Mizuno reste la marque la plus discrète du trail français. Pas de coureur sponsorisé qui crève l'écran sur Strava, pas de stand imposant sur les salons, un catalogue réduit à trois familles que la plupart des traileurs ne savent même pas nommer. Avec la Neo Daichi 10, la marque japonaise change pourtant de nom en cours de route : le « Wave » historique disparaît du libellé, remplacé par une mousse partiellement azotée censée réveiller un modèle jusque-là plutôt sage. Reste à savoir si le changement de nom cache une vraie rupture technique ou un simple rafraîchissement marketing.
L'essentiel en 3 phrases
La Neo Daichi 10 est la chaussure de trail polyvalente de Mizuno, pensée pour l'entraînement régulier et les sorties longues sur terrains mixtes plutôt que pour la performance pure. Elle abandonne le nom « Wave » au profit d'une mousse Enerzy NXT partiellement azotée, associée à une semelle Vibram Megagrip et une Rock Plate de protection. Sur le papier la promesse est solide et le prix reste raisonnable, mais le modèle est trop récent pour qu'un vrai recul terrain existe encore sur cette version précise.

© Mizuno, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Mizuno Neo Daichi 10 : la Daichi change de nom parce qu'elle change de mousse
Depuis neuf générations, la Daichi portait le préfixe « Wave » comme toutes les chaussures historiques de Mizuno, du nom de la plaque plastique ondulée glissée dans la semelle pour stabiliser la foulée. Avec la dixième version, ce préfixe disparaît purement et simplement. Mizuno la rebaptise « Neo Daichi 10 » et la construction interne change en profondeur : la partie supérieure de la semelle intermédiaire passe à une mousse Enerzy NXT partiellement infusée à l'azote, la partie inférieure reste en Enerzy NXT à base d'EVA pour la stabilité. La marque promet un amorti plus souple et un meilleur retour d'énergie que la Wave Daichi 9, sans toucher au reste de la recette : Vibram Megagrip, Rock Plate à l'avant-pied et positionnement polyvalent pour l'entraînement régulier plutôt que la course.
Le changement de nom colle à une tendance plus large chez Mizuno, déjà engagée sur la Neo Zen et la Neo Vista en route : la marque abandonne progressivement le vocabulaire « Wave » sur ses modèles les plus récents pour marquer la bascule vers les mousses supercritiques ou azotées. Sur la Daichi, le pari est différent de celui d'une chaussure de course : il ne s'agit pas de gratter des secondes, mais de rendre plus agréable une chaussure qui doit avant tout encaisser des heures d'effort sur des terrains changeants.
Le conseil de RunMorph : si tu hésites entre la Neo Daichi 10 et une valeur sûre comme la Salomon Sense Ride 5, pose-toi la question du terrain. Sur du sentier roulant à légèrement technique, les deux se valent. Sur du terrain très boueux ou très accidenté, la Hoka Speedgoat 7 reste plus mordante.
Fiche technique de la Mizuno Neo Daichi 10
| Marque | Mizuno |
| Modèle | Neo Daichi 10 |
| Date de sortie | Août 2026 (gamme automne-hiver 2026) |
| Type d'usage | Trail polyvalent, entraînement régulier et sorties longues |
| Drop | 6 mm |
| Stack avant / arrière | environ 30 mm / 36 mm |
| Poids (taille 42, homme) | 277 g mesurés chez i-Run (290 g annoncés par Mizuno) |
| Mousse | Enerzy NXT bi-densité, partie supérieure infusée à l'azote |
| Plaque | Rock Plate de protection à l'avant-pied, pas de plaque de propulsion |
| Semelle extérieure | Vibram Megagrip, crampons multidirectionnels 4 mm |
| Tige (upper) | Mesh tissé technique, plus de 75 % de matière recyclée |
| Distance recommandée | Trail court à ultra modéré, environ 20 à 80 km |
| Prix public conseillé | 150 € |
| Note RunMorph | 7,5 / 10 |
Enerzy NXT azotée et Smooth Speed Assist : ce qui change vraiment sous le pied
L'azote injecté dans une mousse EVA crée une multitude de cellules qui se compressent puis reprennent leur forme, avec l'objectif d'obtenir un amorti plus doux sans tomber dans la mousse totalement inerte. Sur la Neo Daichi 10, Mizuno ne mise pas sur un bloc unique de mousse azotée : la construction reste bi-densité, avec l'azote réservé à la partie supérieure pour le confort d'impact et une base EVA classique pour la stabilité latérale. C'est une approche plus prudente que celle d'un modèle route entièrement supercritique, cohérente avec la vocation polyvalente de la chaussure plutôt que compétition.
La géométrie reçoit également un « Smooth Speed Assist », une technologie dérivée des chaussures de course Mizuno adaptée ici pour aider à maintenir un déroulé de pied efficace sur les sorties longues plutôt que pour maximiser la vitesse pure. En clair : la Daichi emprunte du vocabulaire à la gamme performance de la marque sans en avoir l'agressivité, ce qui est logique pour une chaussure dont le poids (277 à 290 g) et le niveau de protection visent l'endurance plutôt que le chrono.
Côté accroche, la semelle Vibram Megagrip et ses crampons de 4 mm sont annoncés plus profonds que ceux de la Wave Daichi 9 (3,5 mm), un point qui devrait améliorer la tenue sur terrain meuble ou détrempé si les mesures de Mizuno se confirment sur le terrain.

© Mizuno, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Le test terrain : ce que disent les premiers retours
Il faut le dire clairement : la Neo Daichi 10 vient tout juste de sortir (début août 2026) et aucun test terrain indépendant complet du modèle exact n'existe encore à l'heure où cet article est publié. Chez RunMorph, on préfère l'assumer plutôt que d'habiller une fiche produit en avis. Ce qui suit s'appuie sur les données techniques vérifiées auprès du distributeur français i-Run et sur le retour d'expérience disponible sur la génération précédente, la Wave Daichi 9, testée en conditions réelles par la presse spécialisée française.
Sur la Wave Daichi 9, le consensus des tests terrain français était clair : une chaussure fiable et confortable, avec une accroche efficace sur terrain sec et rocheux grâce au Vibram Megagrip, un amorti jugé « moelleux sans être excessif », et une stabilité rassurante en descente grâce à la plaque Wave. Les mêmes tests pointaient deux limites récurrentes : une toe box étroite qui pénalisait les pieds larges, et un manque de vivacité sur les changements de rythme, la chaussure étant clairement pensée pour la régularité plutôt que pour l'attaque. Les crampons de 3,5 mm, plutôt discrets, limitaient aussi l'accroche sur les terrains très gras.
La Neo Daichi 10 reprend une bonne partie de cet ADN en changeant la mousse et en annonçant des crampons plus profonds (4 mm contre 3,5 mm). Si Mizuno tient ses promesses de dynamisme amélioré sans casser la stabilité qui faisait la réputation de la gamme, le point faible historique du chaussant étroit reste, lui, une inconnue tant qu'un test indépendant n'aura pas confirmé si le nouveau mesh tissé change quelque chose à ce niveau. Chez RunMorph, on retestera ce point dès que des retours terrain indépendants sur le modèle exact seront disponibles.
Mizuno Neo Daichi 10 vs Salomon Sense Ride 5 : le comparatif polyvalence
Les deux chaussures visent le même public : le traileur régulier qui veut une seule paire pour l'entraînement, les sorties longues et les trails jusqu'à 50-80 km, sans plaque carbone ni prétention de course.
| Mizuno Neo Daichi 10 | Salomon Sense Ride 5 | |
|---|---|---|
| Prix | 150 € | 140 € |
| Poids (h, T42) | 277 à 290 g | 290 g |
| Drop | 6 mm | 8 mm |
| Stack avant / arrière | 30 mm / 36 mm | 27 mm / 35 mm |
| Semelle extérieure | Vibram Megagrip, crampons 4 mm | Contagrip TR, crampons 4 mm |
| Distance recommandée | 20 à 80 km | 5 à 50 km |
| Point fort reconnu | Protection et accroche sur terrain sec et rocheux (lignée Daichi) | Polyvalence et dynamisme (note RunMorph 8,7/10) |
Sur le papier, la Sense Ride 5 reste un cran plus dynamique et moins chère de 10 euros. La Neo Daichi 10 mise sur un stack légèrement plus généreux et une semelle Vibram, un argument qui compte sur les terrains rocailleux ou très usés. Faute de test terrain indépendant sur le modèle Mizuno à ce jour, la Sense Ride 5 garde l'avantage de la valeur sûre éprouvée.
Avantages et inconvénients
Ce qu'on retient de positif
- Vibram Megagrip à 150 €, un choix rare sur ce segment de prix
- Rock Plate qui protège réellement l'avant-pied sur terrain caillouteux
- Construction éco-responsable, plus de 75 % de matière recyclée sur la tige
- Positionnement clair : une seule paire pour l'entraînement et les sorties longues
Ce qui reste à confirmer ou pose problème
- Aucun test terrain indépendant du modèle exact au moment de la publication
- Chaussant historiquement étroit chez Mizuno, potentiellement reconduit
- Dynamisme annoncé en amélioration mais jamais mesuré sur cette version
- Crampons de 4 mm qui restent modérés pour du terrain très boueux

© Mizuno, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Notre avis terrain : pour qui ?
La Neo Daichi 10 s'adresse au traileur qui veut une chaussure qu'il n'a pas besoin de réfléchir à chaque sortie : forestière le mardi soir, sentier rocailleux le week-end, sortie longue de trois heures le dimanche matin. Elle n'est pas pensée pour le chrono ni pour les terrains extrêmes, mais pour accumuler des kilomètres sans y penser, avec une protection qui rassure sur la durée.
Le bon réflexe RunMorph : la Neo Daichi 10 s'intègre naturellement dans une préparation trail longue distance ou dans un plan de reprise après blessure, où la protection et la régularité comptent plus que la vitesse pure. Associe-la à un plan d'entraînement RunMorph adapté à ton objectif trail pour structurer tes sorties longues sans multiplier les paires de chaussures.
Verdict du Coach RunMorph
La Neo Daichi 10 coche les bonnes cases sur le papier : Vibram Megagrip à 150 €, protection avant-pied sérieuse, matériaux en grande partie recyclés, et un héritage Daichi qui a fait ses preuves génération après génération sur le terrain de la polyvalence. Mais le changement de mousse reste une promesse non vérifiée indépendamment à ce jour, et le défaut chronique de la lignée (toe box étroite) n'a aucune raison de disparaître du jour au lendemain juste parce que le nom change. 7,5/10 : un bon produit, honnête sur son positionnement, mais qui mérite d'être réévalué dès que les premiers vrais tests terrain indépendants tomberont sur le modèle exact. En l'état, elle mérite sa place dans une short-list, pas un achat les yeux fermés.
À retenir pour ton entraînement
- Une seule paire pour beaucoup de sorties : la Neo Daichi 10 vise l'entraînement régulier et les sorties longues plutôt que la performance ponctuelle.
- Vibram Megagrip à prix contenu : rare à 150 €, un vrai argument sur terrain sec et rocheux.
- Pieds larges, méfiance : la lignée Daichi a toujours été taillée étroite, essaie-la avant d'acheter si possible.
- Pas une chaussure de vitesse : le drop 6 mm et le poids modéré en font une chaussure d'endurance, pas de fractionné.
- À réévaluer avec le temps : le modèle est trop récent pour juger sa durabilité réelle, patiente ou suis les mises à jour RunMorph.