On a longtemps reproché une chose à On : ses semelles nuageuses étaient superbes à regarder, fermes à courir. Avec la Cloudsurfer première du nom, la marque suisse avait enfin proposé une daily route moelleuse, presque coussinée. La Cloudsurfer 2 arrive avec une promesse étonnante sur le papier, celle du déroulé le plus doux de tout l'univers route de On, et une réalité de terrain plus nuancée : elle est en fait plus ferme, plus stable et plus roulante que la version 1. Voici pourquoi ce virage n'est pas un défaut, mais un choix assumé.
L'essentiel en 3 phrases
La On Cloudsurfer 2 est la daily route polyvalente de la marque suisse, bâtie autour de la géométrie CloudTec Phase sans Speedboard, pour un déroulé fluide du talon à l'orteil. Elle vise le coureur léger à moyen qui enchaîne 3 à 4 sorties par semaine entre 10 et 25 km, en endurance et en footing. La promesse marketing du confort ultra moelleux est à nuancer : la version 2 raffermit l'amorti pour gagner en stabilité et en tenue, ce qui la rend plus sereine que la V1 mais moins cotonneuse.
On Cloudsurfer 2 : le virage assumé vers la stabilité
Chez RunMorph, on observe une constante depuis des années : On divise. La marque suisse a construit son identité sur ses fameux nuages CloudTec, spectaculaires visuellement mais souvent jugés trop fermes par les coureurs habitués aux mousses supercritiques moelleuses. La première Cloudsurfer avait changé la donne en 2023, en abandonnant le Speedboard rigide au profit d'une géométrie CloudTec Phase pensée pour rouler tout en offrant, enfin, un accueil doux. Cette Cloudsurfer 2 ne renie pas cet héritage, mais elle rectifie le tir là où la V1 posait problème, à savoir la stabilité en fin de sortie.
Le discours officiel de la marque parle du déroulé le plus doux de son univers route. La lecture de terrain est plus subtile. La Cloudsurfer 2 est bel et bien plus ferme que la première version : le moelleux enveloppant a laissé la place à une sensation plus tenue, plus contrôlée, qui privilégie le maintien et le retour du pied à la douceur pure. Pour le coureur qui trouvait la V1 instable ou trop flottante sous le pied, c'est une excellente nouvelle. Pour celui qui avait adopté la Cloudsurfer 1 justement pour son côté cotonneux, la déception est possible. Le bon réflexe est donc de comprendre ce que vise réellement cette paire avant de l'acheter.
Fiche technique de la Cloudsurfer 2 : CloudTec Phase et Helion
| Marque | On |
|---|---|
| Modèle | Cloudsurfer 2 |
| Sortie officielle | 13 février 2025 (millésime SS25) |
| Type | Route, daily trainer polyvalente |
| Drop | 9 mm |
| Stack avant / arrière | 23 mm / 32 mm |
| Poids (T42 EU homme) | 260 g (230 g en T38,5 femme) |
| Mousse | Helion (EVA supercritique), géométrie CloudTec Phase |
| Plaque | Non (pas de Speedboard) |
| Semelle | Caoutchouc, dessin optimisé par ordinateur pour la durabilité |
| Distance recommandée | 10 km à sortie longue, footing et endurance |
| Prix officiel | 170 € |
Le drop passe de 10 à 9 mm par rapport à la première version, une variation marginale que la plupart des coureurs ne percevront pas. La vraie évolution se joue ailleurs : dans la mousse Helion désormais plus tenue, dans la tige en mesh technique repensée et dans une semelle extérieure au dessin généré par ordinateur pour répartir la gomme uniquement là où l'usure se concentre.
Technologie CloudTec Phase : qu'est-ce que ça change sous le pied ?
Le coeur de la Cloudsurfer, c'est sa géométrie CloudTec Phase. Concrètement, les cellules creuses (les nuages) s'effondrent en séquence, de l'arrière vers l'avant, au moment de l'appui. Ce collapse progressif crée un effet de bascule qui guide le pied du talon vers l'orteil sans avoir besoin d'une plaque rigide. Là où la plupart des marques ajoutent un Speedboard ou une plaque carbone pour dynamiser le déroulé, On fait le pari de la seule architecture de la semelle. Le résultat est une foulée fluide, roulante, qui demande peu d'effort à allure modérée.
La mousse Helion, un EVA supercritique, apporte le rebond et la protection. Sur la version 2, son toucher est plus ferme : le coureur ressent davantage le sol, ce qui améliore la lecture du terrain et la stabilité latérale, deux points faibles de la V1. En contrepartie, la sensation de coussin profond s'estompe. Chez RunMorph, on retient une chaussure qui privilégie le contrôle et la constance plutôt que le confort spectaculaire des premiers mètres.
Le test terrain : de 4 min 45 à 6 min 15 au kilomètre
Testée sur une plage d'allures allant du footing lent (autour de 6 min 15 au kilomètre) au tempo modéré (autour de 4 min 45), la Cloudsurfer 2 se révèle la plus à l'aise dans sa zone de confort naturelle : l'endurance fondamentale et les sorties longues à allure maîtrisée. À ces vitesses, le déroulé CloudTec Phase fait merveille, le pied roule sans à-coup et le maintien reste franc, même après 20 km. La stabilité, véritable point noir de la première Cloudsurfer, est ici nettement corrigée : la plateforme paraît plus large, l'atterrissage plus assuré, et le coureur légèrement pronateur y trouvera un guidage rassurant.
Dès que l'on pousse vers le seuil et le fractionné rapide, la Cloudsurfer 2 montre ses limites. La mousse Helion, plus ferme mais peu explosive, ne renvoie pas l'énergie d'une PEBA de compétition. Il ne faut pas s'en étonner : ce n'est pas la vocation de la paire. C'est une daily d'entraînement, pas une chaussure de course. Sur le plan du confort d'accueil, la tige mesh est respirante et le chaussant taille juste, plutôt pour les pieds fins à normaux. Les gabarits larges gagneront à essayer avant d'acheter.
Le conseil de RunMorph : si tu viens de la Cloudsurfer 1 et que tu aimais son moelleux, prends le temps de courir avec la 2 avant de trancher. En revanche, si tu hésitais avec On à cause d'un manque de stabilité, cette version lève enfin le frein. Pour comparer les sensations avec d'autres dailies polyvalentes, jette un oeil à nos tests de la Nike Pegasus 42 et de la Saucony Ride 19.
On Cloudsurfer 2 vs Pegasus 42, Ghost 18 et Ride 19 : le comparatif
Face aux références du segment daily neutre, la Cloudsurfer 2 se distingue surtout par sa géométrie roulante et son style. Voici comment elle se situe sur les critères qui comptent pour l'acheteur indécis.
| Modèle | Drop | Stack | Poids T42 | Mousse | Prix |
|---|---|---|---|---|---|
| On Cloudsurfer 2 | 9 mm | 32/23 mm | 260 g | Helion (CloudTec Phase) | 170 € |
| Nike Pegasus 42 | 10 mm | 37/27 mm | 280 g | ReactX | 140 € |
| Brooks Ghost 18 | 10 mm | 36/26 mm | 278 g | DNA Loft v3 azote | 150 € |
| Saucony Ride 19 | 8 mm | 38/30 mm | 255 g | PWRRUN+ | 160 € |
La Pegasus 42 reste plus polyvalente et sait accélérer un peu mieux, pour un tarif plus doux. La Ghost 18 mise sur un amorti azote plus moelleux et un chaussant plus accueillant. La Ride 19 offre le stack le plus généreux et une mousse PWRRUN+ souple. La Cloudsurfer 2, elle, joue la carte du déroulé fluide sans plaque et d'un design reconnaissable entre mille, avec un supplément de stabilité qui la rend rassurante. Son prix de 170 euros la place toutefois parmi les plus chères de la catégorie.
Avantages et inconvénients
- Déroulé CloudTec Phase fluide et roulant à allure modérée.
- Stabilité nettement améliorée par rapport à la V1.
- Semelle à la gomme optimisée, gage de durabilité.
- Poids contenu (260 g) pour une daily protectrice.
- Style et respirabilité de la tige au rendez-vous.
- Amorti plus ferme : les fans du moelleux de la V1 peuvent être déçus.
- Peu de relance au-delà du seuil, ce n'est pas une chaussure rapide.
- Prix de 170 euros élevé pour une daily.
- Chaussant juste, à éviter pour les pieds larges.
Notre avis terrain : pour quel coureur ?
Le coureur régulier en quête de stabilité
Si tu cours 3 à 4 fois par semaine, majoritairement en endurance, et que tu veux une paire qui te tienne bien du premier au dernier kilomètre, la Cloudsurfer 2 est un choix pertinent. Son guidage rassurant convient particulièrement au coureur léger à moyen, jusqu'à environ 80 kg, et au profil légèrement pronateur.
L'amateur de sensations roulantes et de style
La signature CloudTec de On ne ressemble à aucune autre. Si tu aimes l'effet de bascule fluide et un design qui se remarque, tu seras servi. C'est une daily plaisir pour avaler les kilomètres sans y penser.
À qui on la déconseille
Si tu cherches un amorti profond façon max-cushion, oriente-toi plutôt vers une Asics Gel-Nimbus 28 ou une Hoka Clifton 11. Et si ton objectif est le fractionné rapide ou la course, la Cloudsurfer 2 n'est pas taillée pour ça.
Une daily comme la Cloudsurfer 2 prend tout son sens quand elle s'inscrit dans un plan structuré. Pour transformer tes footings en progression réelle, que tu prépares un premier 10 km, un semi ou une sortie longue vers le marathon, appuie-toi sur un plan adapté à ton niveau et à ton calendrier.
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Verdict du Coach RunMorph
La On Cloudsurfer 2 est une daily route réussie qui assume un choix clair : troquer un peu du moelleux de la V1 contre plus de stabilité et de constance. C'est une paire honnête, agréable à allure modérée, durable et immédiatement reconnaissable. Elle ne cherche pas à être la plus rapide ni la plus coussinée du marché, mais la plus fiable au quotidien pour le coureur qui aime la signature On. Son seul vrai frein reste son prix, placé dans le haut de la fourchette du segment. Note finale : 8/10, une valeur sûre pour l'entraînement, à condition de savoir qu'on achète une daily ferme et stable, pas un nuage.
À retenir pour ton entraînement
- Zone de confort : footing et endurance de 10 à 25 km, allures modérées, sorties longues à rythme maîtrisé.
- Stabilité corrigée : la V2 gomme le principal défaut de la V1, un vrai plus pour le coureur qui cherche du maintien.
- Amorti plus ferme : sensation de sol présente, oublie le côté cotonneux si c'était ce que tu recherchais.
- Pas une chaussure rapide : garde une paire à plaque pour tes séances de seuil et de vitesse.
- Durabilité au rendez-vous : la gomme optimisée laisse espérer un bon kilométrage pour une daily.



