Pendant des années, courir en The North Face voulait surtout dire alpinisme, doudounes et expéditions. La marque a longtemps laissé le trail running pur à Salomon, Hoka ou Kiprun. L'Altamesa 500 V2 raconte une autre histoire : celle d'une marque outdoor qui veut enfin peser sur le segment le plus disputé du moment, le max-cushion taillé pour avaler des kilomètres. Avec sa mousse DREAM infusée à l'azote et ses 36 mm de stack, cette deuxième version corrige les défauts de la première et se pose en option crédible pour tes sorties longues et tes premiers ultras. Chez RunMorph, on l'a passée au crible.
L'essentiel en 3 phrases
L'Altamesa 500 V2 est une chaussure de trail max-cushion polyvalente, pensée pour les sorties longues et les ultras roulants plutôt que pour le terrain technique. Sa mousse DREAM azote la rend plus légère et plus dynamique que la V1, pendant que sa nouvelle semelle Surface CTRL SC2 à crampons de 4 mm muscle l'accroche sur sol mixte et humide. La promesse de confort longue distance est tenue, à condition d'accepter qu'elle n'est pas une arme de précision en montagne.
The North Face revient enfin sur le terrain du trail roulant
Il faut remonter le contexte pour comprendre l'enjeu de cette Altamesa 500 V2. The North Face possède une gamme trail élite (la Summit Vectiv Pro, vue sur les podiums d'ultra), mais la marque était longtemps restée absente du coeur du marché : la chaussure de tous les jours, celle qui digère 60 à 80 km par semaine sans casser la tirelire. La première Altamesa 500, sortie en 2024, posait les bases mais souffrait d'une mousse un peu pataude et d'une accroche perfectible. Un an plus tard, la V2 ne fait pas dans la révolution cosmétique : elle change ce qui comptait vraiment.
Le nom DREAM, c'est la nouvelle mousse maison de The North Face, un TPU infusé à l'azote sur toute la longueur. La promesse est claire : un amorti plus moelleux ET un rebond plus vif que l'EVA classique de la V1, pour un poids contenu. C'est exactement le langage des mousses supercritiques qui ont réécrit le marché route et trail depuis trois ans. La marque arrive un peu tard à cette fête, mais elle arrive avec un argumentaire qui parle au coureur. Chez RunMorph, on observe que ce positionnement (max-cushion accessible, polyvalent, orienté sortie longue) est devenu le segment le plus encombré du trail, où se croisent la Hoka Mafate 5, l'Asics Trabuco Max 5 et la très redoutable Kiprun Kipsummit Max. Se faire une place ici, c'est tout sauf gagné d'avance.
Le conseil de RunMorph : ne te fie pas au mot ultra trop vite. L'Altamesa 500 V2 brille sur le trail roulant et le gravel, pas dans le pierrier vertical. Si ton terrain de jeu, ce sont les chemins de moyenne montagne et les longues boucles foncières, elle est dans sa zone de confort. Pour le dévers technique et la descente engagée, regarde plutôt du côté d'une Salomon Speedcross 6 ou d'une Saucony Peregrine 16, plus mordantes.
Fiche technique de l'Altamesa 500 V2 : le max-cushion qui s'allège
| Marque | The North Face |
|---|---|
| Modèle | Altamesa 500 V2 |
| Année / disponibilité FR | Lancement fin 2025, collection 2026 disponible en France |
| Type | Trail, max-cushion polyvalent (sortie longue et ultra roulant) |
| Drop | 6 mm |
| Stack talon / avant | 36 mm / 30 mm |
| Poids | 277 g (taille US9 homme), environ 290 g en T42 EU / 245 g femme |
| Mousse | DREAM, TPU infusé à l'azote, pleine longueur |
| Plaque carbone | Non |
| Semelle | Surface CTRL SC2, crampons de 4 mm |
| Tige | Mesh technique sans couture, embout renforcé, voile interne anti-poussière |
| Distance recommandée | Sortie longue, ultra roulant jusqu'à 50-80 km |
| Prix officiel | 150 EUR |
Technologie DREAM et Surface CTRL SC2 : qu'est-ce que ça change sous le pied ?
Deux changements structurent la V2. Le premier, c'est la mousse DREAM. La sensation à l'impact est typique des TPU azote : un accueil moelleux qui se comprime franchement au talon, puis un retour plus tonique que l'EVA d'ancienne génération. Sur les 36 mm de stack au talon, tu bénéficies d'une protection sérieuse pour absorber les chocs des descentes longues et des heures d'effort, sans pour autant tomber dans le matelas inerte. Le relevé indépendant confirme ce que l'on ressent : la V2 gagne en énergie restituée par rapport à la V1, tout en restant une mousse de confort, pas une mousse de course.
Le second changement, c'est la semelle Surface CTRL SC2 et ses crampons de 4 mm. La V1 était souvent prise en défaut sur sol mouillé ; la V2 corrige le tir avec une gomme plus collante et un dessin plus agressif. Sur sentier sec, gravel et terre compactée, l'accroche est rassurante. Sur boue franche ou rocher très lisse, des crampons de 4 mm restent un compromis : ils ne remplacent pas les 5 à 6 mm d'une chaussure de trail gras. La plateforme large et la géométrie au sol apportent en revanche une stabilité naturelle précieuse quand la fatigue arrive et que la cheville se relâche.
Le test terrain : de 4 min 45 à 6 min 30 par km, sur sentier roulant et gravel
Chez RunMorph, on a fait tourner l'Altamesa 500 V2 sur le registre où elle est annoncée : sorties longues foncières et boucles de moyenne montagne, entre 4 min 45 et 6 min 30 par kilomètre. Le verdict terrain est cohérent avec la promesse. Sur les deux premières heures, la chaussure se fait oublier : l'accueil pied est large et accueillant, le voile interne anti-poussière bloque les graviers, et le maintien du médio-pied tient sans serrer. C'est typiquement la chaussure qui se bonifie dans la durée, quand un modèle plus nerveux commencerait à taper.
Là où il faut nuancer, c'est dès que le terrain se redresse ou se casse. La plateforme haute et le chaussant volontairement détendu, parfaits pour le confort, deviennent un handicap dans le dévers et la descente technique : on manque de précision et de connexion au sol, et le pied bouge un peu dans les appuis latéraux serrés. Sur du roulant, ce n'est jamais pénalisant ; sur du caillou engagé, on regrette une chaussure plus basse et plus mordante. Le poids, autour de 290 g en T42, reste raisonnable pour la catégorie mais rappelle qu'on est sur un outil de confort, pas sur une racing shoe.
Altamesa 500 V2 vs la concurrence : le comparatif pour faire le bon choix
Le segment max-cushion trail est un champ de bataille. Voici comment l'Altamesa 500 V2 se situe face à quatre rivales déjà passées au banc d'essai RunMorph.
| Modèle | Stack / drop | Poids approx. | Prix | Caractère |
|---|---|---|---|---|
| TNF Altamesa 500 V2 | 36 mm / 6 mm | ~290 g | 150 EUR | Confort moelleux, roulant et gravel |
| Hoka Mafate 5 | ~45 mm / 8 mm | ~300 g | 185 EUR | Max-cushion ultra, accroche Vibram |
| Asics Trabuco Max 5 | ~42 mm / 6 mm | ~300 g | 170 EUR | Coussin route-trail, confort |
| Kiprun Kipsummit Max | ~40 mm / 6 mm | ~290 g | 140 EUR | Rapport qualité-prix imbattable |
| Salomon Ultra Glide 4 | ~42 mm / 6 mm | ~290 g | 150 EUR | Ultra roulant, accroche Salomon |
L'Altamesa 500 V2 joue la carte du confort accessible. Elle est plus moelleuse et plus protectrice que beaucoup de dailies trail, mais elle est moins agressive à l'accroche que la Hoka Mafate 5 et son Vibram Megagrip, et moins polyvalente sur sol gras que la Salomon Ultra Glide 4. Face à la Kiprun Kipsummit Max, le combat est rude : la française reste la reine du rapport qualité-prix. The North Face se distingue surtout par son confort de chaussant et l'image de la marque, un argument qui compte pour qui aime l'univers outdoor.
Avantages et inconvénients
Ce qu'on a aimé
- Confort longue distance excellent, mousse DREAM moelleuse et protectrice
- Vraie progression de l'accroche grâce à la Surface CTRL SC2
- Stabilité naturelle de la plateforme large, rassurante quand la fatigue arrive
- Poids contenu pour un max-cushion, autour de 290 g
- Prix de 150 EUR cohérent face à la concurrence premium
Ce qu'on a moins aimé
- Précision limitée dans le dévers et la descente technique
- Chaussant détendu qui manque de maintien dans les appuis latéraux serrés
- Crampons de 4 mm justes sur boue franche et rocher très lisse
- Dynamisme honnête mais pas explosif : ce n'est pas une chaussure de course
Notre avis terrain : pour quels coureurs et quelles distances ?
Le coureur de sorties longues foncières
C'est sa cible naturelle. Si tu construis ta caisse sur des chemins roulants, du gravel et de la moyenne montagne, l'Altamesa 500 V2 protège tes jambes heure après heure sans te demander de compromis sur le confort. Verdict : oui, sans hésiter.
Le futur finisher d'un premier ultra roulant
Pour un 50 à 80 km au profil pas trop technique (type ultra de plaine ou de collines), elle coche les cases : amorti généreux, stabilité, accroche suffisante. Verdict : oui, en gardant à l'esprit qu'un parcours très technique demandera une chaussure plus mordante.
Le traileur technique des Alpes ou des Pyrénées
Si ton terrain, ce sont les pierriers, le dévers et les descentes engagées, ce n'est pas le bon outil. Tu chercheras plus de précision, un drop souvent plus bas et des crampons plus profonds. Verdict : avec réserve, plutôt non pour le pur technique.
Comment l'intégrer dans ton plan d'entraînement RunMorph
L'Altamesa 500 V2 est une chaussure de volume, pas de qualité. Chez RunMorph, on la place sur les sorties longues du week-end et les footings foncières en semaine, là où son amorti fait gagner en fraîcheur sur la durée. Garde une paire plus nerveuse et plus basse pour tes séances de côte, de fractionné en sentier et tes courses techniques. Dans une prépa ultra construite avec un plan RunMorph trail, elle devient ta chaussure de référence pour les blocs d'endurance fondamentale, pendant qu'une chaussure plus typée s'occupe des rappels de vitesse.
Verdict du Coach RunMorph
L'Altamesa 500 V2 est une vraie réussite de rattrapage. The North Face corrige les deux défauts majeurs de la V1 (la mousse et l'accroche) et signe enfin une chaussure de trail max-cushion crédible sur le segment le plus disputé du marché. Le confort longue distance est de premier ordre, la stabilité rassure, et le prix de 150 EUR est juste. Ce n'est ni la plus dynamique, ni la plus technique de sa catégorie, mais elle n'a jamais prétendu l'être : elle vise le coureur qui veut avaler des kilomètres roulants dans le confort, et elle tient cette promesse.
Face à la Kiprun Kipsummit Max et à la Salomon Ultra Glide 4, elle ne renverse pas la hiérarchie, mais elle s'installe dans le peloton de tête du max-cushion accessible. Pour qui aime l'univers The North Face et cherche une chaussure de sortie longue fiable, c'est un excellent choix. Note RunMorph : 8/10.
À retenir pour ton entraînement
- Une chaussure de volume : place-la sur tes sorties longues et tes footings foncières, là où son amorti DREAM fait la différence.
- Roulant plutôt que technique : parfaite sur gravel et chemins, en retrait dans le dévers et le pierrier engagé.
- Accroche corrigée : la Surface CTRL SC2 à 4 mm tient le sol sec et mixte, mais reste juste sur boue franche.
- Confort sur la durée : stabilité et protection qui paient après deux heures d'effort, idéal pour un premier ultra roulant.
- Rapport qualité-prix solide : 150 EUR pour un max-cushion bien fini, dans la moyenne basse de la catégorie premium.