Brooks ne s'excuse plus d'avoir fait un SUV. La Glycerin Max 2 assume 45,4 mm de stack, 318 g sur la balance et un rocker qui pousse le pied vers l'avant. Pas la chaussure la plus dynamique du peloton 2026. Mais probablement la plus reposante pour les jambes après 30 km. Et c'est exactement le contrat.
Brooks Glycerin Max 2 : le daily SUV qui ne joue plus la polyvalence
La première Glycerin Max avait surpris en 2024 : Brooks osait enfin le segment max-cushion ultra-premium, longtemps abandonné aux Hoka Bondi et Asics Gel-Nimbus. La V2 affine sans dévier. Toujours 45 mm sous le talon. Toujours pas de plaque carbone. Toujours la philosophie de la mousse pour la mousse.
Ce qui change tient en trois lignes : la mousse DNA TUNED passe au dual-cell infusé azote (grosses cellules sous le talon, plus petites à l'avant-pied), la tige bascule sur du Jacquard triple couche plus aérée, la semelle extérieure gagne en résistance après les premiers retours terrain de la V1 qui s'usaient un peu vite.
Le conseil de RunMorph. La Glycerin Max 2 ne remplace pas la Brooks Glycerin 23, elle la complète. La 23 reste la daily polyvalente, la Max 2 est le coussin réservé aux longues. Si tu hésites avec une Hoka Bondi 9, regarde d'abord le drop : 6 mm chez Brooks contre 5 mm chez Hoka, mais une plateforme plus large côté Brooks qui rassure sur la stabilité talon.

© Brooks, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.
Données techniques objectives
| Caractéristique | Détail Brooks Glycerin Max 2 |
| Marque | Brooks |
| Modèle | Glycerin Max 2 |
| Sortie officielle | Novembre 2025 (commercialisation FR fin 2025) |
| Type | Daily max-cushion (route) |
| Drop | 6 mm (officiel constructeur, mesuré 8 mm par relevé indépendant) |
| Stack | 45,4 mm talon / 37,3 mm avant-pied |
| Poids | 318 g (T42 EU homme) / 283 g (T39 EU femme) |
| Mousse | DNA TUNED dual-cell infusée azote (grosses cellules talon, petites avant-pied) |
| Plaque carbone | Non. Rocker géométrique GlideRoll Rocker à la place. |
| Semelle | Caoutchouc renforcé sur zones d'usure, large empreinte au sol |
| Tige | Maille Jacquard triple couche, languette tricot plat, col rembourré |
| Largeurs | Standard et Wide selon coloris |
| Distance | 10 km à marathon en allure contrôlée, sorties longues, récupération |
| Prix officiel | 200 € |
Pour qui est faite la Glycerin Max 2 ?
Le coureur lourd ou grand gabarit qui veut sentir un coussin sous le talon
C'est la cible historique du segment max-cushion premium. Brooks a clairement calibré la densité DNA TUNED pour absorber un atterrissage talon ferme sans s'écraser après 5 km. Au-delà de 85 kg, tu retrouveras une sensation de protection que la Glycerin 23 à 38 mm de stack ne peut pas offrir. La plateforme large rassure aussi : pas de bascule médio-latérale sur une foulée pronatrice modérée.
Le coureur expérimenté en récupération ou en reprise post-blessure
Tendinopathie du tendon d'Achille en convalescence, périostite tibiale qui revient, retour à la course après une fracture de fatigue : la Max 2 protège sans plaque, sans propulsion artificielle. Le rocker GlideRoll fait le travail de transition. Tu ne forces pas la cheville. Tu laisses la mousse encaisser. Pour la reprise, c'est plus indulgent que des Nike Vomero Premium à 55 mm de stack, qui mettent la cheville un peu plus haut.
Le marathonien qui finit ses sorties longues fatigué
Si tu prépares un marathon à 4 h 30 ou plus, et que tes 30 km du dimanche se terminent en boitant des cuisses, la Glycerin Max 2 a une vraie place dans ta rotation. Pas pour ton tempo, pas pour ta sortie de seuil. Pour la sortie longue à allure libre, pour la reverse-progression du jour de récup, pour les rappels d'allure marathon en fin de cycle.

© Brooks, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.
Comportement, amorti et confort sur la durée
L'enfilage donne le ton. La maille Jacquard est plus respirante que sur la V1, le col rembourré tient le talon sans pression, l'avant-pied a gagné un peu d'air sans devenir flottant. Tu ressens immédiatement le coussin sous le talon : profond, lent à rebondir, calé entre l'amorti pur et l'effet plongeant des super-trainers à 50 mm. C'est volontaire. Brooks ne veut pas que tu rebondisses. Brooks veut que tu te déposes.
En course, le GlideRoll Rocker fait son boulot. La transition talon-orteils reste fluide malgré le poids de la chaussure et la hauteur de la semelle. À 5 min/km, tu sens un peu la masse à chaque foulée. À 5 min 30, ça disparaît. À 6 min et au-dessus, la Glycerin Max 2 redevient invisible. Le rocker prend le relais. Tu déroules.
L'avant-pied surprend. Les cellules plus denses de la mousse DNA TUNED renvoient une petite impulsion sur le toe-off, sans jamais devenir explosif. Ce n'est pas un rebond carbone. C'est un retour discret, qui fait gagner quelques secondes sur 30 km sans imposer un effort musculaire supplémentaire. Sur le seuil long type 6 km à allure marathon, la chaussure tient. Pas brillante, mais stable.
Côté grip, la semelle caoutchouc renforcée prend bien le bitume sec comme mouillé. La V1 avait été critiquée pour une usure prématurée sur le talon : la V2 corrige avec une zone plus dense et un dessin de crampons légèrement repensé. Après 80 km de test relayés par la presse FR, la semelle reste nette, sans usure visible.
Le point faible reste le poids. 318 g, ce n'est pas anecdotique. Si tu cherches une daily polyvalente capable d'avaler du fractionné court, oublie. La Max 2 te punit dès que tu passes sous 4 min 30 au kilomètre. La Saucony Triumph 23 à 270 g te donnera plus de plaisir sur les allures soutenues, tout en gardant un confort proche.

© Brooks, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.
Comparatif face à la concurrence
Le segment max-cushion daily premium est dense en 2026. Quatre rivales structurent le marché : Hoka Bondi 9, Asics Gel-Nimbus 28, Nike Vomero Plus, et la cousine maison Saucony Triumph 23.
Contre la Bondi 9 (43 mm de stack, 297 g, drop 5 mm), la Brooks va plus haut en mousse mais reste sur la même école. La Bondi est plus tassée, plus stable au talon, un peu plus accessible pour les coureurs débutants. La Max 2 propose un rocker plus marqué, donc une transition plus fluide à allure modérée.
Contre la Gel-Nimbus 28 (42/34 mm, 295 g, drop 8 mm), Asics garde l'avantage du drop élevé pour les talonniers convaincus et un avant-pied plus ferme. Brooks gagne sur l'absorption pure du talon et sur la durabilité de la semelle.
Contre la Vomero Plus (45/35 mm, 275 g, drop 10 mm) et la Nike Vomero Premium qui pousse à 55,5 mm de stack avec 2 unités Air Zoom, Brooks reste sage. Nike va plus loin sur la pile de mousse et sur le ressenti gravity-defying. Brooks privilégie l'équilibre et la prévisibilité. Avec un drop 6 mm contre 10 mm chez Nike, la posture est aussi différente : la Max 2 te ramène plus bas, ce qui peut soulager les Achille tendus.
Contre la Triumph 23 (37/27 mm, 270 g, drop 10 mm), Saucony joue une partition complètement différente : plus légère, plus dynamique, mais clairement moins protectrice sur les sorties très longues. Si tu prépares un semi-marathon en moins de 1 h 45, prends Saucony. Si tu prépares un marathon en plus de 4 h, prends Brooks.
Une leçon terrain qui mérite d'être dite, parce qu'elle dérange : passé un certain seuil de stack, la Max 2 ne fait plus mieux que la Glycerin 23 sur les distances courtes. Tu paies 20 € de plus, tu portes 18 g de plus, pour un bénéfice nul en-dessous de 15 km. Le SUV n'est utile qu'à partir du moment où le terrain devient long.
Comment l'intégrer dans ton plan d'entraînement RunMorph
Dans une rotation à 3 ou 4 paires, la Max 2 prend la place de la chaussure de récupération + sortie longue. Sa zone d'utilisation idéale couvre 60 à 70 % du volume hebdomadaire d'un préparateur marathon entre 4 h 15 et 5 h 15 : footings de récup à 6 min/km, sorties longues à 5 min 30, rappels d'allure marathon à 5 min 15.
Garde une chaussure plus rapide à côté pour les séances qualitatives. Une Saucony Endorphin Speed 5 ou une Asics Magic Speed 5 couvriront tes fractionnés et tes seuils. Une Saucony Endorphin Pro 5 ou une Nike Vaporfly 4 resteront pour le jour J.
Pour structurer la semaine autour de la Max 2, les plans d'entraînement RunMorph avec préparation marathon longue (16 à 18 semaines) sont adaptés. Le volume hebdomadaire monte progressivement, les sorties longues passent de 1 h 30 à 3 h 15, et c'est précisément sur ces séances tardives en cycle que la Glycerin Max 2 protège les jambes pour l'entraînement du lendemain.

© Brooks, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.
Verdict du test RunMorph
La Brooks Glycerin Max 2 ne révolutionne rien. C'est sa force. Brooks a corrigé les défauts de la V1 (semelle qui s'usait, tige peu respirante, stabilité talon perfectible) sans tomber dans la course aux watts. La promesse est simple : tu portes une chaussure faite pour avaler des kilomètres en mode SUV, à allure libre, sans agression sur les jambes. La promesse est tenue.
Le rocker GlideRoll fonctionne, la mousse DNA TUNED dual-cell trouve un équilibre crédible entre coussin et retour, la tige Jacquard respire, la semelle tient la distance. Le poids de 318 g te coupe l'option daily polyvalente, mais c'est un choix éditorial assumé : la Max 2 vit dans ton placard à côté d'une chaussure plus rapide, pas en remplacement.
Pour 200 € officiels (souvent 160-180 € en pratique chez les distributeurs FR), tu achètes la sécurité, pas l'innovation. C'est ce que tu cherchais.
8/10.
À retenir pour ton entraînement
- Sortie longue dominicale : la Max 2 brille au-delà de 1 h 30 d'effort, là où la Glycerin 23 commence à se faire sentir.
- Récupération active : footing à 6 min/km lendemain de séance dure, idéal pour décharger les quadriceps.
- Reprise post-blessure : tendinopathie du tendon d'Achille en fin de protocole, périostite calmée, fracture de fatigue : amorti maximal sans propulsion forcée.
- Rotation marathon : prends-la pour 60 % de ton volume hebdomadaire, garde une Endorphin Speed 5 pour le qualitatif.
- À éviter : tout fractionné en-dessous de 4 min 30 au kilomètre, toute course de moins de 10 km en compétition, tout terrain irrégulier.
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