La fiche technique promet un drop de 10 mm et un poids contenu autour de 280 grammes, l'argument classique de la chaussure de stabilité confortable pour le footing du dimanche. Les mesures de laboratoire racontent une autre histoire : drop réel à 7,9 mm, poids mesuré à 329 grammes. RunMorph a croisé ces chiffres avec les retours de terrain pour voir ce que la Cloudflyer 5 tient vraiment.

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
On Cloudflyer 5 : une stabilité par guidage, pas par correction
On a toujours vendu la gamme Cloudflyer comme son offre stabilité, à distinguer de la Cloudsurfer neutre et de la Cloudmonster max-cushion. La 5e génération reprend ce positionnement mais change de méthode : pas de poste médial rigide à l'ancienne, mais une plateforme élargie au talon, un contrefort talon renforcé et une double densité de mousse Helion, plus ferme côté médial, plus souple côté latéral. Le laboratoire RunRepeat confirme cette approche : score stabilité de 91/100, l'un des plus hauts de son comparatif, obtenu sans poste médial classique.
Le testeur américain Matt Klein (Doctors of Running), qui avait trouvé la Cloudflyer 4 trop lourde et trop ferme pour tourner en rotation régulière, note une vraie progression sur la 5 : transition plus fluide à l'avant-pied, meilleure tige, sensation de stabilité plus nette. Il reste toutefois sur une réserve claire : le talon reste ferme, avec un biseau prononcé qui rend les appuis talon un peu rugueux, qu'il qualifie de "clunky".
Le conseil de RunMorph : si tu attaques franchement du talon et cherches avant tout du guidage sans contrainte excessive, cette fermeté au talon ne devrait pas te gêner. Si ton appui dérive vers le médio-pied ou l'avant-pied en cours de sortie, comme l'a observé un testeur indépendant sur ses propres sorties, la sensation peut devenir plus rêche à mesure que les kilomètres s'accumulent.

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Annoncé vs mesuré : l'écart qui change la perception de la chaussure
La fiche officielle et les retailers français annoncent un poids compris entre 275 et 285 grammes et un drop de 10 mm. Les mesures de laboratoire indépendantes de RunRepeat racontent une version nettement différente, elle-même recoupée par une pesée indépendante de 300 grammes réalisée par Doctors of Running sur une taille US 9.
| Donnée | Annoncé | Mesuré (RunRepeat) | Écart |
| Poids (taille homme standard) | 275 à 285 g | 329 g | + 44 à 54 g (jusqu'à + 19 %) |
| Drop | 10 mm | 7,9 mm | - 2,1 mm (- 21 %) |
| Stack talon / avant-pied | 31 / 21 mm | 33,2 / 25,3 mm | cohérent à l'avant-pied, le talon est plus proche de 33 mm que de 31 mm |
Concrètement, la Cloudflyer 5 n'est ni aussi légère ni aussi pentue que sa fiche le suggère. Un drop réel sous les 8 mm rapproche la chaussure d'un profil plus neutre en termes de transition, alors qu'elle est commercialisée comme une référence à fort drop pour les attaquants du talon. Ce double écart n'est documenté nulle part dans la communication officielle de la marque.
Pour qui est-elle faite ?
Le coureur qui attaque du talon et cherche un guidage sans contrainte
C'est le profil central visé par On. Le testeur française de 21Run, Camille Cholbi, décrit une chaussure confortable dès les premiers kilomètres, avec un amorti qui devient naturel une fois lancé, et une vraie sensation de stabilité sur les sorties longues.
Le coureur qui roule en footing et sorties longues, pas en tempo
Les scores RunRepeat sont sans ambiguïté : 83/100 en usage quotidien contre 40/100 en tempo et seulement 28/100 en course. La Cloudflyer 5 n'a pas vocation à accompagner un fractionné ou une séance au seuil.
Le coureur qui privilégie le confort chaussant à la légèreté
Tige large, bien rembourrée, languette épaisse et gussetée qui limite le resserrage des lacets : les deux tests terrain lus convergent sur un chaussant généreux et confortable, au prix d'un poids qui reste élevé pour la catégorie.
Avis croisés : ce que disent les coureurs qui l'ont vraiment testée
RunMorph a lu intégralement 3 sources indépendantes sur ce modèle exact, en plus de la fiche RunRepeat utilisée pour les mesures labo et la note globale : le test terrain français de 21Run (Camille Cholbi, sorties quotidiennes et sortie longue le lendemain d'une séance de 25 km), le test détaillé de Doctors of Running (Matt Klein, protocole course et marche, comparaison directe avec la Cloudflyer 4), et la fiche agrégée de Runnea (sous-notes chiffrées sur 10 critères).
Les trois sources convergent sur la stabilité et le confort du chaussant : 21Run parle d'une chaussure "très agréable" sur plusieurs sorties, Doctors of Running lui attribue un A- en stabilité et en ajustement, Runnea affiche une sous-note stabilité de 7/10 et amorti de 9/10. La divergence porte sur la fermeté du talon : 21Run n'en fait pas une critique explicite, quand Doctors of Running la pointe clairement comme le défaut central de la chaussure, avec une note de performance limitée à C+. RunMorph signale cette divergence plutôt que de la lisser : elle dépend vraisemblablement du type d'attaque au sol et du kilométrage de la sortie testée.
Deux défauts majeurs
Un retour d'énergie et un dynamisme sous la moyenne de la catégorie
Le chiffre est net : 48,3 % de retour d'énergie au talon mesuré par RunRepeat, contre 58,7 % en moyenne sur les daily trainers comparés. Associé à une fermeté de mousse supérieure à la moyenne (28,0 HA contre 20,1 HA), cela confirme le ressenti de Doctors of Running : un talon qui absorbe moins qu'il ne pourrait, perçu comme "clunky" sur les appuis francs. Les scores RunRepeat Tempo (40/100) et Course (28/100) traduisent la même limite : cette chaussure ne décolle pas au-delà de l'allure facile.
Un rapport prix qui ne suit pas le niveau de prestation
180 euros annoncés pour un stack modéré (33,2 mm au talon), sans mousse premium ni plaque, place la Cloudflyer 5 au-dessus du prix moyen de sa catégorie chez RunRepeat (170 dollars contre 157 dollars de moyenne). La note Valeur attribuée par Doctors of Running, B-, reflète ce décalage entre le tarif et la prestation technique, même si la stabilité et la durabilité de semelle restent solides.

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On Cloudflyer 5 vs On Cloudsurfer 2 : le comparatif interne
Les deux chaussures sortent de la même gamme On mais répondent à des besoins différents : la Cloudsurfer 2, déjà testée par RunMorph, vise la daily neutre polyvalente, quand la Cloudflyer 5 assume un positionnement stabilité.
| Critère | Cloudflyer 5 | Cloudsurfer 2 |
| Positionnement | Daily stabilité (guidage) | Daily neutre polyvalente |
| Poids mesuré | 329 g | Plus léger, profil neutre moins chargé en matière |
| Drop | 7,9 mm mesuré (10 mm annoncé) | Profil CloudTec Phase sans Speedboard |
| Usage idéal | Footing et sorties longues, attaque talon | Daily toutes allures, foulée neutre |
Pour un coureur neutre qui cherche de la polyvalence, la Cloudsurfer 2 reste la référence On chez RunMorph. Pour un profil qui a besoin d'un guidage réel au talon, la Cloudflyer 5 reste la seule option stabilité de la marque.
Face à la concurrence : Brooks Adrenaline GTS 25 et Asics Gel-Kayano 33
| Critère | On Cloudflyer 5 | Brooks Adrenaline GTS 25 | Asics Gel-Kayano 33 |
| Poids mesuré | 329 g | 295 g | Plus léger grâce à la double mousse FF Blast |
| Stabilité (méthode) | Guidage par plateforme, sans poste médial | GuideRails, guidage externe |
| Prix annoncé | 180 euros | 160 euros | Positionnement premium équivalent |
| Dynamisme | Faible (score RunRepeat Tempo 40/100) | Correct pour une stabilité confort | Rehaussé par la double mousse FF Blast |
À 295 g mesurés pour 160 euros, la Brooks Adrenaline GTS 25 fait mieux sur le rapport poids-prix. Pour un budget plus élevé mais un dynamisme nettement supérieur, l'Asics Gel-Kayano 33 reste la référence stabilité premium du catalogue RunMorph.
Coût au kilomètre
Sur la base du prix annoncé (180 euros) et d'une durée de vie estimée de 500 à 550 km pour une daily stabilité à ce niveau de gamme (estimation raisonnée, non mesurée sur la totalité d'une paire par les sources lues), le coût au kilomètre tourne autour de 0,33 à 0,36 euro. C'est nettement au-dessus du Kiprun Cushion 500 (0,07 euro/km) et au-dessus de la Brooks Ghost 18 (0,19 euro/km), deux dailies déjà testées par RunMorph, ce qui confirme le décalage prix identifié plus haut.

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Comment elle s'intègre à ton plan d'entraînement RunMorph
La Cloudflyer 5 trouve sa place sur les footings faciles et les sorties longues du dimanche, là où la stabilité et le confort chaussant comptent plus que la réactivité. Dans un plan structuré, elle n'est pas pensée pour les séances de tempo ou de fractionné, où son score RunRepeat chute franchement. Pour organiser tes allures sur l'ensemble d'un cycle et savoir quand sortir une paire plus dynamique, les plans d'entraînement RunMorph détaillent zone par zone les séances où une daily stabilité comme celle-ci a sa place.
Verdict du coach RunMorph
La On Cloudflyer 5 tient une vraie promesse de stabilité par guidage, confirmée aussi bien par le laboratoire RunRepeat que par les retours de terrain lus pour cet article. Mais deux écarts pèsent sur le verdict : un poids mesuré loin de l'annoncé, et un dynamisme qui plafonne tôt, cohérent avec un retour d'énergie sous la moyenne de sa catégorie. Ajouté à un prix élevé pour le niveau de prestation, cela la réserve à un usage ciblé : footing et sorties longues pour coureurs qui attaquent du talon. 7,8/10 : la note récompense la stabilité et la durabilité, pas le dynamisme ni le rapport prix.
L'essentiel pour ton entraînement
- Vérifie le drop réel avant d'adapter ta foulée : 7,9 mm mesurés contre 10 mm annoncés, un écart qui change la sensation de transition.
- Prévois un poids réel plus élevé : 329 g mesurés, loin des 275-285 g annoncés par la marque et les revendeurs.
- Réserve-la au footing et aux sorties longues : les scores RunRepeat Tempo (40/100) et Course (28/100) la disqualifient pour les séances rapides.
- Profite du chaussant large : confort salué par deux testeurs indépendants, pointure habituelle recommandée.
- Compare le prix avant d'acheter : à 180 euros annoncés, la Brooks Adrenaline GTS 25 offre un meilleur rapport poids-prix pour un usage équivalent.

© On, photo officielle utilisée à des fins éditoriales