CamelBak a longtemps été la marque de la poche à eau, pas celle du gilet de course. L'Apex Pro change la donne : 12 litres, dix poches, un carquois à bâtons amovible et un réflecteur RECCO cousu dans le dos. Quatre tests réels lus en entier, un français et trois anglophones, racontent la même histoire. Un gilet très bien pensé, mais lourd pour un 12 litres et vendu au prix fort.

© CamelBak, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
CamelBak Apex Pro : le gilet ultra qui veut tout emporter
Sorti début 2024, l'Apex Pro est le modèle le plus ambitieux de CamelBak en trail. La marque l'a dessiné pour les longues distances : 12 litres de volume, un harnais en mesh 3D, quatre tailles au minimum au lieu de la taille unique habituelle de la marque. Il coûte 189,99 € au prix public, et se trouve autour de 161 € en promotion chez certains revendeurs français.
Deux ans et demi après sa sortie, il reste peu connu en France. Le seul test français détaillé vient du Comparatif du Trail. Trois tests anglophones complètent le tableau. Un test croisé américain mené par deux coureurs, d'abord. Puis un test britannique de quelques mois, environ 300 km en Écosse. Enfin une sortie de trois heures en Nouvelle-Zélande, avec le matériel obligatoire d'une course sur le dos.
Le conseil de RunMorph : si tu hésites entre l'Apex Pro et un gilet plus léger, regarde d'abord ta liste de matériel. Pour un ultra avec veste, pantalon, couverture de survie et bâtons, l'Apex Pro se justifie. Pour une course de 30 km, le CamelBak Ultra Pro Vest ou le Salomon Adv Skin 12 suffisent largement.
Pour qui est fait l'Apex Pro ?
Sortie courte d'une heure
Mauvais choix. Un des testeurs américains le dit sans détour : sur une sortie courte, le gilet est trop structuré et trop lourd. Pour courir une heure avec 500 mL d'eau, un gilet de 5 litres fera mieux pour moitié moins de grammes.
Course de 30 à 60 km
Possible, mais sous-utilisé. Les 12 litres restent à moitié vides et le poids se sent. Si ta course impose un matériel léger (coupe-vent, frontale, gobelet), un 6 à 8 litres suffit.
Ultra et grosse autonomie
C'est son terrain. Le test britannique a fait tenir une doudoune, des gants, un bonnet, de l'eau, des barres, un téléphone et un mini trépied. Le testeur néo-zélandais a chargé le matériel obligatoire d'une course sans difficulté. Sur un 100 km d'hiver ou un 100 miles, cette capacité devient un argument concret.

© CamelBak, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Confort, rebond et maintien : stable, sauf quand les sangles lâchent
Bonne nouvelle d'abord. Les quatre tests décrivent un gilet qui colle au buste. Le mesh 3D et les bretelles structurées évitent les vrilles au moment d'enfiler le sac, un défaut que l'un des testeurs américains reprochait au CamelBak Zephyr Pro. Chargé, le sac reste stable : peu de rebond, flasques qui bougent à peine même en descente.
Le testeur néo-zélandais, 105 cm de tour de poitrine en taille L, note un poids porté par les épaules plutôt que par le bas du dos. Sur trois heures d'escaliers entre Huia et Whatipu, il l'a trouvé plus agréable que son sac à dos habituel.
Le défaut, maintenant. Deux testeurs, l'un français, l'autre américain, relèvent la même chose : les sangles avant élastiques se relâchent progressivement quand le sac est plein, surtout en descente. Le testeur du Comparatif du Trail n'a trouvé qu'une parade, nouer les sangles. Pour un gilet pensé pour porter lourd, c'est un contresens. Et ce n'est pas un détail de finition : c'est précisément quand le sac pèse le plus que le maintien flanche.
Autre réserve, plus légère : le carquois à bâtons est jugé un peu trop incliné par le test français. Résultat, un léger déséquilibre et un peu plus de rebond du côté des bâtons sur certaines descentes.
Un point de taille enfin. Le gilet taille petit. Le test français conseille de prendre la taille au-dessus en cas de doute, et un testeur américain de 1,76 m pour 66 kg trouvait sa taille M juste avec une veste en plus. Si tu cours l'hiver avec des couches, monte d'une taille.
Compartiments et accessibilité : l'organisation la mieux pensée de sa catégorie
Dix poches selon le comptage du test français, au moins huit selon le test britannique. Chiffre exact mis à part, tous les testeurs louent la même chose : une organisation intuitive. À l'avant, deux grandes poches extensibles avec un séparateur interne, deux poches zippées pour le téléphone, deux poches à flasques profondes. Un des testeurs américains juge cette face avant mieux agencée et plus vaste que celle du Salomon Adv Skin 12, mais d'après photos seulement : on le prend comme une impression, pas comme une mesure.
À l'arrière, un compartiment principal zippé à séparateur, une petite poche étanche en haut, et une poche tunnel accessible des deux côtés. Cette dernière pose problème : un testeur américain avoue qu'il n'était pas assez souple pour l'atteindre facilement en courant. Range-y ce dont tu n'as besoin qu'aux ravitaillements.
Le carquois à bâtons mérite sa place dans les points forts. Amovible, montable à gauche ou à droite, il se manipule en courant d'après le test français et le test américain. Les bâtons peuvent aussi passer sous les élastiques avant. Le réflecteur RECCO complète l'équipement : il aide les secours équipés à localiser un coureur, mais ce n'est pas un traceur GPS pour ta famille, comme le rappelle le testeur français.
Seule vraie limite de rangement, la transpiration. Le testeur néo-zélandais transpire beaucoup et a retrouvé tout le sac trempé, sauf la poche étanche du téléphone. Mets tes vêtements de rechange dans un sac plastique.

© CamelBak, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Hydratation : deux flasques correctes, des bouchons à surveiller
Deux flasques Quick Stow de 500 mL sont livrées. Des cordons élastiques les retiennent pour qu'elles ne s'enfoncent pas en se vidant, et le testeur néo-zélandais n'a constaté aucun clapotis en aspirant l'air après chaque gorgée. Les poches acceptent aussi des bouteilles plus larges : un testeur américain y a glissé une Hydra Flask et des flasques Salomon longues sans rebond.
Deux réserves. Un testeur américain signale des bouchons qui peuvent tourner vers la position ouverte s'ils ne sont pas serrés à fond, et réclame un vrai clic de verrouillage. La testeuse britannique trouve un goût de plastique aux flasques. Rien de rédhibitoire, mais à 189,99 € on attend mieux.
La poche à eau, jusqu'à 2 L, n'est pas fournie. Pour un gilet signé CamelBak, l'inventeur de la poche à eau, c'est un comble. Compte une trentaine d'euros en plus si tu veux partir avec 3 litres au total.
Comparatif face à la concurrence
Face aux gilets de 12 à 15 litres déjà testés sur RunMorph, l'Apex Pro gagne sur la capacité et l'équipement, perd sur le poids.
En clair, le Salomon S/Lab Ultra 12 pèse 150 g de moins pour le même volume et 10 € de plus. Le Salomon Adv Skin 12 coûte 25 € de moins, pèse 100 g de moins, mais range moins. Le Black Diamond Distance 15 offre 3 litres de plus pour un poids voisin. L'Apex Pro garde l'avantage du RECCO et d'une face avant plus vaste. Chez le même fabricant, le CamelBak Trail Run Vest vise la randonnée rapide et le CamelBak Ultra Pro Vest la course de 6 litres.
Avantages
- 12 L de rangement très bien organisés, salués par les quatre testeurs
- Stabilité chargée, peu de rebond, flasques qui ne bougent pas
- Carquois à bâtons amovible, manipulable en courant
- Réflecteur RECCO intégré et poche étanche pour le téléphone
- Poche à eau jusqu'à 2 L en plus des 2 flasques
Inconvénients
- Sangles avant élastiques qui se relâchent sac plein (deux testeurs sur quatre)
- 340 à 353 g à vide, soit 150 g de plus qu'un S/Lab Ultra 12
- Taille petit, surtout avec des couches d'hiver
- Poche tunnel arrière difficile à atteindre en courant
- Poche à eau non fournie à 189,99 €
Quel sac pour quelle distance avec RunMorph ?
Le choix du gilet suit ta préparation. Pour un trail de moins de 40 km, un 5 à 8 litres suffit. Entre 50 et 100 km avec matériel obligatoire, un 10 à 12 litres devient logique. Au-delà, l'Apex Pro entre en jeu, surtout l'hiver.
Le plan Trail RunMorph construit tes sorties longues semaine après semaine. Profite-en pour courir chargé : au moins deux sorties longues avec le sac rempli comme le jour J. C'est là que tu verras si les sangles avant tiennent sur ta morphologie, et s'il faut les nouer comme le testeur français.

© CamelBak, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Verdict du Coach RunMorph
L'Apex Pro obtient 7,6/10. C'est un vrai gilet d'ultra, pensé pour ceux qui ont déjà couru avec un sac trop petit. Capacité, organisation et carquois à bâtons tirent la note vers le haut. Le poids, le prix et surtout ces sangles qui lâchent quand il pèse le plus la tirent vers le bas.
Notre position : si tu prépares un 100 miles ou un ultra d'hiver avec une liste de matériel lourde, il remplit son rôle mieux que la plupart des 12 litres. Si chaque gramme compte, prends le Salomon S/Lab Ultra 12. Si ton budget est serré, le Salomon Adv Skin 12 reste plus raisonnable.

© CamelBak, photo officielle utilisée à des fins éditoriales