Se passer d'une ceinture thoracique sans sacrifier la précision : c'est la promesse que la plupart des brassards cardio optiques peinent à tenir sur la durée. Le Scosche Rhythm24 tente le pari depuis plusieurs années déjà, et reste aujourd'hui l'un des rares capteurs de bras à revendiquer une autonomie proche de 24 heures. RunMorph l'a passé au crible pour savoir s'il mérite toujours sa place face à la concurrence.
L'essentiel en 3 phrases : le Scosche Rhythm24 tient la comparaison avec une ceinture thoracique sur home trainer et en intervalles, mais décroche un peu à l'échauffement et en natation. Son autonomie de 24 heures et sa mémoire embarquée restent une référence sur ce segment. Son application mobile, uniquement en anglais, reste son principal point faible.

Un brassard cardio optique toujours présent sur le marché des accessoires de course
Le marché des capteurs de fréquence cardiaque au bras s'est largement structuré autour de trois familles : les brassards optiques généralistes comme le Polar OH1+, les capteurs orientés récupération et sommeil comme le Whoop, et les brassards à forte autonomie comme le Scosche Rhythm24. Ce dernier occupe une niche précise : celle des coureurs qui veulent abandonner la ceinture thoracique sans multiplier les recharges. Alors que la plupart des capteurs optiques de bras plafonnent entre 10 et 20 heures d'autonomie, le Rhythm24 revendique jusqu'à 24 heures en continu, une donnée qui a fait sa réputation depuis son lancement.

Le capteur n'est pas une nouveauté au sens strict : Scosche l'a fait évoluer par petites touches depuis sa présentation, sans jamais le retirer de son catalogue. Cette longévité commerciale, rare dans l'univers des accessoires connectés, en dit long sur la solidité de sa proposition technique. RunMorph n'avait pas encore testé de capteur Scosche dans son catalogue : l'occasion de combler ce manque avec un produit toujours activement vendu et documenté par plusieurs testeurs indépendants.
Fiche technique
| Caractéristique | Scosche Rhythm24 |
|---|---|
| Type de capteur | Brassard optique (bras, biceps ou avant-bras) |
| Capteur optique | Double LED verte + jaune (technologie Valencell / PerformTek) |
| Connectivité | ANT+ et Bluetooth Smart simultanés |
| Autonomie | Jusqu'à 24 heures en continu |
| Mémoire embarquée | Jusqu'à environ 13 heures d'entraînement stockées sans appareil connecté |
| Étanchéité | IP68, immersion jusqu'à 3 mètres selon la marque |
| Modes | Course à pied, vélo, natation, cardio seul, variabilité cardiaque, triathlon et duathlon |
| Cadence | Mesurée par accéléromètre interne (course et vélo) |
| Application | Rhythm Sync (iOS et Android, interface en anglais uniquement) |
| Compatibilité | Plus de 200 applications et appareils tiers (Garmin, Strava, Peloton, Zwift, Training Peaks...) |
| Prix indicatif | Environ 90 à 110 euros selon les revendeurs |
Une technologie optique double LED signée Valencell

Le Scosche Rhythm24 embarque un capteur optique fourni par Valencell (présent également chez d'autres marques du secteur), combinant une LED verte et une LED orange pour améliorer la lecture du flux sanguin sur des carnations variées. Scosche communique de son côté sur sa propre appellation, PerformTek, pour désigner cette même approche à double longueur d'onde. Dans les deux cas, l'objectif est identique : limiter les erreurs de mesure liées à la pigmentation de la peau, un problème fréquent avec les capteurs optiques mono-LED.
Le boîtier se porte sur le haut de l'avant-bras, le biceps ou le triceps, jamais au poignet. Ce choix de positionnement, imposé par la plupart des fabricants de brassards optiques, permet de limiter les artefacts de mouvement par rapport à une mesure au poignet, tout en restant nettement plus confortable qu'une ceinture thoracique sur les sorties longues. La mémoire interne du capteur, capable de stocker plusieurs heures d'entraînement, est particulièrement utile en natation, où les signaux ANT+ et Bluetooth ne passent pas sous l'eau : les données sont enregistrées en local puis synchronisées à la sortie du bassin.
Test terrain : que valent vraiment ses mesures ?
RunMorph a comparé les retours de plusieurs testeurs ayant confronté le Rhythm24 à des ceintures thoraciques de référence, avec des résultats qui divergent selon les protocoles utilisés, et il est important de le signaler plutôt que de le lisser.

Le test le plus complet disponible en français est celui de nakan.ch, qui a soumis le brassard à cinq protocoles distincts face à une ceinture Garmin HRM-Tri et à un Polar OH1+ porté simultanément. Sur home trainer, où les vibrations et le froid sont absents, la courbe du Rhythm24 colle presque parfaitement à celle de la ceinture. Sur un fractionné en côtes, le brassard suit correctement les variations rapides de fréquence cardiaque, avec un décalage d'environ cinq secondes typique des capteurs optiques. En revanche, lors d'un bloc au seuil, le testeur relève une surestimation nette pendant l'échauffement puis un écart ponctuel de sept à huit battements par minute par rapport à la ceinture sur la première répétition, avant que la mesure ne se stabilise. En VTT, la précision reste globalement bonne mais des décrochages apparaissent après une pause. En natation enfin, le brassard peine à suivre les variations de fréquence cardiaque, là où un Polar OH1 porté sur la tempe s'en sortait mieux dans ce comparatif précis.
À l'opposé, le test anglophone de Wareable (usage interne, reformulé), mené face à une ceinture Polar H10 et au capteur poignet d'une Garmin Forerunner 935 sur des sorties de course à pied classiques, ne relève jamais plus de un à deux battements par minute d'écart, sans surestimation du pic d'effort ni retard au retour au calme, deux défauts fréquents des capteurs poignet. Cette différence de sévérité entre les deux tests s'explique en grande partie par les protocoles : nakan.ch a poussé le capteur dans des situations exigeantes (seuil, VTT, natation) là où Wareable est resté sur un usage course à pied plus standard. Le site montre-cardio-gps.fr, de son côté, confirme les caractéristiques annoncées par la marque (autonomie doublée par rapport à la génération précédente, mémoire embarquée, double connectivité) sans toutefois mener de comparatif chronométré indépendant.
Le testeur de nakan.ch a également vérifié si la crème solaire, qui filtre une partie du spectre lumineux, perturbait la mesure optique : aucun biais n'a été constaté lors de plusieurs sorties menées avec et sans protection solaire sous le brassard.
Scosche Rhythm24 vs Polar OH1+ : le comparatif
| Critère | Scosche Rhythm24 | Polar OH1+ |
|---|---|---|
| Autonomie | Jusqu'à 24 heures | 10 à 12 heures |
| Mémoire embarquée | Environ 13 heures | Oui, plus limitée |
| Encombrement | Plus volumineux | Plus compact et discret |
| Connectivité | ANT+ et Bluetooth simultanés | ANT+ et Bluetooth Smart |
| Application | Anglais uniquement | Multilingue, plus intuitive |
| Positionnement | Autonomie et polyvalence multisport | Confort et simplicité d'usage |
Le choix entre les deux se résume assez vite : le Rhythm24 s'adresse à qui refuse de recharger son capteur chaque semaine et veut enregistrer de longues sorties en mode autonome, tandis que le Polar OH1+ reste plus compact et plus simple à prendre en main au quotidien, au prix d'une autonomie nettement inférieure.
Avantages et inconvénients
Pour qui ?
Le Scosche Rhythm24 convient aux coureurs qui enchaînent les sorties longues sans recharger fréquemment leur matériel, aux triathlètes qui veulent un capteur unique capable de suivre les trois disciplines, et aux nageurs qui recherchent un enregistrement autonome de la fréquence cardiaque en bassin ou en eau libre.
Pas pour qui ?
Il conviendra moins à qui cherche le capteur le plus compact possible, ou à qui privilégie une précision maximale sur des efforts au seuil et des changements d'allure brusques, domaines où une ceinture thoracique reste plus fiable.

Ce que RunMorph a retenu de ce test : l'autonomie et la mémoire embarquée du Rhythm24 en font un allié sérieux pour les longues sorties et le multisport, mais son application anglophone et sa précision en retrait sur les efforts intenses ou en natation le placent un cran derrière les meilleures ceintures thoraciques du marché.
Progresse avec un plan d'entraînement adapté à ton matériel
Un capteur cardio, aussi précis soit-il, ne vaut que par l'usage qu'on en fait. RunMorph propose des plans d'entraînement personnalisés qui intègrent tes zones de fréquence cardiaque, que tu portes une ceinture thoracique ou un brassard optique comme le Rhythm24. Découvre les plans RunMorph et transforme tes données cardio en progression concrète.
Verdict du Coach RunMorph
Le Scosche Rhythm24 reste, plusieurs années après son lancement, l'un des rares brassards cardio optiques à tenir une autonomie de 24 heures sans faiblir. Sa précision est solide sur les efforts stables et les intervalles, plus discutable à l'échauffement, au seuil et en natation, selon les retours croisés des testeurs. Son application mobile, uniquement en anglais et peu intuitive, freine encore son adoption auprès d'un public non anglophone. RunMorph lui attribue la note de 8,2/10 : un choix pertinent pour qui privilégie l'autonomie et le multisport, moins évident pour qui cherche la précision absolue sur les efforts intenses.
À retenir pour ton entraînement
- Positionne le brassard sur le haut de l'avant-bras ou le biceps, jamais trop serré, pour limiter les artefacts de mesure.
- Active le mode adapté à ton activité (course, vélo, natation) avant de lancer l'enregistrement : les algorithmes s'ajustent en conséquence.
- Pour les efforts au seuil ou les fractionnés très intenses, garde à l'esprit qu'un écart ponctuel avec une ceinture thoracique reste possible.
- Exploite la mémoire embarquée pour tes sorties en natation où tu ne portes pas de montre compatible.
- Recharge le capteur sur une base hebdomadaire plutôt que d'attendre l'épuisement complet de la batterie.
