On a construit tout un empire marketing sur le nuage : le rebond, la légèreté, la propulsion des Cloudmonster et des Cloudboom. Avec la Cloudsurfer Trail 2, la marque suisse tente un pari plus modeste mais tout aussi risqué : convaincre que la même paire peut avaler le bitume du lundi et le chemin caillouteux du dimanche, sans jamais vraiment exceller sur aucun des deux terrains. Le résultat interroge autant qu'il séduit.
L'essentiel en 3 phrases
La On Cloudsurfer Trail 2 est une hybride route-trail à 170 euros, pensée pour les pistes roulantes, les chemins compacts et les sections d'asphalte, jamais pour le terrain technique. Sa mousse Helion nouvelle génération, plus ferme et plus dense, gagne en dynamisme par rapport à la première version tout en gardant un amorti protecteur sur les longues sorties. La promesse tenue est celle du confort polyvalent au quotidien, pas celle d'une vraie chaussure de trail capable de gérer la boue, les racines ou les dévers.

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
On étend son empire du nuage à l'hybride route-trail
Depuis ses débuts, On a construit sa réputation sur un territoire précis : la route, avec ses fameux Clouds qui ont fait le succès de la Cloudmonster ou de la Cloudsurfer. Le trail, la marque suisse l'a longtemps abordé par le haut, via des super-shoes techniques comme la Cloudultra Pro ou la Cloudultra 3, taillées pour l'ultra et les terrains accidentés. La Cloudsurfer Trail occupe un espace totalement différent : celui du coureur qui ne fait pas de trail à proprement parler, mais qui sort parfois des sentiers battus sans jamais chercher la performance en montagne.
Sortie fin 2025, la Cloudsurfer Trail 2 reprend l'ADN de la Cloudsurfer 2 route, en l'équipant d'une semelle Mission Grip plus agrippante et d'une tige renforcée. La première version avait trouvé son public, mais avait aussi récolté des critiques sur le maintien de l'empeigne et la stabilité sur terrain un peu technique. Chez RunMorph, on observe que la V2 corrige une partie de ces défauts sans jamais chercher à devenir une vraie chaussure de trail : elle reste, et l'assume, une hybride pensée pour la ville et ses environs.
Le changement le plus significatif tient à la mousse : exit l'EVA classique, place à une nouvelle génération d'Helion plus dense et plus ferme. Un choix qui nuance la promesse marketing habituelle de On sur le moelleux infini : ici, la fermeté est assumée pour gagner en dynamisme, quitte à perdre un peu du côté cotonneux qui faisait le charme de la première version.
Fiche technique de la Cloudsurfer Trail 2 : ce qui change vraiment
| Marque | On |
| Modèle | Cloudsurfer Trail 2 |
| Sortie | Fin 2025 |
| Type | Hybride route-trail, terrains roulants |
| Drop | 8 mm (contre 7 mm sur la V1) |
| Stack avant / arrière | 26 mm / 34 mm (contre 30 / 37 mm sur la V1) |
| Poids | 287 g (homme) / 230 g (femme) |
| Mousse | Helion nouvelle génération (sans EVA), plus dense et plus ferme |
| Technologie semelle | CloudTec Phase, Clouds inclinés vers l'avant |
| Semelle extérieure | Mission Grip, crampons chevrons 3 mm |
| Plaque carbone | Non |
| Tige | Mesh mono-couche épais et ventilé, renforts tissés à l'arrière |
| Terrain recommandé | Bitume, pistes carrossables, sentiers peu techniques |
| Distance recommandée | Sorties courtes à intermédiaires-longues, jusqu'à 25 km environ |
| Prix officiel | 170 euros |
Le chiffre qui résume le mieux cette V2, c'est la baisse de 3 mm des profils de semelle (34 mm au talon contre 37 mm auparavant), compensée par une hausse du drop de 7 à 8 mm. On a cherché à rapprocher l'athlète du sol tout en gardant du soutien au talon, un compromis qui se ressent immédiatement à l'essai.
Mousse Helion et Mission Grip : qu'est-ce que ça change sous le pied ?
La nouvelle formulation Helion abandonne l'EVA au profit d'un composé plus dense, ce qui la rend à la fois plus ferme et plus réactive que celle de la première Cloudsurfer Trail. Associée à la technologie CloudTec Phase, dont les Clouds sont désormais inclinés vers l'avant comme sur les Cloudultra, cette mousse favorise une projection plus naturelle de la foulée vers l'avant. Concrètement : la chaussure encourage une attaque médio-pied à allure soutenue, tout en restant tolérante pour une foulée talon à rythme lent.
Côté extérieur, le composé Mission Grip, commun à tous les modèles trail de On, hérite de crampons chevrons de 3 mm, dessinés pour être plus agressifs que sur la V1. Deux larges bandes lisses subsistent au milieu et à l'arrière de la semelle : elles apportent de la flexibilité et fluidifient les transitions sur bitume, mais elles limitent mécaniquement l'accroche dès que le terrain devient meuble, gras ou rocailleux. C'est là le vrai compromis de cette chaussure : le même dessin de semelle qui la rend agréable en ville la pénalise sur un sentier détrempé.

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Le conseil de RunMorph : la Cloudsurfer Trail 2 se rapproche davantage d'une Merrell Morphlite ou d'un Mount to Coast H1 que d'une vraie trail technique. Si l'objectif est de courir un ultra-trail avec du dénivelé et des passages rocheux, mieux vaut se tourner vers une Hoka Speedgoat 7 ou une Salomon Speedcross 6.
Le test terrain : de la piste cyclable au chemin forestier compact
Sur le terrain, la mousse plus ferme de la Cloudsurfer Trail 2 se ressent dès les premières foulées à allure modérée, entre 4 min 45 et 6 min 15 au kilomètre. La chaussure encaisse bien l'atterrissage talon sur les sorties d'endurance fondamentale, grâce à l'importante matière concentrée à l'arrière de la semelle intermédiaire, et elle permet aussi de relancer un peu plus franchement qu'avec la première version dès que l'allure grimpe vers un rythme tempo.
Sur les pistes carrossables et les monotraces larges et peu accidentées, l'ensemble reste très agréable : les Clouds filtrent bien les irrégularités du sol et procurent un minimum de stabilité, suffisant pour des gabarits intermédiaires voire un peu plus lourds. En revanche, dès que le sentier se dégrade, racines, cailloux mouillés ou terrain détrempé, la limite de la semelle Mission Grip et de ses bandes lisses se fait sentir : l'accroche devient aléatoire et la stabilité latérale, bien qu'améliorée par rapport à la V1, reste perfectible sur dévers marqué.
Sur route, la transition reste fluide de l'avant-pied jusqu'au talon, évitant l'effet de choc au contact du sol typique des semelles trail trop rigides. C'est un vrai point fort pour qui alterne footings urbains et sorties sur chemins compacts en périphérie de ville.
Cloudsurfer Trail 2 vs Merrell Morphlite : le comparatif pour choisir son hybride
Sur le segment encore restreint des hybrides route-trail, la comparaison la plus pertinente reste face à la Merrell Morphlite, autre porte-étendard de la catégorie à un tarif nettement plus accessible.
| Critère | On Cloudsurfer Trail 2 | Merrell Morphlite |
|---|---|---|
| Prix | 170 euros | 110 euros (souvent moins cher en promotion) |
| Poids | 287 g | 225-240 g |
| Drop | 8 mm | 6,5 mm |
| Amorti | Plus généreux, mousse Helion ferme | Plus léger, mousse FloatPro souple |
| Accroche | Limitée sur terrain meuble ou gras | Semelle mixte, un peu plus polyvalente |
| Positionnement | Confort et volume, gabarits intermédiaires à lourds | Légèreté et prix, coureurs plus légers |
La Cloudsurfer Trail 2 mise sur le confort et le maintien du talon, quitte à peser plus lourd et coûter plus cher. La Morphlite reste plus légère et nettement moins chère, mais avec un amorti plus modeste sur les longues distances. Ni l'une ni l'autre ne remplace une vraie chaussure de trail technique.

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Avantages et inconvénients
Avantages
- Amorti protecteur sur les longues sorties d'endurance
- Transition fluide sur route grâce aux bandes de flexion
- Toe box plus profonde qu'auparavant, plus de liberté pour les orteils
- Design urbain qui passe aussi bien en ville qu'en forêt
Inconvénients
- Accroche limitée dès que le terrain devient meuble, gras ou rocailleux
- Rembourrage du collier réduit, un peu moins de confort cheville qu'avant
- Midfoot plus ajusté, moins adapté aux pieds larges
- Prix élevé (170 euros) pour un usage qui reste avant tout route et chemins faciles
Notre avis terrain : pour qui, et pour quel entraînement RunMorph ?
Le citadin qui alterne route et sentiers du dimanche
C'est le profil idéal. Semaine sur bitume, sortie du week-end sur un chemin de forêt compact ou une piste cyclable en terre battue : la Cloudsurfer Trail 2 fait la transition sans qu'il soit nécessaire de posséder deux paires distinctes.
Le coureur en volume cherchant confort avant tout
Les gabarits intermédiaires à un peu plus lourds, qui privilégient les sorties longues à allure modérée, profiteront pleinement de l'amorti généreux et du maintien au talon. C'est une chaussure de fond, pas de vitesse.
Le trailer technique en quête d'accroche
À éviter. Dès que le terrain comporte des racines, des dévers marqués ou de la boue, les limites de la semelle Mission Grip et de ses zones lisses se font sentir rapidement. Ce n'est simplement pas le terrain de jeu de cette paire.
Pour intégrer la Cloudsurfer Trail 2 dans une préparation qui mélange sorties longues sur route et incursions ponctuelles sur chemin, elle s'associe bien à un plan d'entraînement RunMorph orienté volume et endurance fondamentale, avant une préparation 10 km ou semi-marathon sur parcours mixte. Découvre les plans d'entraînement RunMorph adaptés à ton objectif et à ton terrain de jeu.
Verdict du Coach RunMorph
La On Cloudsurfer Trail 2 tient une promesse précise et l'assume jusqu'au bout : offrir une seule paire pour la route et les chemins faciles, sans jamais chercher à devenir une vraie chaussure de trail. La mousse Helion nouvelle génération apporte un vrai gain de dynamisme par rapport à la première version, et le confort en fait une excellente compagne de volume pour les sorties longues et les footings urbains prolongés sur chemin.
Mais le compromis a un prix : une accroche qui montre vite ses limites dès que le terrain se dégrade, et un tarif de 170 euros qui reste élevé pour un usage qui demeure, dans les faits, très largement orienté route et pistes roulantes. 7,5/10 : un bon produit, honnête sur son positionnement, mais clairement de niche pour qui cherche une vraie polyvalence trail.
À retenir pour ton entraînement
- Une hybride assumée : parfaite pour alterner route et chemins compacts, pas pour le trail technique.
- Mousse plus ferme : la nouvelle Helion gagne en dynamisme mais perd un peu du moelleux de la V1.
- Accroche limitée : à éviter sur terrain gras, rocailleux ou avec des racines.
- Confort de volume : idéale pour les sorties longues à allure modérée, moins pour le fractionné.
- Prix à nuancer : 170 euros officiels, mais fréquemment trouvable sous les 120 euros en promotion.

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales