Under Armour n'a jamais été une marque de course historique. Mais depuis deux ans, la marque de Baltimore aligne des victoires réelles en marathon avec son athlète Sharon Lokedi (record du parcours de Boston, victoire à New York), toujours chaussée en Velociti Elite. La version 3 est censée transformer cet argument marketing en vraie super shoe. RunMorph a lu les tests indépendants publiés sur ce modèle précis pour vérifier si la promesse tient, plutôt que de se contenter de relayer la fiche produit.
L'essentiel en 3 phrases
La Under Armour Velociti Elite 3 est une carbone de compétition à drop très bas (2 mm), pensée pour le semi et le marathon plutôt que pour la vitesse pure. Elle est lourde pour la catégorie (232 g), demande 30 à 50 km de rodage avant de devenir vraiment réactive, et sa mousse HOVR+ reste en retrait des meilleures références du marché malgré une vraie amélioration par rapport aux versions précédentes. Sa durabilité est en revanche un point fort net, confirmée par plusieurs testeurs indépendants.
7,5
/ 10 · Note globale RunMorph
Pour qui ?Le coureur confirmé qui prépare un semi ou un marathon, à l'aise avec un drop très bas et une foulée médio-pied à avant-pied, prêt à accepter un rodage de plusieurs dizaines de kilomètres.
Pas pour qui ?Le coureur attaque-talon avec une mobilité de cheville limitée, ou celui qui cherche une carbone légère pour du fractionné court : plusieurs testeurs signalent une gêne au tendon d'Achille et un poids pénalisant sur les allures rapides.

Photo utilisée à des fins éditoriales
Under Armour Velociti Elite 3 : la carbone qui doit encore faire ses preuves face aux références
Under Armour reste une marque totalement absente du catalogue de tests RunMorph jusqu'ici, malgré une gamme de course qui existe depuis plusieurs années. La Velociti Elite 3 est le porte-étendard de cette gamme : troisième génération, elle corrige enfin un défaut structurel des deux premières versions, qui n'utilisaient une mousse superfoam que sur la moitié de la semelle (l'autre moitié restant en EVA classique). La version 3 passe à une mousse HOVR+ pleine longueur et pleine hauteur, ce qui en fait, techniquement, la première vraie super shoe de la marque.
L'argument commercial est solide sur le papier : Sharon Lokedi a remporté le marathon de New York et établi un record de parcours à Boston avec des versions de cette chaussure. Mais une victoire élite ne dit rien du ressenti d'un coureur amateur sur 42 km, et c'est précisément ce que les tests indépendants permettent de vérifier.
Fiche technique de la Velociti Elite 3
| Caractéristique | Valeur |
| Poids (US M9 / EU 42.5) | 221 à 232 g selon les mesures |
| Stack talon / avant-pied | 37,5 mm / 35,5 mm |
| Drop | 2 mm (parmi les plus bas du marché des super shoes) |
| Mousse | HOVR+ pleine longueur (mousse perlée) |
| Plaque | Carbone intégrale, fortement rockerée |
| Tige | Leno Weave, volume bas, languette non gussetée |
| Semelle extérieure | Gomme exposée partielle (route et piste, déconseillée hors bitume) |
| Usage recommandé | Semi-marathon à marathon, séances de tempo |
| Prix officiel | Environ 250 € (constaté dès 139 € en promotion) |
Le chiffre à retenir en premier : 2 mm de drop. C'est l'un des plus bas jamais proposés sur une chaussure de course à plaque carbone, et ce n'est pas un détail marketing, c'est une contrainte biomécanique réelle qui revient dans tous les tests indépendants consultés.
HOVR+ pleine longueur : ce que la nouvelle mousse change vraiment
La différence technique majeure entre la version 3 et ses deux prédécesseures tient en une phrase : la mousse superfoam HOVR+ couvre désormais l'intégralité de la semelle, talon compris, là où les versions 1 et 2 mélangeaient superfoam et EVA classique. Sur le papier, c'est le changement qui fait enfin entrer la Velociti Elite dans la catégorie des vraies super shoes.
Dans les faits, cette mousse a un comportement particulier documenté par plusieurs testeurs indépendants : elle est nettement ferme à la sortie de la boîte, et ne devient réellement réactive qu'après 20 à 30 km d'utilisation. Un testeur amateur français l'a décrite comme une chaussure exigeante qui ne pardonne rien, tandis qu'un test clinique américain a chiffré précisément ce rodage nécessaire. Ce n'est pas un défaut isolé rapporté par une seule source : c'est un point de convergence entre plusieurs essais réalisés indépendamment les uns des autres, ce qui en fait une information fiable plutôt qu'une impression subjective.

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Le test terrain : ce que disent les coureurs qui l'ont vraiment portée
RunMorph a lu et synthétisé plusieurs tests indépendants publiés sur cette paire précise, plutôt que de se limiter à la fiche produit officielle. Les points de convergence sont nets. Sur la fermeté initiale d'abord : un test clinique américain mené par un kinésithérapeute du sport rapporte que le talon reste raide et peu réactif sur les premiers kilomètres, avant de s'assouplir progressivement, avec un avant-pied qui demeure très rigide sur toute la durée de vie de la chaussure à cause du grand rocker de la plaque. Côté français, un testeur amateur confirme indépendamment cette fermeté et la décrit comme une chaussure d'effort qui muscle les mollets plutôt qu'elle ne les ménage, déconseillée au-delà d'une heure et demie pour un coureur non entraîné spécifiquement.
Sur le drop de 2 mm ensuite, un point de vigilance revient chez plusieurs testeurs : la sollicitation accrue du tendon d'Achille et du mollet. Un test clinique rapporte explicitement une gêne au tendon d'Achille apparue après les sorties test, avec une recommandation claire de ne pas utiliser cette chaussure sans une bonne mobilité de cheville et une musculature du mollet déjà rodée. Ce n'est pas un simple avertissement générique de sécurité : c'est une observation physiologique précise, rapportée par un professionnel de santé qui a lui-même porté la chaussure.
Sur le poids enfin, là encore les sources indépendantes convergent : à 221-232 g selon les mesures, la Velociti Elite 3 est signalée comme l'une des super shoes les plus lourdes du marché actuel, plus lourde que la quasi-totalité de ses concurrentes directes. Un testeur note explicitement qu'elle peine sur les allures très rapides (fractionné court, 5 km) et se montre nettement plus à l'aise sur les efforts longs (semi, marathon, tempo), ce qui recoupe directement son usage recommandé par la marque elle-même.
Le conseil de RunMorph : si le drop bas te tente mais que tu n'as jamais couru avec moins de 6 mm, ne fais pas de la Velociti Elite 3 ta première sortie longue en carbone. Rode-la sur 30 à 50 km en séances courtes avant d'envisager un marathon avec, et surveille la sensation au tendon d'Achille comme le recommandent plusieurs tests indépendants. Une alternative plus accessible en transition reste la Saucony Endorphin Pro 5, avec un drop plus classique.
Velociti Elite 3 vs Saucony Endorphin Pro 5 : le comparatif
La comparaison avec la Saucony Endorphin Pro 5 s'impose : c'est la référence directement citée par les tests indépendants américains comme le point de comparaison le plus pertinent pour la Velociti Elite 3, les deux visant le même usage (semi à marathon, coureurs confirmés).
| Critère | Under Armour Velociti Elite 3 | Saucony Endorphin Pro 5 |
| Poids | 221 à 232 g | Plus légère (référence de catégorie) |
| Drop | 2 mm (très bas) | Drop plus classique |
| Rodage nécessaire | 20 à 30 km avant pleine réactivité | Réactive dès la sortie de boîte |
| Palmarès élite | Victoires Lokedi (NYC, record Boston) | Référence établie du marché |
| Prix officiel | Environ 250 € | Tarif super shoe standard |
La Velociti Elite 3 ne détrône pas l'Endorphin Pro 5 sur la réactivité immédiate ni sur le poids. Son seul vrai argument différenciant est son drop très bas, qui intéressera un profil de coureur précis (foulée avant-pied, mécanique de course déjà rodée au drop bas) et laissera les autres indifférents, voire gênés.
Avantages et inconvénients
Ce qu'on a aimé
- Durabilité supérieure à la moyenne : un testeur rapporte seulement une usure minime après 80 km, malgré une semelle partiellement exposée
- Chaussant bas volume sécurisant, salué indépendamment par plusieurs testeurs
- Rocker très marqué qui finit par payer sur les efforts longs une fois la chaussure rodée
- Palmarès élite réel (pas une simple promesse marketing) : victoires en marathon effectivement obtenues avec ce modèle
Ce qu'on a moins aimé
- Parmi les super shoes les plus lourdes du marché actuel, un vrai handicap sur les allures rapides
- Rodage de 20 à 30 km nécessaire avant que la mousse ne devienne réactive, décevant sur les premières sorties
- Drop de 2 mm signalé à plusieurs reprises comme facteur de sollicitation accrue du tendon d'Achille
- Languette non gussetée qui se plisse et demande un ajustement à chaque chaussage, défaut mineur mais récurrent

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Notre avis terrain : pour qui est faite la Velociti Elite 3 ?
Le marathonien confirmé avec une mécanique de course avant-pied
Oui, sans réserve, à condition d'accepter un rodage sérieux avant la course cible. Le drop bas et le rocker marqué récompensent une foulée déjà adaptée à ce type de géométrie.
Le coureur qui découvre les chaussures carbone
Non. Le drop de 2 mm est un mauvais point d'entrée : les tests indépendants sont unanimes sur le besoin d'une mobilité de cheville et d'une musculature de mollet déjà solides avant de s'y risquer.
Le coureur qui vise un record personnel sur 10 km ou un fractionné court
Non plus. Le poids pénalise cette chaussure sur les allures rapides ; une carbone plus légère sera un meilleur choix pour ce type d'objectif.
Pour savoir si ton corps est prêt pour une carbone à drop bas comme celle-ci, la meilleure approche reste une préparation structurée plutôt qu'un achat impulsif. Les plans d'entraînement RunMorph intègrent progressivement le renforcement du mollet et la mobilité de cheville nécessaires avant d'introduire ce type de matériel exigeant en fin de prépa marathon ou semi.
Verdict du Coach RunMorph
La Under Armour Velociti Elite 3 tient une promesse technique réelle : c'est enfin une vraie super shoe, avec un palmarès élite qui n'est pas que du marketing. Mais les tests indépendants convergent sur des limites concrètes que RunMorph ne va pas passer sous silence pour faire plaisir à la marque : elle est lourde, elle demande un rodage inhabituel pour une chaussure de compétition, et son drop très bas n'est pas adapté à tous les coureurs, avec un risque de sollicitation du tendon d'Achille rapporté par plusieurs sources indépendantes. Ce n'est pas une mauvaise chaussure. C'est une chaussure de niche qui mérite une note honnête plutôt qu'un satisfecit de façade.
Note RunMorph : 7,5/10. Un vrai potentiel technique et un palmarès élite réel, mais un poids et un drop qui la réservent à un profil de coureur précis, pas à la majorité.
Questions fréquentes sur la Under Armour Velociti Elite 3
La Velociti Elite 3 convient-elle à un premier achat de chaussure carbone ?
Non. Le drop de 2 mm est trop spécifique pour un premier achat. Les tests indépendants recommandent une mobilité de cheville et une musculature de mollet déjà rodées avant de l'utiliser.
Combien de temps faut-il pour que la Velociti Elite 3 devienne réactive ?
Environ 20 à 30 km selon un test clinique indépendant. La mousse HOVR+ est nettement plus ferme à la sortie de la boîte qu'après rodage.
La Velociti Elite 3 est-elle adaptée au fractionné court ou au 10 km ?
Pas vraiment. Son poids, parmi les plus élevés de la catégorie super shoes, la pénalise sur les allures rapides. Elle est plus à l'aise du semi au marathon.
La Velociti Elite 3 est-elle durable ?
Oui, c'est un de ses vrais points forts confirmé indépendamment : un testeur ne rapporte qu'une usure minime après 80 km malgré une semelle partiellement exposée.
À retenir pour ton entraînement
- Drop très bas : 2 mm, parmi les plus faibles du marché des super shoes, demande une mécanique de course spécifique.
- Rodage nécessaire : compte 20 à 30 km avant que la mousse HOVR+ devienne vraiment réactive.
- Poids à anticiper : 221 à 232 g, parmi les plus lourdes de sa catégorie, moins adaptée aux allures très rapides.
- Vigilance tendon d'Achille : plusieurs tests indépendants recommandent une bonne mobilité de cheville avant utilisation.
- Usage cible : semi-marathon et marathon pour coureurs confirmés, pas un premier achat de carbone.
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