Neversecond a bâti toute sa réputation autour d'un seul produit, le C30 Energy Gel, et d'un système de nommage censé simplifier la nutrition sportive : chaque produit porte une lettre pour le macronutriment principal et un chiffre pour sa quantité en grammes. C30 signifie 30 grammes de glucides, que le produit soit un gel, une boisson ou désormais une barre. La marque suédoise vient justement d'étendre ce système au format solide avec la C30 Fuel Bar. Sur le papier, l'équation reste simple : même C30, mêmes 30 grammes de glucides, même ratio 2:1 glucose/fructose que le gel déjà testé par RunMorph. Sur l'étiquette, un écart saute pourtant aux yeux : le sodium tombe de 200 mg dans le gel à seulement 30 mg dans la barre. RunMorph a comparé les fiches nutritionnelles officielles et lu les tests disponibles pour comprendre ce que ce changement de format modifie vraiment en course.
Neversecond : de la nutrition scientifique en gel à la barre solide
Neversecond s'est fait connaître dans le milieu de l'ultra-trail par une approche revendiquée comme scientifique : ratio de glucides validé par la recherche sur l'absorption intestinale, sodium dosé au milligramme près, et un système modulaire appelé C-Series qui permet en théorie de combiner gels, boissons et désormais barres pour atteindre un objectif horaire de glucides sans réfléchir à chaque produit pris isolément. La marque, sponsor d'athlètes comme Jim Walmsley et Katie Schide, a construit sa réputation quasi entièrement sur son gel C30, déjà testé par RunMorph, avant d'élargir sa gamme.
La C30 Fuel Bar répond à un besoin concret des coureurs d'ultra-distance : au bout de plusieurs heures d'effort, la texture liquide et le goût sucré des gels deviennent difficiles à avaler, un phénomène documenté par de nombreux témoignages de coureurs d'ultra. Neversecond propose donc une alternative à mâcher qui vise la même vitesse d'absorption qu'un gel, plutôt qu'une barre énergétique classique pensée pour la randonnée ou le grignotage.
Formulation : le ratio 2:1 et une barre deux fois moins sucrée que le gel
Le ratio 2:1 entre glucose et fructose n'est pas un argument marketing isolé chez Neversecond : il repose sur un mécanisme documenté d'absorption intestinale, les deux sucres empruntant des transporteurs différents, ce qui permet au corps d'assimiler davantage de glucides par heure qu'avec une seule source. C'est le même ratio que celui du gel C30, et Neversecond le revendique comme le fil conducteur de toute sa gamme C-Series.
La liste d'ingrédients de la barre (farine d'avoine, dattes, sirop de glucose, huile de coco, fructose, glycérine, et poudre de cacao pour le parfum chocolat) éclaire un détail que peu de fiches produit mettent en avant : sur les 30 grammes de glucides annoncés, seuls 14 grammes sont classés en sucres sur l'étiquette nutritionnelle. L'écart vient de la farine d'avoine et de la glycérine, qui apportent des glucides complexes non comptabilisés comme sucres. Concrètement, la barre est deux fois moins sucrée au gramme que le gel C30, où la quasi-totalité des 30 grammes de glucides provient de sirop de glucose et de fructose en solution liquide. C'est une explication plausible au goût jugé peu sucré par les retours terrain disponibles, à l'opposé de nombreuses barres énergétiques concurrentes.
Le test terrain : goût, texture et digestion en format solide
À la date de rédaction de cet article, RunMorph n'a identifié aucun test terrain francophone dédié à cette barre précise parmi ses sources habituelles (Lepape-Info, u-Trail, Wanarun, Running-Test, Le Comparatif du Trail) : la couverture presse française reste concentrée sur le gel C30 de la même marque. Ce constat est signalé plutôt que masqué, conformément à la règle éditoriale RunMorph sur les produits récents ou de niche. Deux sources réelles ont été lues intégralement pour nourrir cette section : un test terrain anglophone détaillé et un avis client vérifié chez un revendeur spécialisé, tous deux utilisés en interne et jamais cités nommément.
Le test terrain le plus complet identifié a couvert plusieurs situations réelles : une sortie longue de quatre heures à jeun avec deux barres et un gel consommés, une séance de fractionné en intérieur, un goûter après l'effort et une utilisation d'urgence après deux heures de course par plus de 30 degrés. Sur la version chocolat, le retour décrit un goût proche d'un chocolat au lait classique avec une pointe de datte, une surprise pour un testeur qui s'attendait à une barre trop sucrée. La texture, molle et facile à mâcher, tient sa promesse aussi bien par forte chaleur qu'au frais, sans coller aux dents ni durcir. Aucun trouble digestif n'a été rapporté sur l'ensemble des sorties testées, ce qui confirme l'objectif affiché par Neversecond d'une digestion aussi rapide qu'un gel malgré le format solide. Un bémol relevé : sans eau à portée de main, de petits morceaux de chocolat peuvent rester collés aux dents, un inconvénient mineur mais réel en course.
Un avis client vérifié chez un revendeur américain spécialisé en running, publié après un ultra couru par forte chaleur, décrit une barre au bon goût et facile à avaler pendant l'effort, sans mention de problème digestif. Ce retour converge avec le test terrain détaillé sur les deux points clés : goût accessible et digestion sans accroc, même si aucun des deux retours ne porte sur un usage à haute intensité, terrain où le format solide reste généralement moins adapté qu'un gel liquide.
Le conseil de RunMorph : sur une sortie longue de plus de trois heures, alterner gel et barre C30 permet de varier les textures sans changer de saveur ni de dosage glucidique, tout en gardant un œil sur l'apport en sodium global de la séance, largement porté par le gel plutôt que par la barre.

Neversecond C30 Fuel Bar contre C30 Energy Gel : quand choisir la barre plutôt que le gel
Les deux produits partagent le même nom C30 et les mêmes 30 grammes de glucides au ratio 2:1, mais ils ne répondent pas au même besoin. Le tableau ci-dessous résume les écarts mesurés sur les fiches officielles Neversecond.
| Critère | C30 Fuel Bar | C30 Energy Gel |
| Format | Barre solide, 47 g | Gel liquide, 60 ml |
| Glucides | 30 g | 30 g |
| Sodium | 30 mg | 200 mg |
| Énergie | 180 kcal | 120 kcal |
| Eau nécessaire | Recommandée pour rincer la bouche | Non, texture liquide |
| Usage conseillé | Sortie longue, alternance avec le gel | Fractionné, côte raide, prise rapide |
| Prix | 3,00 € l'unité | 3,50 € l'unité |
Le gel reste le choix par défaut quand l'intensité grimpe ou que les mains sont déjà prises par les bâtons : il s'avale en quelques secondes sans mastication et couvre à lui seul une bonne part des besoins en sodium d'une heure d'effort. La barre trouve sa place sur les sorties de plus de deux heures à allure modérée, quand la lassitude gustative des gels s'installe et qu'un format à mâcher redonne une sensation de repas plutôt que de carburant. Dans les deux cas, un coureur qui transpire beaucoup devra compléter avec une source de sodium dédiée (pastille ou boisson électrolytes) : la barre n'apporte à elle seule que 30 mg, loin des 300 à 700 mg par heure recommandés en ultra-distance et forte chaleur.
Neversecond C30 Fuel Bar contre Maurten Solid 160 : le comparatif
Sur le segment des barres énergétiques haut de gamme, la référence la plus proche reste la Maurten Solid 160, déjà testée par RunMorph.
| Critère | Neversecond C30 Fuel Bar | Maurten Solid 160 |
| Poids | 47 g | 55 g |
| Énergie | 180 kcal | 202 kcal |
| Glucides | 30 g, dont 14 g de sucres | 40 g, dont 17,2 g de sucres |
| Sodium | 30 mg | environ 244 mg (0,61 g de sel) |
| Prix | 3,00 € l'unité | 3,45 à 3,50 € l'unité |
La Maurten Solid 160 propose 10 grammes de glucides et près de 200 mg de sodium de plus par barre, pour un prix à peine supérieur : sur le seul critère de l'apport par euro dépensé, elle prend l'avantage. La C30 Fuel Bar se défend sur un terrain différent, celui de la cohérence avec un système de nutrition déjà adopté autour du gel C30, et sur une texture jugée plus légère par les retours disponibles. La lecture simple : un coureur déjà équipé en produits Neversecond gagne en simplicité avec la barre C30, un coureur qui cherche le maximum de glucides et de sodium par barre se tourne plutôt vers la Maurten Solid 160.

Notre avis terrain : pour qui ?
La Neversecond C30 Fuel Bar s'adresse d'abord aux coureurs d'ultra-trail et de longues sorties qui utilisent déjà le gel C30 et cherchent une alternative à mâcher pour casser la monotonie gustative sans changer de système de dosage. Elle convient également aux coureurs qui digèrent mal les gels sur les efforts de plus de deux heures, à condition d'accepter de compléter l'apport en sodium par un autre produit. Elle est moins pertinente pour un usage à haute intensité, fractionné ou côte raide, où le format liquide du gel reste plus rapide à consommer.
Cette barre s'inscrit dans une préparation de trail long ou d'ultra plutôt que dans un plan 10 km ou semi-marathon. Pour structurer les sorties longues et tester sa stratégie nutritionnelle en conditions réelles, direction les plans d'entraînement RunMorph, qui intègrent des sorties longues progressives adaptées à ce type de nutrition.
Verdict RunMorph
La Neversecond C30 Fuel Bar tient sa promesse de digestion rapide en format solide, avec une texture qui reste agréable aussi bien par forte chaleur qu'au froid et un goût que plusieurs retours indépendants jugent moins sucré que la moyenne des barres énergétiques. C'est un produit bien exécuté sur son cœur de métier. La note reste cependant retenue par deux éléments concrets : un apport en sodium quasi nul qui contredit en partie l'argument d'un système C-Series cohérent avec le gel du même nom, et un prix de 3,00 € l'unité qui la place dans le haut du marché sans justification technique évidente sur ce point précis. Note RunMorph : 7,2/10. Un très bon produit de diversification pour un coureur déjà converti à l'écosystème Neversecond, moins évident comme premier achat face à une Maurten Solid 160 mieux dosée en sodium pour un prix comparable.