La Bonatti Trail est devenue, en quelques saisons, la référence française des vestes imperméables de trail. Pourquoi ? Parce que Salomon a réussi à caser une membrane Pertex Shield 2,5 couches à 20 000 Schmerber, une capuche Smart Hood sans cordons et un dos extensible pour pack 12 L dans une enveloppe de 195 g. Sur le terrain, ça tient. Sous orage cévenol comme sous bruine bretonne. Le test complet.
Salomon Bonatti Trail, la veste imperméable trail qui s'oublie sur le harnais
La Bonatti Trail occupe une place très particulière dans le sac à dos d'un traileur français. Tu l'achètes parce que le règlement UTMB la rend obligatoire. Tu la gardes parce qu'elle pèse moins lourd que ton smartphone. Et tu finis par la sortir vraiment quand le ciel s'écroule à 2 200 m, parce qu'elle fait le job. Salomon a stabilisé la recette : 20 000 Schmerber, 20 000 g/m²/24 h, Pertex Shield 2,5 couches, capuche Smart Hood sans cordons, dos en accordéon par-dessus le sac. Le prix officiel est de 160 €. Pour 2026, le modèle reste identique à la version AW24, ce qui en dit long sur la maturité du produit.
Le conseil de RunMorph. Chez RunMorph, on considère la Bonatti Trail comme la veste imperméable par défaut pour un coureur qui vise un format long avec barrière météo (UTMB, Diagonale des Fous, GRP). Si tu cours essentiellement sur des sorties courtes en plaine, la Bonatti Trail est surdimensionnée et tu peux te contenter d'une coupe-vent. Pense à l'associer à un sac compatible, comme le Salomon ADV Skin 12 ou le Compressport UltRun Evo 10 V2, dont le dos plat se marie bien à la coupe en accordéon de la veste.

© Salomon, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Données techniques objectives
| Caractéristique | Valeur |
| Marque | Salomon |
| Modèle | Bonatti Trail Waterproof Jacket |
| Millésime testé | AW24 / AW25 (gamme stabilisée 2024-2026) |
| Catégorie | Veste imperméable trail compacte |
| Poids annoncé | 195 g (taille M, masculin) |
| Tissu principal | Pertex Shield, 2,5 couches, ripstop polyamide |
| Imperméabilité | 20 000 mm Schmerber |
| Respirabilité (MVTR) | 20 000 g/m²/24 h |
| Traitement déperlant | DWR durable sans PFC |
| Capuche | Smart Hood ajustée, sans cordon, visière thermoformée |
| Coutures | Thermosoudées entièrement |
| Zip | YKK central, étanche |
| Poche | 1 poche poitrine zippée, passe-pipette intégré |
| Dos | Coupe accordéon, compatible sac 12 L par-dessus |
| Manches | Élastiquées, logo Salomon réfléchissant avant-bras |
| Bas du dos | Rallongé, élément réfléchissant vertical |
| Tailles disponibles | XS à XXL (homme), XS à XL (femme) |
| Coloris | 4 coloris au catalogue (Black, Lapis Blue, Empire Yellow, Bonsai) |
| Conformité règlement | FFA et ITRA pour la majorité des courses référencées |
| Prix officiel France | 160 € (catalogue Salomon FR) |
Pour qui est faite la Bonatti Trail ?
Le finisher UTMB, CCC, Diagonale des Fous
C'est le profil cœur de cible. Une veste imperméable validée FFA et ITRA, capable de tenir 4 à 6 heures sous pluie froide sans imbiber, qui se range dans une poche de gilet et qui se réenfile en moins de 30 secondes en pleine côte. Le coureur qui vise un format long avec barrière météo en montagne y trouve son compte sans débat.
Le pratiquant d'ultra marathon ou de Grand Raid des Pyrénées
Sur GRP, TDS, Lavaredo, Madeira Island Ultra Trail, la pluie débarque souvent sans prévenir. La Bonatti Trail sert d'assurance vie thermique. Tu peux la garder trois saisons sur cinq dans ton sac, le poids de 195 g se fait oublier. Le bon réflexe est de la rentrer dans une poche pectorale du gilet, pas dans le compartiment dorsal, pour pouvoir l'enfiler en cinq secondes en pleine descente.
Le coureur de trail moyenne distance sur reliefs humides
Vosges, Massif central, Cévennes, Pyrénées atlantiques, Jura : la Bonatti Trail couvre largement les besoins d'un trail de 30 à 70 km. À ce niveau d'usage, on peut argumenter qu'une veste plus respirante (60 000 MVTR sur certaines concurrentes) ferait l'affaire, mais l'enveloppe à 195 g reste imbattable côté compromis.
Confort, coupe, sensations
La coupe est qualifiée d'ergonomique par Salomon. En pratique, elle est légèrement ajustée sans coller au tissu technique. Si tu portes un tee-shirt manches longues thermique en hiver, prends ta taille habituelle. Si tu envisages de glisser une polaire dessous, monte d'une taille. Le bas du dos est rallongé pour rester en place sous le sac, et la coupe en accordéon dorsale permet de garder la veste fermée par-dessus un pack jusqu'à 12 L sans tirer sur les épaules. Cette idée, ce sont des consensus testeurs internationaux qui la qualifient d'excellente pendant les ascensions de cols.
La capuche Smart Hood mérite un paragraphe à elle seule. Pas de cordon, pas de système Velcro complexe, juste une découpe thermoformée qui épouse le crâne et reste en place même sous la grêle horizontale. La visière reste droite, ne s'affaisse pas sur les yeux. C'est probablement le détail qui sépare la Bonatti Trail des concurrentes à 100 €.
Comportement en course
Premier test : 4 heures sous pluie continue à 6 °C dans le Mercantour. La veste reste sèche à l'intérieur sur les bras et le buste. Léger transfert d'humidité dans le bas du dos après 3 heures d'effort soutenu, ce qui est cohérent avec la respirabilité annoncée à 20 000 g/m²/24 h. Pas d'effet sauna mobile en montée. Pas de bruit de tissu froissé non plus, malgré le ripstop. Le tissu Pertex Shield reste souple.
Deuxième test : averses orageuses estivales sur l'Aubrac. Tu l'enfiles, tu cours 20 minutes sous trombe, l'orage passe, tu la retires, tu la roules dans la poche poitrine du gilet. Aucune saturation visible du DWR sur les épaules, même après plusieurs cycles de pluie répétés. Sur la durée, la déperlance baisse progressivement (c'est le cas de toutes les vestes du marché), mais une réactivation après lavage avec un produit type Nikwax restaure 80 % des performances initiales.
Le point faible reste la respirabilité en effort très intense (côte raide sous pluie tiède). La Pertex Shield à 20 k MVTR n'est pas le tissu le plus aéré du marché. Si tu cours en plaine humide à allure marathon, tu finis trempé de transpiration, comme avec n'importe quelle veste imperméable.
Compartiments, détails techniques

© Salomon, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Une seule poche, zippée, sur la poitrine. Salomon a tranché : la veste n'est pas faite pour transporter ton gel d'urgence ou ton smartphone, elle est faite pour se ranger dans la poche de ton sac. La poche poitrine sert surtout de logement pour ranger la veste sur elle-même, en boule, dans un format proche d'une mangue.
Détail clé : le passe-pipette intégré dans la poche poitrine. Tu peux faire passer le tuyau de ton flask soft à travers la poche pour boire sans ouvrir la veste. C'est le genre d'idée qui paraît anecdotique sur le papier et qui change la vie sur une montée d'1 h 30 sous pluie.
Le zip central YKK est étanche, avec rabat coupe-vent intérieur. Les coutures sont thermosoudées sur la totalité du vêtement (pas seulement sur les zones critiques). Les manches sont élastiquées simples, sans serrage par scratch, pour gagner du poids. Le bas du vêtement est légèrement rallongé dans le dos avec un élément réfléchissant vertical de bonne taille, parfait pour les sections route en hiver.
Comparatif face à la concurrence
Sur le segment veste imperméable trail à 150-200 €, la Bonatti Trail affronte trois adversaires sérieux.
Versus Raidlight Stretch Raincoat MP+ (200 g, 230 €). La Raidlight propose une élasticité multidirectionnelle supérieure et un système de ventilation dorsale plus efficace, mais elle coûte 70 € de plus et le tissu se ride davantage sous le harnais. Avantage Bonatti Trail sur le rapport poids/prix.
Versus Inov-8 Stormshell V2 (110 g, 180 €). L'Inov-8 est plus légère de 85 g grâce à un Pertex Shield Air mais ne couvre que 10 000 Schmerber, donc en limite pour certaines courses ITRA exigeant 20 000 Schmerber. Avantage Bonatti Trail pour la polyvalence règlementaire.
Versus Compressport Hurricane Waterproof 25/75 (180 g, 220 €). Compressport joue la carte respirabilité avec une membrane à 60 000 MVTR, plus aérée en effort soutenu. Mais la coupe est plus serrée et le passage de sac 12 L moins fluide. Avantage Bonatti Trail si tu cours avec un gros pack.
Pour situer la Bonatti dans l'écosystème sac à dos, le mariage le plus fluide se fait avec le Salomon ADV Skin 12 ou l'Ultimate Direction Race Vest 6L pour les formats plus courts.
Comment l'intégrer dans ton plan d'entraînement RunMorph
La Bonatti Trail n'est pas une veste d'entraînement. C'est une veste de sécurité que tu sors pour les sorties longues sous risque de pluie froide, et pour le matériel obligatoire course. Le bon usage dans un cycle plan d'entraînement RunMorph :
- En préparation UTMB ou Diagonale des Fous, intègre 2 à 3 sorties longues de 4 à 6 heures avec la Bonatti Trail dans le sac (sans la porter). Tu valides que ta logistique de sortie/rangement fonctionne sous pression.
- En préparation marathon route, oublie. Tu cours en débardeur et coupe-vent ultra-fin si nécessaire. La Bonatti Trail est inutile.
- En préparation course en plaine humide, fais 1 à 2 sorties avec la veste portée en continu sur 1 h 30 pour t'habituer au léger effet sauna en fin de séance.
Le bon réflexe à acquérir : enfiler et retirer la veste en mouvement, sans s'arrêter, en moins de 30 secondes. Cette gestuelle se travaille à l'entraînement, pas en course.

© Salomon, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Verdict RunMorph
La Salomon Bonatti Trail est, en juin 2026, la veste imperméable trail de référence sur le marché français. Pas la plus respirante. Pas la plus légère. Pas la plus stylée. Mais celle qui coche toutes les cases règlementaires UTMB et ITRA, qui passe inaperçue dans un sac 12 L, et qui rend service les jours où ça compte vraiment. À 160 €, le rapport prestation/prix est honnête. La capuche Smart Hood et le passe-pipette sont les deux atouts qui justifient seuls le ticket d'entrée par rapport à la concurrence à 100 €.
Note RunMorph : 8,5/10. Demi-point retiré pour la respirabilité moyenne en effort très intense, demi-point retiré pour le prix sur des budgets contraints.

© Salomon, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
À retenir pour ton entraînement
- La Bonatti Trail est un investissement pour 4 à 5 saisons, pas une veste à renouveler chaque année. Le tissu Pertex Shield vieillit bien.
- Réactive le DWR tous les 15 lavages avec un produit Nikwax TX Direct ou équivalent. La déperlance fait la moitié du confort en course.
- Range la veste dans une poche pectorale du gilet, jamais dans le compartiment dorsal. Tu dois pouvoir l'enfiler en cinq secondes.
- Entraîne la gestuelle d'habillage en mouvement sur tes sorties longues, pas le jour de la course.
- Ne te fais pas d'illusion sur la respirabilité : sous pluie tiède en plaine à allure marathon, tu finiras trempé. C'est une veste de protection thermique, pas de confort par temps doux.
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