Nike vend la Pegasus Plus 2 comme un « tempo trainer », une catégorie que la marque revendique comme nouvelle : la promesse d'une propulsion de jour de course sans passer par une plaque carbone. Une unité Air Zoom incurvée fait son apparition sous l'avant-pied, associée à une mousse ZoomX pleine longueur et un nouveau dernier plus large. Sur le papier, tout est réuni pour combler l'écart entre la Pegasus 42 du quotidien et les carbone Vaporfly. Les tests indépendants confirment un vrai progrès de chaussant, mais pas l'étiquette « tempo trainer » : à l'usage, la chaussure se comporte davantage comme une daily premium que comme une arme de vitesse.

© Nike, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Nike clarifie sa gamme running et invente la case « tempo trainer »
Depuis deux ans, Nike a multiplié les lignes running sans toujours clarifier leur rôle : Pegasus pour le quotidien, Vomero pour l'amorti maximal, Vaporfly et Alphafly pour la compétition carbone, Streakfly pour le fractionné court. Entre la daily et la carbone, une case restait floue. La Pegasus Plus, lancée en 2024, avait tenté de l'occuper, sans grand succès : chaussant trop large au médio-pied, mousse ZoomX dense et peu réactive, absence de toute unité Air. Le résultat ressemblait davantage à une daily trainer ferme et datée qu'à un trainer de performance moderne en PEBA.
La Pegasus Plus 2, annoncée le 20 août 2026 via un communiqué officiel Nike, reprend le problème à zéro. Nike y invente la catégorie « tempo trainer » et cite Deepa Ramprasad, directrice running senior de la marque : « Notre objectif était simple : la vitesse sans compromis. » Chez RunMorph, on retient surtout que Nike a choisi de doter ce modèle d'une unité Air Zoom incurvée, une première pour une chaussure positionnée sous les modèles carbone, et un nouveau dernier MR-10 2.0 déjà croisé sur la Pegasus 42, pour corriger le principal défaut chaussant de la V1.
Pegasus Plus 2 : ce que Nike annonce contre ce que les testeurs indépendants confirment
Sur les chiffres bruts liés au retour d'énergie, Nike ne fabrique pas un argument en l'air : trois testeurs indépendants, dont un fondateur de média spécialisé qui a suivi le prototype dès décembre 2025, décrivent une propulsion perceptible à l'avant-pied qui correspond globalement à l'annonce. C'est sur le positionnement marketing du produit, la fameuse étiquette « tempo trainer », que l'écart avec le ressenti terrain se creuse.
| Donnée | Annoncé par Nike | Confirmé par les tests indépendants |
| Retour d'énergie | +18 % par rapport à la première Pegasus Plus | Confirmé qualitativement par au moins un testeur (« ça correspond à ce que mes jambes me disaient »), sans mesure en laboratoire indépendante à ce jour |
| Poids homme | Non communiqué en argument marketing direct | 270 g mesurés, jugé élevé par deux testeurs sur trois pour un produit positionné vitesse |
| Chaussant | Dernier MR-10 2.0 plus large et mieux maintenu | Confirmé unanimement, décrit comme la meilleure tige Nike testée par une testeuse spécialisée |
| Positionnement « tempo trainer » | Présentée comme une chaussure de jour de course, pensée pour les séances rapides | Deux testeurs sur trois la classent plutôt en daily trainer premium capable d'accélérer ponctuellement ; jugée trop lourde et le talon trop raide pour du vrai fractionné |
C'est cette dernière ligne qui structure la suite de ce test. Le chaussant a réellement progressé, l'Air Zoom se sent sous le pied : sur ces points, Nike tient parole. Mais l'étiquette « tempo trainer » mérite d'être vérifiée allure par allure plutôt que prise pour argent comptant.

© Nike, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Air Zoom courbe et ZoomX densifié : une architecture inédite chez Nike
La mousse ZoomX court sur toute la longueur de la semelle, mais Nike utilise ici une formulation différente de celle des autres modèles de la marque : plus dense, toujours amortissante, avec moins de ce rebond aérien qui caractérise le ZoomX de l'Alphafly ou du Vaporfly. Sous l'avant-pied, une unité Air Zoom courbe vient s'ajouter, réduite à la moitié de la longueur de la chaussure et calibrée par pointure : 15 PSI jusqu'à une US 11 homme, 20 PSI au-delà, pour conserver une sensation de rebond homogène quel que soit le gabarit du coureur.
Le fondateur d'un média américain spécialisé, qui avait pu manipuler un prototype de la chaussure dès décembre 2025 lors d'un salon professionnel, décrit une unité Air Zoom perceptible mais mesurée : « on la sent travailler, elle ne vous envoie simplement pas en orbite ». Il la compare à une petite tape sur l'épaule plutôt qu'à une poussée franche, et regrette d'ailleurs que Nike n'ait pas mis en valeur visuellement cette unité pourtant exposée, noyée dans un coloris identique à la bande du milieu de semelle.
Le chaussant : la tige la plus aboutie jamais testée par certains professionnels
Le principal reproche fait à la première Pegasus Plus portait sur son médio-pied : trop large, trop lâche, avec une translation du pied qui provoquait une sensation de brûlure après plusieurs kilomètres, selon une testeuse américaine spécialisée en kinésithérapie du sport qui avait déjà testé la V1. La Pegasus Plus 2 corrige ce défaut de façon quasi unanime chez les testeurs consultés.
Cette même testeuse décrit la Pegasus Plus 2 comme « le trainer Nike le mieux chaussé qu'elle ait jamais testé », grâce à une combinaison de toe box élargie et de système de laçage médio-pied à boucles intégrées qui verrouille efficacement le pied sans écraser les orteils. Elle mentionne un plein espace de pouce entre l'extrémité du gros orteil et le bout de la chaussure, sans gêne au niveau des articulations métatarso-phalangiennes malgré un laçage resserré pour compenser le volume disponible. Le fondateur du média spécialisé confirme cette lecture et loue également le système de maintien de l'arche, retravaillé pour éviter toute sensation de pied qui glisse en cours d'effort. Sur le volume vertical du boîtier à orteils, en moyenne autour de 17 à 18 mm sur ce type de trainer premium, aucune mesure précise en millimètres n'est disponible à ce jour pour la Pegasus Plus 2 : RunMorph le signale par transparence plutôt que d'inventer un chiffre, mais le ressenti qualitatif rapporté par les deux testeuses reste cohérent avec un volume dans la moyenne haute du segment.
Le test terrain : agréable en fond, moins convaincant en pointe de vitesse
Le conseil de RunMorph : utilise la Pegasus Plus 2 comme ta paire du quotidien qui sait ponctuellement accélérer, plutôt que comme ta seule paire de séance. Pour du vrai fractionné, mieux vaut se tourner vers une paire plus légère comme la Saucony Endorphin Speed 5.
Les trois testeurs consultés convergent sur un point : la Pegasus Plus 2 est agréable et bien née en usage courant, mais son étiquette marketing de « tempo trainer » ne se vérifie pas totalement dès que l'allure grimpe vraiment. Une testeuse spécialisée en biomécanique, qui a couru la paire sur des sorties faciles, un tempo run avec répétitions à allure marathon et une séance au seuil, note qu'« à allure seuil, la chaussure ne semblait pas plus réactive qu'à allure marathon, et le poids se faisait davantage sentir ». Elle juge que pour 2026, un vrai trainer de performance ne devrait pas dépasser les 230 g en taille homme standard, un seuil que la Pegasus Plus 2 dépasse nettement.
Le fondateur du média spécialisé partage cette réserve, tout en nuançant : il confie avoir testé la chaussure en pleine canicule estivale et vouloir la réévaluer sur des tempos par temps plus frais. Son verdict provisoire reste que la Pegasus Plus 2 « penche beaucoup plus fort vers le territoire de la daily trainer que vers celui du tempo trainer promis sur l'étiquette », tout en saluant une conduite fluide et des transitions douces sur les sorties de fond.
Sur l'adhérence, aucune réserve en revanche : la semelle waffle modernisée, testée sur route mouillée par la testeuse biomécanicienne, offre une accroche jugée bonne grâce à une couverture de gomme extérieure généreuse.

© Nike, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
À quelle allure ça marche, à quelle allure ça décroche
Footing et endurance fondamentale : très bon. C'est l'allure où la chaussure convainc le plus largement, portée par un ZoomX confortable et une tige qui ne bouge plus, contrairement à la V1.
Sortie longue : bon comportement. Les trois testeurs s'accordent sur un usage quotidien agréable, y compris sur les sorties les plus longues, sans point de compression ni d'échauffement signalé.
Allure marathon : bon, avec un bémol sur le poids en fin de sortie. L'unité Air Zoom se fait sentir sans être spectaculaire, et le rocker avant-pied aide à maintenir la cadence sur la durée.
Allure seuil et tempo : c'est ici que la promesse marketing se fissure. Selon une testeuse spécialisée, la chaussure ne progresse pas nettement en réactivité par rapport à l'allure marathon, alors que c'est justement l'allure où elle est censée exceller.
Fractionné et allures rapides : point faible assumé. Le poids de 270 g et le talon peu biseauté combinés au drop de 10 mm produisent une sensation jugée « clunky » par la testeuse biomécanicienne à cette allure, en particulier pour les coureurs qui n'attaquent pas franchement à l'avant-pied.
Défaut majeur n°1 : un poids trop élevé pour l'étiquette « tempo trainer »
270 g en taille homme US 10, c'est loin des références du segment tempo comme la Saucony Endorphin Speed 5 à 235 g. Une testeuse spécialisée en biomécanique est catégorique : un trainer de performance ne devrait pas dépasser 230 g en 2026, et ce malgré une mousse ZoomX et une plateforme médio-pied étroite qui laissaient espérer plus léger. Le poids reste le premier frein à un usage réellement orienté vitesse.
Défaut majeur n°2 : un talon jugé raide malgré le confort général de la tige
Le drop de 10 mm associé à un biseau de talon volontairement réduit produit une sensation que plusieurs testeurs qualifient de peu naturelle en transition, surtout pour les coureurs à attaque médio-pied ou avant-pied. La testeuse biomécanicienne recommande explicitement à Nike de réduire le drop à 8 mm et d'agrandir le biseau pour la prochaine version : ce défaut reste identique à celui déjà pointé sur la première Pegasus Plus.
Pegasus Plus 2 vs Pegasus Plus (V1) : ce qui change vraiment
| Critère | Pegasus Plus (V1) | Pegasus Plus 2 |
| Stack avant / arrière | 24 mm / 34 mm | 28 mm / 38 mm (+4 mm sur les deux mesures) |
| Unité Air Zoom | Absente | Présente à l'avant-pied, calibrée par pointure |
| ZoomX | Dense et ferme, très peu de compliance selon une testeuse ayant couru les deux versions | Plus compliant et plus résilient, formulation retravaillée |
| Dernier et chaussant | Médio-pied trop large, translation du pied, sensation de brûlure signalée après la course | Nouveau dernier MR-10 2.0, toe box élargie, médio-pied enfin verrouillé |
| Poids | Environ 1 once (28 g) de moins que la V2 | 270 g homme, plus lourde que la V1 |
| Talon et drop | Biseau réduit, sensation clunky, drop 10 mm | Même défaut persistant malgré la refonte, drop inchangé à 10 mm |
La lecture simple : la V2 corrige presque tout ce qu'on reprochait au chaussant de la V1, au prix d'un poids en hausse. Un coureur qui avait abandonné la première Pegasus Plus à cause de l'inconfort au médio-pied trouvera ici une chaussure transformée. Celui qui cherchait avant tout la légèreté risque en revanche d'être déçu : la V2 n'est pas plus légère, elle est simplement mieux dessinée.
Pegasus Plus 2 vs Nike Vomero Plus et Saucony Endorphin Speed 5 : le comparatif
| Critère | Nike Pegasus Plus 2 | Nike Vomero Plus | Saucony Endorphin Speed 5 |
| Poids homme | 270 g | 275 g | 235 g |
| Mousse | ZoomX densifié + Air Zoom avant-pied | ZoomX pleine longueur 45/35 | PWRRUN PB |
| Plaque | Aucune | Aucune | Nylon |
| Positionnement | Daily premium qui sait accélérer | Confort maximal, amorti prioritaire | Tempo trainer plus léger et plus polyvalent |
| Sensation dominante | Chaussant excellent, propulsion mesurée | Stack généreux, amorti moelleux avant tout | Réactivité et polyvalence au quotidien |
La lecture simple : le fondateur d'un média spécialisé américain estime lui-même que la Pegasus Plus 2 n'a peut-être pas de rivale plus directe que la Vomero Plus, présente dans la propre gamme Nike. Les deux chaussures se ressemblent par le poids et l'absence de plaque, mais la Vomero Plus assume pleinement l'amorti quand la Pegasus Plus 2 cherche un compromis entre confort et vitesse. Un coureur qui veut vraiment une paire capable de tenir un tempo trouvera plus de réactivité et surtout plus de légèreté du côté de la Saucony Endorphin Speed 5.
Durabilité et coût au kilomètre : combien coûte vraiment la Pegasus Plus 2 ?
Après une vingtaine de kilomètres de test, la zone de mousse exposée au médio-pied montre une usure légère mais déjà visible, ce qui a conduit une testeuse à anticiper une durabilité seulement moyenne, limitée par la mousse ZoomX elle-même plutôt que par la gomme extérieure. C'est un profil d'usure cohérent avec les autres modèles Nike à ZoomX exposé, qui tiennent généralement moins bien qu'une daily trainer classique en EVA.
En l'absence de tarif France officiel, RunMorph retient une estimation de 190 € par prudence, cohérente avec le positionnement de la première Pegasus Plus et les estimations de la presse spécialisée française, mais non confirmée par Nike à la date de rédaction. Sur une durée de vie prudente de 450 km pour ce type de mousse exposée en usage mixte footing et sorties plus rapides, le coût au kilomètre ressort autour de 0,42 €/km. C'est nettement au-dessus d'une daily trainer classique comme la Brooks Ghost 18, qui descend à 0,19 €/km, mais cohérent avec le segment daily premium auquel la Pegasus Plus 2 appartient dans les faits.
Notre avis terrain : pour qui, et dans quel plan d'entraînement ?
La Pegasus Plus 2 trouve sa place comme paire principale d'un coureur qui enchaîne majoritairement des footings et des sorties longues, avec occasionnellement une séance à allure marathon. Elle est moins pertinente pour un coureur dont la priorité est le fractionné court ou le tempo pur : dans ce cas, une paire plus légère et plus spécialisée reste préférable.
À associer avec un plan RunMorph
La Pegasus Plus 2 fonctionne bien comme paire pivot d'une rotation simple : elle absorbe le gros du volume hebdomadaire, y compris les sorties à allure marathon, sans qu'il soit nécessaire d'acheter une deuxième paire dédiée. Retrouve les séances de fond et les sorties à allure marathon intégrées à nos plans d'entraînement RunMorph pour savoir comment l'intégrer sans la surexploiter sur les séances rapides.
Verdict du Coach RunMorph
La Pegasus Plus 2 tient une partie de sa promesse, mais pas celle qu'affiche son étiquette. Le chaussant a fait un bond réel, l'Air Zoom se sent sous le pied, et le prix reste raisonnable face à des concurrents souvent positionnés au-delà de 200 €. En revanche, l'appellation « tempo trainer » ne se vérifie pas allure par allure : au seuil et en fractionné, le poids et le talon rappellent que cette chaussure reste avant tout une daily premium, pas une arme de vitesse déguisée.
Note RunMorph : 7,3/10. La pondération valorise le chaussant et le rapport prix, deux points où la chaussure convainc sans réserve, davantage que le dynamisme aux allures rapides, qui reste en retrait de l'argument marketing.
FAQ Nike Pegasus Plus 2
Quel est le poids exact de la Nike Pegasus Plus 2 ?
270 g en taille homme US 10 (44) et 226 g en taille femme US 8 (39), selon les pesées indépendantes de plusieurs testeurs.
La Pegasus Plus 2 est-elle vraiment une chaussure de tempo run ?
Partiellement. Nike la commercialise comme un « tempo trainer », mais deux testeurs indépendants sur trois estiment qu'elle se comporte davantage comme une daily trainer premium capable d'accélérer ponctuellement, freinée par son poids de 270 g aux allures les plus rapides.
Quelle différence entre la Pegasus Plus 2 et la première Pegasus Plus ?
La version 2 ajoute une unité Air Zoom à l'avant-pied, adopte un nouveau dernier MR-10 2.0 plus large et mieux maintenu au médio-pied, et gagne 4 mm de stack au talon comme à l'avant-pied. En contrepartie, elle est environ une once (28 g) plus lourde que la V1.
Combien coûte la Nike Pegasus Plus 2 ?
Entre 165 et 170 $ aux États-Unis selon les revendeurs. Aucun tarif France officiel n'était communiqué au 10 septembre 2026 ; les estimations de la presse spécialisée évoquent une fourchette de 180 à 200 €, non confirmée par Nike.
La Nike Pegasus Plus 2 convient-elle pour un premier marathon ?
Oui pour l'entraînement : plusieurs testeurs soulignent un bon comportement à allure marathon sur sortie longue. Pour le jour de course lui-même, une chaussure plus légère ou une carbone comme l'Alphafly 3 reste plus indiquée si l'objectif est la performance pure.