafate 5 (320 g, drop 8 mm, 45/37, 190 €) : plus moelleuse et protectrice, mieux pour les ultras très longs sur pistes roulantes, mais plus lourde et moins précise sur le technique.
  • Salomon S/Lab Genesis (235 g, drop 8 mm, 30/22, 200 €) : plus nerveuse et plus légère, pensée pour le racing trail, mais moins durable et moins indulgente sur le très long.
  • On Cloudultra Pro (260 g, drop 6 mm, 39/33, 270 €) : super-shoe trail élite, plus rapide pour les coureurs racing, mais cher et moins polyvalente.
  • La Sportiva Prodigio 2 (280 g, drop 6 mm, 28/22, 160 €) : alternative italienne polyvalente, moins chère, idéale pour les coureurs au pied technique.

Mon verdict comparatif : si tu valorises la durabilité au km, le 360 Stitch et la durabilité du Vibram Megagrip Litebase font de la Tomir 2 l'investissement le plus rationnel du lot. Si tu valorises la légèreté pure, regarde plutôt la S/Lab Genesis. Si tu valorises le confort moelleux maximal, la Mafate 5 reste la référence.

Comment intégrer la Tomir 2 dans ton plan d'entraînement RunMorph

En tant que coach, je vois trois rôles bien identifiés pour la Tomir 2 dans ta semaine d'entraînement trail :

  • La sortie longue dominicale (2 h à 5 h) : son confort de mousse supercritique et son drop de 8 mm te permettent d'enchaîner les heures sans tasser tes mollets ni tes ischios. C'est exactement le créneau où elle excelle.
  • Les sorties techniques en montagne avec dénivelé (D+ 600 à 2000 m) : l'accroche Vibram, la stabilité 360 Stitch et la protection de tige Ripstop te couvrent sur des terrains variés en toute sécurité.
  • La course objectif de 50 à 100 km : c'est sa raison d'être. Bien rodée sur 200 km en amont, tu peux y aller les yeux fermés pour ton premier ultra.

En revanche, ne l'utilise pas pour tes séances rapides sur route ou piste : la semelle s'use prématurément, et tu perds le bénéfice de l'accroche trail. Pour ces séances, garde une chaussure dédiée route comme la Asics Magic Speed 5 ou la Hoka Mach 7. Si tu veux structurer tout ça intelligemment, jette un œil aux plans d'entraînement RunMorph : on a des programmes ultra (50 km, 80 km, 100 km) qui te disent exactement quelle chaussure mettre à quel moment de la semaine.

NNormal Tomir 2 vue arrière des talons

© NNormal, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.

Verdict du Coach RunMorph

La NNormal Tomir 2.0 est une chaussure trail mature, pensée pour durer et pour t'accompagner sur les longues distances avec sérieux. Elle n'est pas la plus moelleuse, pas la plus nerveuse, pas la plus mordante : elle est la plus équilibrée et la plus durable du segment. Son principal défaut reste son tarif (195 euros) qui peut freiner, mais ramené au kilomètre parcouru, c'est probablement l'investissement le plus rentable de ma sélection trail long.

Ma note globale : 8,5/10. Une demi-étoile en moins parce qu'elle reste perfectible en boue profonde et un peu ferme pour les coureurs en quête de moelleux pur. Mais sur l'objectif initial (un ultra-trail durable et polyvalent), elle coche toutes les cases.

NNormal Tomir 2 vue du dessus tige et chaussant

© NNormal, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.

À retenir pour ton entraînement

  • Catégorie : trail polyvalent long, 50 km à 100 km, drop 8 mm, stack 33/25.
  • Atout principal : la durabilité réelle (largement plus de 1000 km) grâce au 360 Stitch et au Vibram Megagrip Litebase, ce qui en fait l'investissement le plus rationnel au km du segment.
  • Atout secondaire : la stabilité latérale exceptionnelle sur appuis techniques, parfaite pour les sentiers dévers en montagne.
  • Limite à connaître : ferme sous le pied, pas adaptée si tu cherches le moelleux d'une max-cushion type Mafate 5. Décroche aussi un peu en boue profonde grasse.
  • Place dans la semaine RunMorph : sortie longue dominicale, sorties techniques en montagne, course objectif ultra. À éviter pour les séances rapides sur route.

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