Asics vend la Sonicblast 2 comme la version plus légère et plus polyvalente de sa supertrainer à plaque. Quatorze grammes de moins que la première version, un talon redessiné, une tige simplifiée. Sur le papier, tout est réuni pour faire oublier le défaut qui collait à la Sonicblast originale : une raideur au médio-pied qui grinçait dès qu'on levait le pied du fractionné. Les premiers tests indépendants confirment les progrès, mais pas la disparition complète du problème.

© Asics, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Asics muscle sa gamme Blast pour prendre la vitesse entre deux allures
Depuis 2023, Asics construit patiemment une famille de chaussures qui ne repose sur aucune plaque carbone : la gamme Blast. Novablast pour le quotidien, Superblast pour le stack et le rebond, Megablast pour l'effet trampoline. La Sonicblast est arrivée en 2025 pour occuper la case manquante : une supertrainer capable de tenir un tempo run ou un fractionné sans passer par la Metaspeed. Chez RunMorph, on observe que cette segmentation par usage devient la norme chez les grandes marques : Nike avec la Vomero Plus et la Streakfly, Saucony avec l'Endorphin Speed et la Triumph, chacune cible désormais une case précise de la rotation plutôt qu'une chaussure à tout faire.
La première Sonicblast avait convaincu sur la partie dynamisme mais avait reçu la même critique de plusieurs testeurs français et anglosaxons : un talon mal arrondi qui provoquait une sensation de claquement au sol, et une tige jugée étroite pour les pieds larges. Un an plus tard, la Sonicblast 2 arrive avec une promesse claire : garder l'efficacité mécanique de la plaque Astroplate, en gommer les aspérités. Le lancement officiel du 1er septembre 2026 s'inscrit dans un calendrier chargé pour Asics, qui renouvelle plusieurs lignes tempo cette rentrée.
Sonicblast 2 : ce qu'Asics annonce contre ce que les testeurs indépendants confirment
Sur les chiffres bruts, la marque tient parole cette fois : le poids de 242 g relevé chez plusieurs testeurs indépendants colle à l'annonce officielle, tout comme le drop de 8 mm et le stack de 46 mm au talon. C'est suffisamment rare dans le secteur pour être souligné plutôt que de fabriquer un écart qui n'existe pas.
| Donnée | Annoncé par Asics | Confirmé par les tests indépendants |
| Poids homme | 242 g | 242 g mesurés (accord total) |
| Drop | 8 mm | 8 mm, ressenti légèrement plus bas grâce au nouveau biseau de talon |
| Stack talon / avant-pied | 46 mm / 38 mm | Confirmé, l'un des stacks les plus hauts de la catégorie supertrainer |
| Polyvalence quotidienne | Présentée comme supérieure à la V1 grâce à la couche FF Blast Max assouplie | Confirmée au tempo et au marathon, mais deux testeurs indépendants relèvent encore une raideur du médio-pied en dessous de l'allure seuil |
C'est cette dernière ligne qui structure le reste de ce test. Les chiffres bruts sont exacts, mais l'argument marketing de la « polyvalence retrouvée » mérite d'être vérifié allure par allure, pas seulement sur le papier.

© Asics, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Technologie Astroplate en fourche : qu'est-ce que ça change sous le pied ?
La première Sonicblast utilisait une Astroplate en forme de cuillère qui couvrait une grande partie de la semelle. Pour la version 2, Asics a évidé la plaque en une forme de fourche : deux branches latérales plus une zone centrale dégagée. Ce dégagement libère de la place pour prolonger la mousse FF Turbo carré jusqu'à une zone dite « trampoline » à l'avant-pied, la même mousse supercritique que sur les chaussures de compétition Metaspeed.
Le résultat recherché est un meilleur retour d'énergie au moment de l'appui sur les orteils, sans renoncer à la rigidité de propulsion apportée par la plaque. Sous la couche de FF Turbo carré, une seconde couche de FF Blast Max a été assouplie par rapport à la première version : c'est ce changement qui est censé apporter le supplément de confort sur les sorties plus longues. Chez RunMorph, on retient surtout que ce montage à deux mousses plus plaque partielle rapproche la Sonicblast 2 d'une architecture de chaussure de compétition, tout en gardant un usage d'entraînement régulier grâce à un stack plus généreux et une semelle extérieure renforcée.
Le chaussant : une tige repensée, un avant-pied enfin dégagé
La première Sonicblast affichait une largeur d'avant-pied mesurée à 70,1 mm par des tests indépendants, nettement sous la moyenne de la catégorie qui se situe à 73,3 mm : plusieurs coureurs aux pieds larges avaient signalé une sensation de compression, en particulier lors des sorties longues. C'est l'un des points que la version 2 corrige explicitement.
Les deux testeurs d'un protocole américain indépendant, un homme et une femme, décrivent une tige repensée avec davantage de volume au niveau des orteils : la testeuse mentionne un plein espace de pouce entre l'extrémité du gros orteil et le bout de la chaussure, sans aucune gêne au niveau des articulations métatarso-phalangiennes malgré un laçage resserré pour compenser le volume. Le testeur masculin confirme un avant-pied décemment spacieux, même s'il estime qu'un peu plus de largeur ou un galbe plus progressif pourraient encore améliorer le confort. Aucune mesure verticale précise en millimètres n'est disponible à ce jour pour la version 2 : RunMorph le signale par transparence plutôt que d'inventer un chiffre.
Le test terrain : dynamique au tempo, encore raide au footing
Le conseil de RunMorph : associe la Sonicblast 2 à une paire souple pour tes footings faciles, comme la Asics Novablast 6, plutôt que de lui demander de tout faire. C'est dans cette complémentarité qu'elle prend tout son sens.
Le consensus des essais terrain converge sur un point : la Sonicblast 2 est nettement meilleure que la première version dès que l'allure grimpe. Un testeur ayant reçu la paire en avant-première décrit un rocker avant-pied précoce mais qui prend forme de manière agressive après l'enclenchement initial, donnant une sensation de roulement rapide qui se déclenche vraiment à partir du tempo. Un test français mené par un kinésithérapeute du sport spécialisé dans les pathologies du pied confirme cette lecture : la rigidité du médio-pied verrouille l'avant-pied et limite sa flexion naturelle, ce qui déplace une partie de l'effort vers les mollets, un compromis qui paie à allure soutenue mais fatigue vite en dessous.
Les avis divergent en revanche sur le ressenti à allure lente. Le testeur masculin du protocole américain indépendant continue de relever une sensation de claquement au médio-pied en dessous du tempo, un défaut qu'il jugeait déjà présent sur la première version même s'il le trouve atténué. Sa collègue testeuse, elle, décrit au contraire un rebond agréable et une sensation de roulement dès l'allure d'endurance, sans le trouver trop agressif, et place son allure préférée au marathon. Chez RunMorph, cette divergence colle à l'anatomie de chacun : le ressenti de raideur au médio-pied dépend fortement de la manière dont chaque coureur attaque le sol, médio-pied ou talon.
Sur la traction, aucun doute en revanche : plusieurs testeurs relèvent une adhérence excellente y compris sous la pluie, avec une gomme ASICSgrip qui recouvre une large part de la semelle. Un testeur français l'a explicitement testée sous une pluie battante sur un revêtement proche du tartan de piste, sans aucune perte d'accroche.

© Asics, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
À quelle allure ça marche, à quelle allure ça décroche
Footing et endurance fondamentale : verdict partagé. La rigidité du médio-pied se fait sentir pour une partie des coureurs à cette allure, cause directe de la plaque Pebax en fourche associée à une mousse FF Turbo ferme qui ne se déforme pas assez à faible vitesse pour absorber le contact.
Sortie longue : bon comportement. Le stack généreux de 46 mm et la mousse FF Blast Max assouplie en couche basse protègent sur la durée, un point relevé comme l'un des meilleurs usages de la chaussure par un testeur qui en a fait sa paire de sortie longue rapide préférée du moment.
Allure marathon : c'est la zone où la Sonicblast 2 recueille le plus d'unanimité. Le rocker s'active sans être agressif, la mousse répond proportionnellement à la force appliquée, ce qui permet de tenir un rythme régulier sans à-coups.
Allure seuil et semi : très bon, cause mécanique claire : le rocker avant-pied prend le relais et libère un effet de levier qui accélère la transition médio-pied/propulsion, exactement l'usage pour lequel la plaque a été pensée.
Fractionné court et piste : efficace mais peut paraître lourd. À allure de seuil élevée, la réactivité de la mousse est maximale selon un testeur, qui note toutefois que la chaussure commence à paraître un peu trop présente et un peu lourde à mesure que l'allure grimpe encore, en comparaison d'une pointe de compétition pure.
Défaut majeur n°1 : la raideur du médio-pied n'a pas totalement disparu
Malgré un talon repensé et un biseau amélioré qui corrigent le principal défaut de la première version, deux testeurs indépendants d'un même protocole confirment que la plaque Astroplate en fourche continue de produire une sensation de raideur, voire de claquement, en dessous de l'allure tempo. Un coureur qui n'utilise cette chaussure que pour des footings faciles risque d'être déçu : ce n'est tout simplement pas l'allure pour laquelle elle a été construite.
Défaut majeur n°2 : un prix premium pour un usage de niche
À 190 €, la Sonicblast 2 coûte environ 30 euros de plus qu'une Asics Adizero EVO SL positionnée sur un usage proche par certains comparatifs. Or elle ne remplace ni une daily trainer pour les footings, ni une pointe carbone pour la course. Un budget serré à moins de 150 euros ne trouvera pas ici un investissement prioritaire face à une paire plus polyvalente comme la Novablast 6.
Sonicblast 2 vs Sonicblast : la version qui corrige (presque) tout
| Critère | Sonicblast (V1) | Sonicblast 2 |
| Poids homme | 256 g | 242 g (-14 g) |
| Plaque | Astroplate pleine, forme de cuillère | Astroplate en fourche, évidée au centre |
| Talon | Biseau jugé insuffisant, sensation de choc | Talon plus arrondi, transitions plus fluides |
| Avant-pied | Étroit, 70,1 mm mesurés, sous la moyenne | Volume augmenté, mieux adapté aux pieds larges |
| Ressenti à allure lente | Raide, claquement fréquent | Raide mais atténué, claquement encore présent pour certains coureurs |
La lecture simple : un coureur qui possède déjà la première Sonicblast et qui l'utilise uniquement pour du tempo et du fractionné n'a pas d'urgence à upgrader, le comportement à haute allure n'a pas radicalement changé. En revanche, un coureur qui avait écarté la première version à cause de l'étroitesse de la tige ou du talon trop sec devrait reconsidérer le modèle : ce sont exactement les deux points que la version 2 corrige.
Sonicblast 2 vs New Balance SC Rebel v1 et Saucony Endorphin Speed 5 : le comparatif
| Critère | Asics Sonicblast 2 | New Balance SC Rebel v1 | Saucony Endorphin Speed 5 |
| Prix | 190 € | Positionnement proche | Positionnement proche |
| Stack talon | 46 mm, l'un des plus hauts du segment | Environ 6 mm de moins sous le pied selon les comparatifs croisés | Stack plus contenu |
| Mousse | FF Turbo carré ferme + FF Blast Max souple | Infinion, plus souple dès l'appui | PWRRUN PB |
| Plaque | Pebax en fourche, mi-longueur avant | Plaque évidée, positionnée plus agressivement | Plaque nylon |
| Sensation dominante | Talon structuré, avant-pied ferme et énergique | Talon souple à l'atterrissage, avant-pied plus vif | Équilibre, plus polyvalent au quotidien |
La lecture simple : la SC Rebel v1 mise sur un atterrissage plus doux et un avant-pied plus mordant grâce à une plaque plus découpée, quand la Sonicblast 2 assume une structure plus stable sur toute la longueur, au prix d'un ressenti plus dur au ralenti. Un coureur qui recherche avant tout la stabilité à haute allure devrait pencher pour la Sonicblast 2, celui qui privilégie un ressenti souple dès l'attaque du sol se tournera plutôt vers la SC Rebel v1 ou l'Endorphin Speed 5, plus polyvalente au quotidien selon plusieurs comparatifs français.
Adhérence et durabilité : quel coût au kilomètre ?
La semelle ASICSgrip couvre une large part de la surface d'appui, avec un dessin de crampons discret mais efficace sur route et sur piste synthétique. À ce stade, aucun testeur n'a dépassé une trentaine de kilomètres sur sa paire, ce qui reste trop court pour un bilan définitif : l'usure relevée jusqu'ici reste minime, sans marque visible sur la gomme extérieure et une usure légère seulement sur la mousse exposée.
En extrapolant une durée de vie prudente de 500 à 550 km pour ce type de supertrainer à plaque partielle, sollicitée majoritairement sur des séances rapides plutôt qu'en usage quotidien, le coût au kilomètre de la Sonicblast 2 se situe autour de 0,35 à 0,38 € par kilomètre. C'est nettement au-dessus d'une daily trainer comme la Brooks Ghost 18, qui descend à 0,19 €/km sur un usage quotidien classique : un écart logique compte tenu du positionnement plus performance, mais qui pèse dans la balance pour un coureur qui chercherait une seule paire à tout faire.
Notre avis terrain : pour qui, et dans quel plan d'entraînement ?
La Sonicblast 2 s'inscrit naturellement dans une préparation semi-marathon ou marathon qui comporte des blocs tempo réguliers, ou dans une phase de développement de la vitesse fondamentale avant une préparation 10 km. Elle trouve aussi sa place chez les coureurs de piste pour les fractionnés longs.
À associer avec un plan RunMorph
Une supertrainer comme la Sonicblast 2 prend tout son sens dans une rotation structurée : elle absorbe les séances de qualité pendant qu'une paire plus souple gère les sorties faciles. Retrouve les séances tempo et fractionné intégrées à nos plans d'entraînement RunMorph pour savoir exactement quand la sortir du placard.
Verdict du Coach RunMorph
La Sonicblast 2 tient la promesse qu'elle affiche sur le papier, mais pas celle que le discours marketing laisse entendre. Les 14 grammes de moins sont réels, le talon est effectivement plus rond, l'avant-pied plus accueillant : sur ces points, Asics a écouté les retours de la première version. La « polyvalence retrouvée » en revanche ne se vérifie pas à toutes les allures : au tempo, au seuil et au marathon, la chaussure est excellente et stable. En dessous, la raideur du médio-pied continue de se rappeler au bon souvenir d'une partie des coureurs.
Note RunMorph : 8,2/10. La pondération penche vers le dynamisme et la stabilité, les deux points où la chaussure excelle sans réserve, plutôt que vers la polyvalence aux allures faciles, qui reste son point faible assumé.
FAQ Asics Sonicblast 2
Quel est le poids exact de la Asics Sonicblast 2 ?
242 g en taille homme US 9 (42-43) et 212 g en taille femme US 8 (39), soit 14 g de moins que la première Sonicblast selon plusieurs pesées indépendantes.
La Sonicblast 2 convient-elle pour courir un marathon ?
Oui : plusieurs testeurs la recommandent spécifiquement à l'allure marathon, où le rocker et les 46 mm de stack ainsi que la mousse FF Blast Max assouplie offrent un compromis efficace entre protection et dynamisme sur la durée.
Quelle différence entre la Sonicblast 2 et la Sonicblast première version ?
La version 2 pèse 14 g de moins, adopte une plaque Astroplate en fourche au lieu d'une forme pleine, un talon plus arrondi et un avant-pied élargi par rapport à une largeur mesurée à 70,1 mm sur la V1.
La Asics Sonicblast 2 est-elle adaptée au footing du dimanche ?
Moins recommandée : à moins de l'allure tempo, la raideur du médio-pied reste sensible pour une partie des coureurs. Mieux vaut la réserver aux 2 ou 3 séances rapides hebdomadaires et garder une autre paire pour les sorties faciles.
Combien coûte la Asics Sonicblast 2 en France ?
190 € au tarif officiel Asics, disponible depuis le 1er septembre 2026 chez les revendeurs spécialisés et sur le site de la marque.