Inov-8 TrailFly Pro : 272 g en 45,5, pas les 228 g annoncés, le test sans filtre
7/10
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228 g en 42,5. C'est le chiffre que la quasi-totalité des fiches produits et des comparateurs en ligne reprennent pour la TrailFly Pro d'Inov-8. En 45,5, la pointure la plus courante chez les coureurs, la balance grimpe pourtant à 272 g, soit 19 % de plus. Vendue comme une trail technique polyvalente à 170 euros, cette chaussure cache une conception minimaliste assumée : aucune plaque, aucun rocker perceptible, un contrefort souple qui laisse le pied vriller sur chaque appui irrégulier. Voici ce que les tests indépendants et les mesures terrain révèlent une fois les crampons couverts de boue.
La TrailFly Pro mise sur une mousse TPEE Powerflow Elite légère et rebondissante pour offrir de l'amorti sans renoncer au ressenti du sol, dans un chausson minimaliste sans plaque ni rocker. Le pied assure seul l'essentiel de la stabilisation, ce qui convient aux coureurs aux appuis déjà solides et déconseille le terrain très technique. Accrocheuse et légère, elle affiche en revanche une durabilité fragile (décollement de crampon rapporté dès 40 km) et un tarif réel de 170 euros, supérieur aux 150 euros parfois annoncés.
7,0
/ 10 · Note globale RunMorph
Amorti
8,0 / 10
Dynamisme
7,5 / 10
Accroche
8,0 / 10
Stabilité
5,5 / 10
Confort
7,5 / 10
Durabilité
5,5 / 10
Rapport prix
6,5 / 10
Pour qui ?Coureurs au pied large ou fort, cherchant une chaussure ultra-légère avec beaucoup de sensations sol, sur sentiers roulants à modérément techniques, pour des formats moyens à longs.
Pas pour qui ?Pieds étroits (boîtier à orteils unique et très large), coureurs cherchant du maintien en terrain très technique, ou une durabilité maximale sur cailloux abrasifs.
Inov-8 TrailFly Pro : le pari du minimalisme amorti dans une gamme qui ne l'avait jamais fait
Inov-8 s'est construite sur les fells britanniques et les sentiers du Lake District, avec des chaussures basses, raides, taillées pour le contact direct avec la roche. La gamme TrailFly a longtemps prolongé cette philosophie : peu de mousse, beaucoup de sensations. La TrailFly Pro rompt avec cette ligne. Elle garde la géométrie plate et la souplesse de torsion propres à la marque, mais y ajoute 26 mm de mousse Powerflow Elite au talon, une nouveauté TPEE supercritique infusée à l'azote. Le résultat ne ressemble à aucune autre paire du catalogue Inov-8 : davantage de coussin qu'une TrailFly Speed V2, mais toujours sans plaque ni rocker, là où la concurrence en généralise l'usage.
Sur le catalogue RunMorph, la marque britannique ne comptait jusqu'ici que deux modèles trail référencés, la TrailFly Max v2 et la TrailFly Speed V2. La Pro vient combler un vrai vide entre les deux : plus protectrice que la Speed, plus légère et plus vive que la Max. Sur le papier, la promesse est celle d'une trail technique polyvalente. Dans les faits, la conception reste résolument minimaliste, et c'est précisément ce qui doit guider le choix d'achat.
Le conseil de RunMorph. Avant de commander la TrailFly Pro, vérifie que ton pied tolère une chaussure sans structure de maintien. Si tu débutes le trail ou si tu recherches une paire qui compense tes appuis, mieux vaut regarder du côté d'une chaussure plus construite, comme la Hoka Speedgoat 7.
Fiche technique de la TrailFly Pro : ce que la marque annonce
Caractéristique
Valeur
Marque
Inov-8
Modèle
TrailFly Pro
Sortie
2026
Type
Trail technique polyvalent, formats moyens à longs
Drop
6 mm
Stack talon / avant-pied
34 mm / 28 mm
Poids (taille 42,5)
228 g
Poids (taille 45,5)
272 g
Plaque carbone
Non
Mousse
Powerflow Elite (TPEE supercritique infusé à l'azote) + semelle de propreté Boomerang Lite
Semelle extérieure
Graphene Grip, crampons chevrons 4 mm, couverture partielle
Tige
Ripstop polyester monocouche, renforts imprimés 3D
Chaussant
Normal au talon et au médio-pied, large à l'avant-pied, une seule largeur
TrailFly Pro : ce que la marque annonce contre ce qui a été mesuré
Les fiches produits et la majorité des comparateurs en ligne reprennent un seul chiffre de poids, celui de la taille 42,5. Une fois confronté aux mesures indépendantes en taille 45,5, la pointure la plus vendue chez les coureurs, et aux prix réellement pratiqués chez deux revendeurs français, l'écart devient significatif sur plusieurs points.
Donnée
Annoncé
Mesuré / constaté
Poids taille 42,5 (référence marketing)
228 g
228 g, confirmé par deux tests indépendants
Poids taille 42 (mesure terrain)
228 g (fiche générale)
231 g pesés en boutique
Poids taille 45,5 (pointure homme courante)
228 g repris tel quel par la majorité des comparateurs
272 g mesurés, soit 44 g et 19 % de plus
Prix catalogue
150 euros encore repris par plusieurs agrégateurs de prix
170 euros constatés chez deux revendeurs français en septembre 2026
Drop et stack talon / avant-pied
6 mm, 34 mm / 28 mm
Confirmés à l'identique par deux tests indépendants
Couverture de la semelle extérieure
Adhérence mise en avant sans réserve dans la communication
Couverture partielle en 4 zones séparées par des rainures sans gomme, avec un décollement de crampon rapporté dès 40 km
L'écart de poids n'est pas un détail. Une chaussure annoncée à 228 g fait vendre un argument de légèreté qui ne concerne, dans les faits, qu'une petite pointure. La majorité des coureurs qui chaussent au-dessus du 42,5 doivent compter avec des chiffres nettement plus proches de 270 g que de 230 g, ce qui reste léger pour une trail, mais loin de l'image de poids plume construite autour du chiffre affiché en vitrine.
Mousse Powerflow Elite et semelle Graphene Grip : qu'est-ce que ça change sous le pied ?
Le cœur technique de la TrailFly Pro tient en une nouvelle formulation de mousse, la Powerflow Elite, un TPEE supercritique infusé à l'azote. Elle remplace les mousses plus fermes utilisées jusqu'ici sur la gamme TrailFly et vise un compromis inédit chez Inov-8 : du rebond perceptible dès les premières foulées, sans faire perdre au pied le contact avec le terrain que la marque défend depuis toujours. La semelle de propreté Boomerang Lite, dans le même matériau, prolonge cet effet. Les tests indépendants convergent sur ce point : le retour d'énergie est réel, porté autant par la mousse que par la légèreté globale de la chaussure.
Sous le pied, la semelle extérieure Graphene Grip, un caoutchouc enrichi en graphène, est découpée en 4 zones indépendantes par de larges rainures de flexion, la technologie Metaflex. Cette découpe retire volontairement de la matière et de la rigidité pour laisser le pied se mouler au terrain. Les crampons de 4 mm en chevrons, bidirectionnels, sont orientés vers l'avant pour la propulsion et vers l'arrière pour le freinage. Sur sec comme sur humide modéré, l'accroche est jugée fiable par les tests indépendants. La contrepartie de ce choix technique, la fragilité des rainures Metaflex sur terrain abrasif, fait l'objet d'un point dédié plus bas.
Le chaussant de la TrailFly Pro : un boîtier à orteils large, une seule largeur
Du talon au médio-pied, le chaussant reste dans la norme Inov-8 : ajusté, sans jeu excessif, avec un col de talon décalé qui épouse la différence de hauteur naturelle entre malléoles interne et externe. C'est à l'avant-pied que la chaussure se distingue. Le boîtier à orteils est nettement élargi, avec un volume vertical estimé à environ 15 mm au niveau des orteils, contre une moyenne de 11 à 12 mm sur les trail technique du marché. Les tests indépendants confirment cette générosité : plusieurs testeurs au pied fin rapportent trop d'espace, quand les pieds larges ou qui gonflent en fin d'ultra saluent la liberté laissée aux orteils.
Ce volume n'est disponible que dans une seule largeur, à la différence de certains modèles Inov-8 qui proposent une version étroite. Avant d'acheter en ligne, un essai chaussé reste recommandé pour les pieds fins : la Pro taille grand, au point que plusieurs testeurs indépendants recommandent de descendre d'une demi-pointure, voire d'une pointure complète pour les pieds les plus fins.
Le test terrain : sentiers roulants à modérément techniques, 40 à 60 km d'essai
Les tests indépendants qui ont couru la TrailFly Pro convergent sur un point : c'est une chaussure au caractère marqué, difficile à comparer à ce qui domine le marché du trail technique actuel. L'un des testeurs, après 60 km répartis entre sentier facile, forêt et quelques passages techniques, la décrit comme une chaussure qui prend le contre-pied des modèles construits, stables et maintenus qui dominent habituellement ses essais. Un autre relevé indépendant, mené sur un profil de coureur aux pieds larges, confirme la sensation de légèreté et le rebond de la mousse, tout en notant un léger inconfort au niveau du protège-orteils en descente.
Sur l'amorti, le consensus des essais est positif : la mousse Powerflow Elite se déforme sous le pied puis restitue un rebond net, sans donner l'impression d'un empilement de mousse façon maximaliste. Sur l'accroche, les avis convergent également : les crampons Graphene Grip mordent bien en montée comme en descente, sur sec et sur humide modéré, même si aucun des tests disponibles n'a exploré les conditions détrempées extrêmes.
Les avis divergent en revanche nettement sur la stabilité. Une mesure indépendante évalue la stabilité et l'amorti à 8 sur 10 sur une grille générique de comparateur, quand les essais terrain réels racontent une histoire différente : contrefort talon totalement souple, absence de tout verrouillage, torsion longitudinale et transversale que le testeur qualifie lui-même d'extrême. Chez RunMorph, cette divergence s'explique simplement : une fiche de notation générique évalue des critères standardisés, quand l'essai chaussé révèle le comportement réel une fois posé sur un caillou en dévers. C'est ce second niveau de lecture qui doit primer pour un achat en connaissance de cause.
Le conseil de RunMorph. Si tu cherches une chaussure qui te stabilise dans le technique engagé, ce n'est pas celle-ci. Regarde plutôt notre test de la NNormal Kjerag 2, plus structurée pour ce terrain.
TrailFly Pro : à quelle allure ça marche, à quelle allure ça décroche
Footing et endurance fondamentale. C'est le terrain de jeu naturel de la chaussure. Sur sentier roulant ou forestier peu accidenté, la légèreté (272 g en 45,5) et le rebond de la mousse Powerflow Elite rendent les sorties faciles agréables, sans lourdeur au pied.
Sortie longue. Les tests indépendants situent la limite raisonnable autour de 50 à 60 km pour un pied habitué au minimalisme. Au-delà, l'absence de structure de maintien impose aux muscles stabilisateurs un travail que peu de coureurs sollicitent habituellement sur une aussi longue durée, avec un risque de fatigue plantaire accrue.
Allure marathon, rythme soutenu sur portion roulante. Le duo légèreté et mousse dynamique fonctionne bien à ce rythme, tant que le terrain reste roulant. Le retour d'énergie de la Powerflow Elite est perceptible sans qu'il faille forcer l'appui.
Allure seuil et semi. C'est là que l'absence de rocker se fait sentir. Les tests indépendants notent un déroulé du pied non accompagné, la semelle restant quasiment plate : à vive allure, c'est au coureur de compenser, ce qui limite l'efficacité par rapport à une chaussure à rocker marqué.
Fractionné court. Le rebond de la mousse aide sur les relances, mais l'absence de plaque et la torsion très libre de la semelle rendent les appuis moins nets qu'avec une chaussure plus structurée. Réservé aux coureurs déjà à l'aise avec des modèles minimalistes.
Le défaut qui doit faire hésiter : une stabilité quasi absente
C'est le point le plus documenté par les tests indépendants, et le plus tranché. La TrailFly Pro ne propose aucun élément de maintien construit : le contrefort talon est décrit comme totalement souple, sans verrouillage de la cheville, et les rainures Metaflex retirent volontairement de la rigidité à la semelle pour la laisser se tordre dans toutes les directions. Un testeur, pourtant expérimenté et habitué à un kilométrage élevé, rapporte une sollicitation de ses stabilisateurs bien plus importante que d'ordinaire, avec un inconfort net dès les premiers passages techniques.
Concrètement, l'avant-pied et l'arrière-pied peuvent vriller de façon indépendante sur un appui irrégulier : un caillou mal posé suffit à le ressentir. Pour un coureur français qui alterne sentiers de plaine et portions plus engagées en moyenne montagne, ce comportement impose une vigilance constante sur le technique, à l'opposé de ce qu'attend un coureur qui cherche une chaussure qui rassure. Le compromis n'est pas neutre : c'est ce même manque de structure qui permet la légèreté de 272 g et la sensation de proximité avec le sol saluée par ailleurs.
Le second défaut : une semelle qui craint le terrain abrasif
Un relevé indépendant documente un décollement de crampon survenu après environ 40 km d'usage, précisément au niveau d'une rainure Metaflex, sur une sortie qui comportait une section technique. Une seule chaussure de la paire concernée était touchée, mais l'explication technique tient : les rainures Metaflex sont par construction des zones sans gomme, donc des zones de fragilité, qui encaissent mal un terrain qui malmène la semelle. L'absence totale de pare-pierres à l'avant-pied va dans le même sens.
Pour un coureur qui roule majoritairement sur sentier forestier ou chemin compact, ce défaut a peu de chances de se manifester avant plusieurs centaines de kilomètres. Pour celui qui vise de la vraie moyenne montagne, du rocailleux ou de l'abrasif, le risque d'usure prématurée est réel et documenté, pas hypothétique. C'est un point que la fiche produit, centrée sur l'adhérence, ne mentionne à aucun moment.
TrailFly Pro vs TrailFly Speed V2 : quelle Inov-8 choisir
Critère
TrailFly Pro
TrailFly Speed V2
Positionnement
Trail technique polyvalent, formats moyens à longs, sub-ultra
Racing technique sur sols durs et rocailleux, jusqu'à 30 km
Poids
228 g (42,5) à 272 g (45,5)
274 g (42)
Drop
6 mm
4 mm
Stack talon / avant-pied
34 mm / 28 mm
21 mm / 17 mm
Protection
Aucune, rainures Metaflex
Rock plate flexible Meta-Shank
Mousse
Powerflow Elite (TPEE supercritique)
Powerflow Pro
Prix officiel
170 €
160 €
Le choix entre les deux ne se joue pas sur le poids, très proche, mais sur la protection et le terrain visé. La Speed V2 embarque une vraie plaque de protection flexible sous le pied, un drop plus bas et un stack réduit de moitié : elle vise le rocailleux engagé et la course courte. La TrailFly Pro, avec 13 mm de stack talon en plus et aucune protection anti-pierre, cible des sorties plus longues sur des terrains moins hostiles. Un coureur qui roule surtout sur du sentier sec et rocailleux avec un objectif de vitesse doit garder la Speed V2. Celui qui cherche plus d'amorti sur des formats longs et un terrain plus roulant peut se tourner vers la Pro, à condition d'accepter l'absence totale de protection sous le pied.
TrailFly Pro vs Salomon S/Lab Pulsar 4 et NNormal Kjerag 2 : le comparatif
Critère
Inov-8 TrailFly Pro
Salomon S/Lab Pulsar 4
NNormal Kjerag 2
Poids
228 à 272 g
250 g annoncés / 247 g mesurés
~225 g (42 2/3)
Drop
6 mm
6 mm annoncés / 7,1 mm mesurés
6 mm
Stack talon / avant-pied
34 mm / 28 mm
34 mm / 28 mm annoncés (32,6 mm / 25,5 mm mesurés)
26 mm / 20 mm
Plaque
Non
Non
Non
Mousse
Powerflow Elite (TPEE supercritique)
optiFoam + optiFoam+ (PEBA/EVA)
EExpure (TPE supercritique)
Semelle extérieure
Graphene Grip, couverture partielle
All-Terrain Contagrip, crampons 3,5 mm
Vibram Megagrip Litebase, crampons 3,5 mm
Prix officiel
170 €
220 €
190 €
La lecture simple : la TrailFly Pro est la moins chère des trois et la seule à jouer franchement la carte du minimalisme sans aucune protection sous le pied. La Pulsar 4 et la Kjerag 2 coûtent 20 à 50 euros de plus, mais embarquent des gommes réputées plus résistantes, Contagrip et Vibram Megagrip, en couverture plus complète que le Graphene Grip partiel de la Pro. Pour un coureur qui vise la compétition sur terrain technique avec un budget serré, la TrailFly Pro reste défendable sur le rapport poids-prix. Pour celui qui veut une chaussure qui encaisse davantage de kilomètres sur du rocailleux sans craindre pour la semelle, la Kjerag 2 ou la Pulsar 4 justifient leur supplément.
Avantages et inconvénients de la TrailFly Pro
Avantages
272 g en 45,5 : un poids contenu malgré un vrai amorti
Accroche fiable en montée et en descente, sur sec comme sur humide modéré
Mousse Powerflow Elite au rebond perceptible dès les premières foulées
Boîtier à orteils large qui laisse le pied s'exprimer, un vrai atout pour les pieds forts
Prix contenu à 170 euros, 20 à 50 euros sous les deux concurrentes directes
Inconvénients
Stabilité quasi nulle : contrefort souple et semelle qui vrille sur chaque appui irrégulier
Décollement de crampon rapporté dès 40 km sur terrain technique
Une seule largeur, trop généreuse pour les pieds fins
Aucune protection anti-pierre à l'avant du pied
Aucun rocker exploitable, ce qui pénalise le déroulé à allure soutenue
Adhérence et durabilité : ce que ça coûte vraiment au kilomètre
Sur l'accroche pure, la TrailFly Pro convainc : les crampons Graphene Grip de 4 mm en chevrons mordent efficacement en montée comme en descente, et le composé enrichi au graphène est confirmé par les tests indépendants sur sec et sur humide modéré. C'est la durabilité qui pose question. La mousse elle-même se stabilise après 30 à 40 km d'usage puis ne bouge plus, un comportement classique de rodage. Le point faible se situe côté semelle extérieure : sa couverture partielle en 4 zones, séparées par des rainures Metaflex sans gomme, a produit un décollement de crampon documenté après environ 40 km sur une sortie technique.
Sur un usage adapté, sentier roulant, forestier peu abrasif, une durée de vie de 400 à 500 km avant perte sensible d'adhérence reste une estimation raisonnable au regard du comportement observé. Sur terrain rocailleux et abrasif, le risque d'usure prématurée rapproche plutôt la fourchette de 150 à 250 km. Au prix de 170 euros, cela donne un coût au kilomètre compris entre 0,34 euro sur terrain adapté et plus de 1 euro sur terrain abrasif, dans le cas le plus défavorable. À titre de comparaison, la NNormal Kjerag 2, à 190 euros, s'appuie sur une gomme Vibram Megagrip réputée pour sa résistance et une couverture de semelle plus complète, ce qui laisse espérer un kilométrage supérieur et donc un coût au kilomètre plus stable sur terrain difficile malgré un prix d'achat plus élevé. Le choix dépend donc directement du terrain principal de pratique, plus que du prix affiché à l'achat.
Notre avis terrain : pour qui, et comment l'intégrer à ton entraînement
La TrailFly Pro s'adresse à un profil précis : coureur expérimenté, pied large ou fort, qui cherche une chaussure très légère avec beaucoup de sensations sol pour des sorties de format moyen à long sur sentier roulant à modérément technique. Le pied doit déjà savoir se stabiliser seul, sans l'aide d'une structure construite. C'est une chaussure de rotation pertinente pour travailler la proprioception et la musculature du pied sur des footings ou des sorties peu techniques, en complément d'un modèle plus structuré pour les jours de terrain engagé.
Pour une préparation trail avec un volume qui monte progressivement, la TrailFly Pro peut s'intégrer aux séances de footing et aux sorties moyennes sur profil roulant, en l'écartant des séances les plus techniques du plan.
Pour structurer tes sorties longues et tes footings sans forcer sur des appuis déjà très sollicités par cette légèreté, un plan d'entraînement adapté limite le risque de blessure lié à l'excès de volume. Découvre les plans d'entraînement RunMorph et cale ta progression trail sur un volume qui protège tes appuis.
Verdict du Coach RunMorph
Le pari technique de la TrailFly Pro est en grande partie réussi : une mousse TPEE supercritique nouvelle génération qui apporte du rebond sans faire perdre à Inov-8 son ADN de sensations sol, dans un poids contenu même une fois la vraie pointure prise en compte, 272 g en 45,5, pas 228 g. L'accroche est fiable, le prix de 170 euros reste inférieur à ses deux concurrentes directes. Mais deux défauts structurants pèsent lourd : une stabilité quasi absente qui exige des appuis déjà solides, et une durabilité de semelle qui reste fragile sur terrain abrasif, avec un décollement de crampon documenté dès 40 km.
La note globale RunMorph s'établit à 7,0/10. Elle n'est pas la moyenne arithmétique brute des 7 critères de la carte de notation : elle pondère à la hausse l'amorti et l'accroche, qui tiennent la promesse produit, sans effacer les faiblesses réelles de stabilité et de durabilité qui limitent son usage à un profil de coureur précis. C'est un très bon produit de niche, pas une trail polyvalente pour tous.
À retenir pour ton entraînement
Le vrai poids : compte sur 272 g en 45,5, pas les 228 g affichés pour la taille 42,5, avant de juger la légèreté annoncée.
Le vrai prix : prévois 170 euros, et non les 150 euros encore repris par certains comparateurs.
La stabilité : réserve cette paire aux appuis déjà solides, elle n'offre aucun maintien construit.
La durabilité : un décollement de crampon a été rapporté dès 40 km sur terrain technique, à surveiller sur l'abrasif.
Le chaussant : une seule largeur, très généreuse à l'avant-pied, à essayer avant achat si tu as le pied fin.
Le terrain idéal : sentier roulant à modérément technique, sur des formats de 10 km à 50-60 km.
FAQ
La TrailFly Pro d'Inov-8 convient-elle aux débutants ?
Non recommandée en première paire. Avec zéro structure de maintien et un contrefort totalement souple, elle demande des stabilisateurs déjà rodés. Un coureur qui débute le trail progressera plus sereinement avec un modèle plus construit avant d'envisager ces 272 g minimalistes.
Quel est le kilométrage de durabilité de la TrailFly Pro ?
Environ 400 à 500 km sur terrain roulant adapté, mais un décollement de crampon a été rapporté dès 40 km sur une sortie comportant une section technique, ce qui ramène l'estimation à 150-250 km sur terrain rocailleux abrasif.
La TrailFly Pro taille-t-elle grand ou petit ?
Elle taille grand. Plusieurs testeurs indépendants recommandent de descendre d'une demi-pointure à une pointure complète, un testeur chaussant habituellement du 46,5 ayant opté pour du 45,5.
Le prix de 170 euros est-il justifié face à la concurrence ?
Oui sur le rapport poids-prix : la TrailFly Pro coûte 20 euros de moins que la NNormal Kjerag 2 (190 euros) et 50 euros de moins que la Salomon S/Lab Pulsar 4 (220 euros). Le calcul se dégrade en revanche sur terrain abrasif, où le coût au kilomètre grimpe vite à cause de la durabilité limitée de la semelle.
La TrailFly Pro remplace-t-elle la TrailFly Speed V2 ?
Non. La Speed V2 embarque une plaque de protection Meta-Shank absente de la Pro, un drop de 4 mm contre 6 mm, et vise les sorties courtes jusqu'à 30 km sur sols durs, quand la Pro cible des formats plus longs avec 13 mm de stack talon supplémentaires.
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