Amazfit annonce une rupture technique le 22 septembre 2026 avec la T-Rex Dual Solar, une montre outdoor qui combine pour la première fois un écran AMOLED et deux panneaux solaires. Chez RunMorph, on a épluché les communiqués, la fiche produit officielle et les premières prises en main francophones pour démêler ce qui relève de la vraie avancée et ce qui reste à vérifier une fois la montre sur le poignet, en montagne, au froid, sous la pluie.

© Amazfit, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Amazfit T-Rex Dual Solar, positionnement
Amazfit construit la gamme T-Rex depuis plusieurs années autour d'un argument simple, celui d'une montre outdoor robuste à un tarif nettement inférieur à Garmin ou Suunto. Avec la Dual Solar, la marque change de stratégie. Le boîtier passe au titane grade 5, l'écran gagne un verre saphir et une luminosité crête de 3 000 nits, et le prix grimpe à 649,90 euros. Chez RunMorph, on observe que ce tarif place directement la montre face à la Garmin Instinct 3 Solar et à la propre gamme Cheetah 2 Ultra d'Amazfit, un territoire où la marque n'avait encore jamais mis les pieds.
L'argument central reste la double charge solaire. Un premier panneau occupe la face avant, intégré sous l'écran AMOLED, et un second panneau recouvre le dos de la montre en vitrocéramique. Amazfit annonce une autonomie de vingt-cinq jours en usage classique sans soleil, et jusqu'à cent quatre-vingts jours en mode Outdoor Extreme avec trois heures d'exposition quotidienne à 50 000 lux. Cette dernière valeur correspond à un usage très restreint des fonctions connectées, un point que RunMorph détaille plus loin dans cet article.
Le conseil de RunMorph : avant de comparer la T-Rex Dual Solar à sa devancière, relis le test complet de la T-Rex Ultra 2, qui donne un point de repère solide sur ce qu'Amazfit savait déjà faire en matière de robustesse. Si le budget compte davantage que la solaire, la Cheetah 2 Ultra reste une alternative sérieuse pour la course sur route et le trail court. Et pour juger la promesse solaire à l'aune d'une marque qui a déjà fait ses preuves sur ce terrain, le test de la Garmin Instinct 3 Solar sert de référence tout au long de cet article.

© Amazfit, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Pour qui est faite la Amazfit T-Rex Dual Solar ?
L'ultra-traileur qui redoute la panne de batterie
Sur un ultra de plus de vingt-quatre heures, la batterie devient un sujet aussi sérieux que les chaussures ou l'alimentation. Amazfit annonce quarante et une heures en mode GPS haute précision, et cinquante-sept heures avec l'apport solaire selon les conditions d'ensoleillement pendant la course. Pour un coureur qui enchaîne les courses au format UTMB ou Diagonale des Fous, cette marge en heures supplémentaires change potentiellement la donne, à condition que la lumière soit au rendez-vous sur le parcours.
Le randonneur ou l'expéditionnaire qui part loin du secteur
Le mode Outdoor Extreme vise clairement les grandes traversées, les treks de plusieurs semaines et les expéditions où aucune prise de courant n'est disponible. Amazfit revendique cent quatre-vingts jours dans ce mode, avec trois heures de soleil quotidien et un usage réduit des fonctions connectées. C'est un argument que ni Coros ni Suunto ne proposent aujourd'hui avec un écran couleur de cette qualité.
Celui qui veut de la robustesse solaire sans le budget Garmin
À 649,90 euros, la T-Rex Dual Solar reste environ deux cents euros moins chère que la Garmin Instinct 3 Solar en version 50 millimètres avec cartographie couleur équivalente. Pour un coureur qui veut un écran AMOLED plutôt que le monochrome Garmin, et de la solaire sans passer par la gamme Fenix, l'Amazfit occupe une place que personne d'autre n'occupe vraiment pour l'instant.
Précision GPS et cartographie
Amazfit annonce un GPS double fréquence compatible avec six systèmes de positionnement par satellite, une configuration technique comparable à ce que Garmin appelle le multibande sur ses modèles Instinct 3 et Fenix. Sur le papier, cette double fréquence doit améliorer la précision du tracé en milieu urbain dense, sous couvert forestier et en terrain encaissé, trois situations où le GPS simple fréquence perd régulièrement en fiabilité.
Reste que ni u-Trail ni L'Heure Passion, les deux médias francophones spécialisés qui ont pu manipuler la montre avant sa sortie, ne rapportent encore de mesure de précision en conditions réelles de trail. L'Heure Passion pose d'ailleurs la question directement dans sa prise en main, se demandant si les promesses tiendront en vraie montagne, au froid, avec un GPS sollicité en continu pendant plusieurs heures. Chez RunMorph, on partage cette prudence, un GNSS double fréquence annoncé sur une fiche technique ne garantit pas encore un tracé propre sur les lacets d'un sentier de crête.
Côté cartographie, Amazfit fournit des cartes couleur préchargées avec les réseaux routiers principaux, des cartes de courbes de niveau et des domaines skiables téléchargeables, ainsi qu'une navigation virage par virage avec recalcul automatique en cas d'écart de trajectoire. Ce niveau de cartographie embarquée rejoint ce que propose Garmin sur l'Instinct 3 Solar avec TopoActive, et dépasse largement ce que la plupart des montres Amazfit offraient jusqu'ici.
Métriques d'entraînement et suivi
La T-Rex Dual Solar embarque plus de cent quatre-vingts modes sportifs et calcule le VO2max en temps réel pour la course à pied en extérieur, le trail et la piste. Amazfit ajoute deux outils déjà vus sur la gamme Cheetah, le Training Balance qui répartit la charge entre endurance et renforcement, et le Weekly Focus qui suggère les séances à privilégier sur la semaine en cours.
Le capteur cardio BioTracker 6.0 combine cinq photodiodes et deux LED, une architecture identique à celle des derniers modèles Cheetah 2 Ultra. La saturation en oxygène du sang se mesure en continu, et non plus seulement sur demande ponctuelle, un point utile pour qui suit sa récupération en altitude ou après une sortie longue. La lampe frontale intégrée, avec une intensité annoncée à 300 lux en mode boost et une option de lumière rouge, complète l'équipement pour les sorties avant l'aube ou après la tombée de la nuit, un usage fréquent en préparation d'ultra.
Sur le papier, cet ensemble de métriques se rapproche de ce que proposent déjà la T-Rex Ultra 2 et la Cheetah 2 Ultra. La vraie question, non résolue à ce stade, porte sur la fiabilité du cardio optique pendant l'effort intense, un point que seuls des tests terrain prolongés permettront de trancher.

© Amazfit, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Autonomie réelle, la double charge solaire à l'épreuve
C'est le cœur de l'argument commercial, et c'est aussi le point qui mérite le plus de nuance. Amazfit communique plusieurs chiffres selon les sources et les modes, et il faut les lire avec attention plutôt que retenir uniquement le plus spectaculaire.
Sans aucun soleil, la montre tient vingt-cinq jours en usage classique et treize jours en usage intensif, pour une capacité de batterie de 660 mAh. En activité GPS haute précision, l'autonomie tombe à quarante et une heures. Ces chiffres seuls, sans apport solaire, restent déjà solides et comparables à ce que propose la concurrence sur ce segment de prix.
L'apport solaire change ensuite la donne selon la configuration retenue. Avec seulement le panneau avant actif, trois heures d'exposition quotidienne à 50 000 lux portent l'autonomie à trente-quatre jours. En activant également le panneau arrière en vitrocéramique, ce chiffre grimpe à cinquante et un jours selon les communications d'Amazfit relayées par u-Trail. Le mode Outdoor Extreme, qui réduit fortement les fonctions actives, permet enfin d'atteindre les cent quatre-vingts jours mis en avant dans le titre du communiqué officiel.
Or cette valeur de 50 000 lux correspond à une journée bien dégagée en plein été, pas à une sortie sous un ciel voilé de novembre ni à une progression sous couvert forestier. L'Heure Passion insiste sur ce point dans sa prise en main, rappelant que ces chiffres reposent sur des conditions précises d'exposition qui ne se retrouvent pas systématiquement sur le terrain. Un traileur qui court principalement en sous-bois, ou qui pratique en demi-saison sous nos latitudes, doit s'attendre à un gain solaire nettement inférieur aux cent quatre-vingts jours affichés en couverture des communiqués.
Chez RunMorph, on retient donc deux niveaux de lecture. Sans soleil, l'autonomie de base tient déjà la comparaison face à la concurrence directe. Avec soleil, le gain existe et peut se révéler précieux en expédition estivale ou en traversée de plusieurs semaines sous climat ensoleillé, mais le chiffre de 180 jours reste un plafond théorique obtenu dans des conditions optimales, pas une moyenne attendue en usage courant.
Avantages- Autonomie de base solide même sans apport solaire
- Écran AMOLED lumineux avec verre saphir résistant
- Boîtier en titane grade 5, GPS double fréquence, cartographie couleur complète
- Prix inférieur à la Garmin Instinct 3 Solar équivalente
Inconvénients- Prix nettement supérieur aux anciens modèles Amazfit, l'argument budget disparaît
- Aucun test terrain indépendant disponible à la sortie
- Gain solaire réel dépendant fortement de l'ensoleillement quotidien
- Précision GPS multibande pas encore mesurée par des relevés indépendants
Amazfit T-Rex Dual Solar contre Garmin Instinct 3 Solar, le comparatif
| Critère | Amazfit T-Rex Dual Solar | Garmin Instinct 3 Solar (45 mm) |
| Autonomie sans soleil | 25 jours en usage typique | 28 jours en mode montre connectée |
| Autonomie avec solaire | Jusqu'à 51 jours, 180 jours en mode Outdoor Extreme | Quasi illimitée en usage restreint selon l'exposition |
| GPS | Double fréquence, six constellations | Multibande L1+L5 avec SatIQ |
| Écran | AMOLED couleur, 1,32 pouce, 3 000 nits | MIP monochrome, 0,9 pouce, non tactile |
| Prix | 649,90 euros | 399 euros (399 à 449 euros selon la taille) |
La comparaison révèle deux philosophies distinctes. Garmin mise sur un écran monochrome économe en énergie et sur une technologie solaire déjà validée par des mesures indépendantes, avec un GPS multibande dont les tests terrain rapportent souvent une autonomie supérieure aux chiffres annoncés. Amazfit propose l'inverse, un écran couleur beaucoup plus agréable au quotidien et une cartographie complète, au prix d'une consommation de base plus élevée que doit compenser la surface solaire.
Comparatif face à la concurrence
Dans le catalogue Amazfit lui-même, la T-Rex Ultra 2 reste une option pertinente pour qui n'a pas besoin de la solaire double face et veut économiser plusieurs centaines d'euros. La Cheetah 2 Ultra partage certains capteurs avec la Dual Solar, mais cible davantage la performance pure sur route et trail court que l'autonomie longue durée.
Face à Garmin, la Instinct 3 Solar reste la référence en matière de solaire éprouvée, avec un historique de mesures indépendantes qui confirment que la technologie n'est pas un simple argument marketing. La T-Rex Dual Solar doit encore faire ses preuves sur ce terrain précis, celui de la fiabilité constatée plutôt qu'annoncée.

© Amazfit, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Comment l'intégrer dans ton plan d'entraînement RunMorph
Pour un traileur en préparation d'ultra, la T-Rex Dual Solar trouve naturellement sa place sur les sorties longues du week-end, celles où la question de l'autonomie devient concrète après six ou huit heures d'effort. Le Training Balance et le Weekly Focus s'intègrent directement aux blocs de charge proposés dans les programmes trail RunMorph, en particulier sur les cycles de préparation à une course de plus de cinquante kilomètres où la gestion de la charge hebdomadaire compte autant que le kilométrage brut. La lampe frontale intégrée facilite aussi les séances matinales ou nocturnes prévues dans les plans de spécifique montagne.
Verdict du Coach RunMorph
La T-Rex Dual Solar marque une vraie avancée technique pour Amazfit, avec un écran AMOLED de qualité, un GPS double fréquence et une autonomie de base déjà solide avant même de parler de solaire. Le mode Outdoor Extreme et ses cent quatre-vingts jours annoncés restent un argument fort pour les expéditions longues, à condition de garder à l'esprit que ce chiffre suppose un ensoleillement généreux et un usage très restreint des fonctions de la montre.
Le vrai changement se situe surtout dans le positionnement tarifaire. À 649,90 euros, Amazfit abandonne l'argument du rapport qualité prix qui faisait sa réputation, et affronte directement Garmin sur son propre terrain, celui de la solaire outdoor haut de gamme. Chez RunMorph, on attribue une note de 7,9 sur 10, une note qui reflète une fiche technique impressionnante mais qui reste prudente tant qu'aucun test terrain indépendant n'a confirmé les chiffres d'autonomie et de précision GPS en conditions réelles de trail.
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© Amazfit, photo officielle utilisée à des fins éditoriales