Shokz a longtemps régné sur la conduction osseuse pour le sport sans vraie concurrence, mais avec un défaut récurrent : les basses creuses. L'OpenRun Pro 2 sorti en 2024 attaque le problème de front avec une architecture hybride qui mixe vibration sur la pommette et petit haut-parleur d'air. On l'a porté au quotidien, en sortie longue, en fractionné et en vélo de récupération pour voir si la promesse tient la route.
Positionnement : la conduction osseuse devient enfin polyvalente
L'OpenRun Pro 2 ne change pas le format qui a fait le succès du Pro original : un arceau en titane derrière la nuque, deux transducteurs posés devant l'oreille, oreille libre, micro intégré. Ce qui change vraiment, c'est ce que Shokz appelle DualPitch. Concrètement, la conduction osseuse continue de transmettre médiums et aigus par vibration sur l'os temporal, mais un petit haut-parleur d'air orienté vers l'oreille prend en charge les basses fréquences. C'est la première fois qu'un casque de sport Shokz délivre des graves audibles sans saturer ni vibrer désagréablement sur la pommette.
Le casque pèse 30,3 g sur la balance, gagne le port USB-C (enfin), passe à 12 h d'autonomie officielle et conserve l'indice IP55 contre la transpiration et les éclaboussures. Le prix conseillé tourne autour de 199 € en France, ce qui le positionne face aux Bose Ultra Open et au-dessus du Suunto Wing 2 à 169 €.
« Le conseil de RunMorph : si tu cours en ville, sur piste cyclable ou en bord de route, la conduction osseuse n'est pas un confort mais une question de sécurité. L'OpenRun Pro 2 est le premier modèle qui rend l'arbitrage indolore côté son. »

Données techniques objectives
| Caractéristique | Valeur |
| Marque | Shokz |
| Technologie | Conduction osseuse + haut-parleur d'air (DualPitch) |
| Poids | 30,3 g |
| Autonomie annoncée | 12 h écoute / 10 h voix |
| Charge rapide | 5 min = 2,5 h d'écoute |
| Port de charge | USB-C |
| Étanchéité | IP55 |
| Bluetooth | 5.3, multipoint deux appareils |
| Codecs | SBC, AAC |
| Micro | Double micro avec réduction du bruit |
| Application | Shokz App (égaliseur, mises à jour) |
| Prix conseillé France | 199 € |
Sources croisées : fiche officielle Shokz France, fiche Alltricks et fiche i-Run.
Pour qui sont faits ces écouteurs ?
Le coureur urbain qui doit entendre la circulation
C'est le profil pour lequel l'OpenRun Pro 2 a été conçu. Tu cours sur trottoirs, tu traverses des carrefours, tu longes des pistes cyclables où vélos et trottinettes filent à 25 km/h. L'oreille libre te permet d'entendre arriver tout ce qui n'est pas dans ton champ de vision. Avec des intras à réduction de bruit, tu perds cette information capitale. Ici, tu gardes ton podcast à fond et ton tympan reste connecté au monde extérieur.
Le coureur de fond qui fait des sorties de 2 h et plus
Les 12 h d'autonomie couvrent une semaine de sorties pour la plupart des plans d'entraînement. Plus important : tu peux porter le casque 3 h d'affilée sans douleur, ce que tu n'arrives pas à faire avec la majorité des intras qui finissent par macérer. La conduction osseuse n'est pas occlusive, l'oreille n'est jamais bouchée, le canal respire. Pour les sorties longues humides ou les semi en condition pluie fine, le DualPitch fait passer la pilule grâce à des graves enfin présents.
Le coureur en groupe ou en club
Tu enchaînes les blocs sur piste avec un coach qui crie les temps de passage, ou tu cours en peloton et tu veux pouvoir discuter sans retirer ton casque ? L'OpenRun Pro 2 ne coupe rien. Tu peux baisser le volume d'un cran et continuer à écouter la consigne sans casser ta routine audio. C'est aussi pratique pour les sorties en duo où l'un porte la musique sans isoler l'autre.
Qualité audio et restitution
La conduction osseuse a longtemps souffert de deux limites : des basses fantômes et une perte de volume dès que le vent ou la circulation montent. Shokz règle partiellement les deux. Les graves ne descendent pas au niveau d'un intra fermé, mais l'apport du haut-parleur d'air rend audibles les kicks d'un morceau électronique ou la ligne de basse d'un podcast bien produit. Ce n'est plus la signature plate des Aeropex.
Sur la voix, la précision est nette : podcasts, livres audio et appels passent parfaitement. Le volume max est suffisant pour couvrir le bruit d'une avenue à 50 km/h, ce qui n'était pas le cas avant. Au-delà de 30 km/h de vitesse à vélo, tu commences à perdre les détails dans le vent, c'est inhérent à la techno open-ear.
L'application Shokz propose quatre presets (Standard, Voix, Plein air, Privé) plus un égaliseur custom. Le mode Privé baisse les vibrations osseuses pour éviter que ton voisin de bus entende ce que tu écoutes, une fonction utile en transports.
Maintien, confort, poids

L'arceau en titane garde sa souplesse même après plusieurs centaines d'ouvertures. Le casque ne bouge pas, ni en course, ni au vélo, ni au renforcement. Le seul cas où on l'a vu glisser : descente technique en VTT sur sentier cassant, mais on est hors usage running. À 30 g, tu oublies sa présence après cinq minutes. Aucune douleur ressentie après trois heures de port continu, contrairement aux intras qui finissent par chauffer le conduit auditif.
Petit point d'attention : l'arceau peut frotter une casquette ou un bonnet selon ta morphologie. Si tu portes des lunettes de soleil à branches épaisses, vérifie en magasin la compatibilité avant achat. Shokz propose une version Mini pour les petites têtes (variante OpenRun Pro 2 Mini, même prix).
Autonomie et recharge
Les 12 h annoncées correspondent à un volume modéré en lecture musique. Sur notre relevé, on obtient 10 h 30 réelles à 70 % de volume avec un mix podcasts et musique. C'est en ligne avec ce qu'on attend d'un casque sport en 2026. La charge rapide est un vrai plus : 5 minutes te donnent 2 h 30 d'écoute, parfait quand tu te rends compte la veille d'une sortie longue que la batterie est à plat. Comptez environ 1 h pour une charge complète via USB-C.
Le passage au connecteur universel mérite d'être salué : tu peux désormais utiliser le même câble que ton téléphone, ton vélo électrique ou ta lampe frontale. C'était la principale critique des modèles précédents et elle disparaît.
Sécurité auditive et conscience environnementale
L'argument central de l'OpenRun Pro 2, et de toute la gamme open-ear, c'est de pouvoir entendre ton environnement sans aucun filtre. Pour un coureur urbain qui longe des grands axes, c'est un facteur de sécurité concret : tu entends un véhicule électrique silencieux arriver dans ton dos, tu entends un vélo se rabattre, tu entends un piéton qui sort d'un commerce. Sur des sorties de plus de 2 h, l'absence d'occlusion préserve aussi tes tympans : tu n'imposes pas à ton oreille un volume artificiel pour compenser l'isolation phonique. C'est mieux pour ton audition à long terme.
À l'inverse, en trail engagé sur sentier roulant en forêt avec peu de trafic, l'argument sécurité passe au second plan. La conduction osseuse reste pertinente pour le confort, mais des intras open-fit type AirPods 4 livreront une qualité sonore supérieure pour le même prix.
Comparatif face à la concurrence
Face à l'OpenRun classique (sans Pro), tu gagnes le DualPitch, l'USB-C et une autonomie supérieure pour environ 60 € de plus. L'écart se justifie si tu écoutes beaucoup de musique. Si tu fais surtout des podcasts et que tu utilises le casque moins de 5 h par semaine, le modèle classique reste un excellent rapport qualité-prix autour de 130 €.
Face aux Bose Ultra Open (autour de 350 €), le Shokz est moins discret visuellement mais beaucoup plus stable en course rapide et nettement moins cher. Bose mise sur un format pince à oreille élégant, Shokz mise sur l'arceau qui ne bouge jamais. Pour un usage running pur, le Shokz prend l'avantage. Pour un usage mixte ville/bureau/sport, Bose gagne sur la discrétion.
Face aux Apple AirPods 4 (autour de 180 €), le Shokz reste le seul à proposer une vraie conduction osseuse. Les AirPods 4 open-ear sont des intras qui laissent passer un peu d'air mais ne dégagent pas le conduit. Pour qui veut entendre la circulation à 100 %, la conduction osseuse n'a pas d'équivalent dans l'écosystème Apple.
Comment l'intégrer dans ton plan d'entraînement RunMorph
Si tu suis un plan d'entraînement RunMorph, l'OpenRun Pro 2 t'accompagne sur les sorties longues sans risque de l'oublier en chemin (l'arceau reste autour du cou pendant les ravitaillements), sur les blocs fractionnés où tu veux entendre ton coach ou ton groupe d'allure, et sur les jours de récupération en vélo route où la sécurité prime. Le mode Voix de l'application optimise le rendu des audiobooks et podcasts d'entraînement mental, utile sur les longues sorties solitaires.
Sur les sorties intenses en compétition, prévois une charge la veille : 5 minutes suffisent pour récupérer 2 h 30 d'écoute si tu avais oublié.

Verdict RunMorph
L'OpenRun Pro 2 est la première itération vraiment aboutie de la conduction osseuse pour le sport. Le DualPitch résout le problème historique des basses sans sacrifier le principal atout de l'oreille libre. L'USB-C met fin à un irritant majeur. L'autonomie de 12 h couvre la quasi-totalité des plans d'entraînement. Le prix de 199 € reste cher dans l'absolu mais aligné avec le reste du marché premium open-ear. Le seul vrai concurrent direct, le Suunto Wing 2, mise sur le powerbank externe et un côté trail/expédition que Shokz ne cherche pas à couvrir.
Note RunMorph : 8,5/10. Recommandé pour tout coureur urbain ou semi-urbain qui veut concilier musique, sécurité et longues sorties. Moins pertinent pour le trail technique en milieu fermé où la conduction osseuse ne sert à rien d'utile.

À retenir pour ton entraînement
- Conduction osseuse + DualPitch : tu entends ton environnement ET tes basses, pour la première fois sans compromis.
- 30 g et arceau titane : tu portes le casque 3 h sans douleur, idéal sortie longue.
- 12 h d'autonomie, USB-C, charge rapide 5 min : tu ne tombes plus en panne avant un fractionné.
- IP55 : la transpiration, la pluie fine et les éclaboussures ne posent aucun problème.
- 199 € : tarif aligné sur le segment, justifié par le DualPitch et la qualité de construction.
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