Samsung ne se contente plus de jouer les seconds rôles face à Apple et Garmin dans l'univers des montres sportives. Avec la Galaxy Watch Ultra, le leader mondial des smartphones sort enfin une montre capable de s'attaquer aux sommets. Titane, verre saphir, GPS dual-band, autonomie élargie et un arsenal de capteurs inspirés de la médecine préventive : promesse tenue ou montre de façade ?

Samsung Galaxy Watch Ultra, coloris Titanium Blue avec bracelet Marine. Samsung, photo officielle utilisée à des fins éditoriales.
Samsung Galaxy Watch Ultra : quand le leader des smartphones s'attaque au sport extrême
Le marché des montres GPS sportives était jusqu'ici un duel Garmin contre Apple, avec Polar et Suunto en outsiders. Samsung, pourtant numéro 1 mondial des smartphones, peinait à imposer sa Galaxy Watch comme un outil sérieux pour les coureurs exigeants. La Galaxy Watch Ultra change la donne.
Présentée en juillet 2025, cette montre abandonne le rond classique des Galaxy Watch pour un format "squircle" (carré aux angles arrondis) de 47 mm qui évoque délibérément l'Apple Watch Ultra. Le boîtier en titane Grade 4, le verre saphir et la certification MIL-STD-810H envoient un message clair : Samsung veut jouer dans la cour des grands.
Chez RunMorph, on a mis la montre à l'épreuve sur une semaine de tests allant de 4'30/km à 6'30/km, fractionné inclus, avec des sorties trail de 15 à 25 km. Voici ce qu'on en retient.
Technologie BioActive : qu'est-ce que ça change au poignet ?
Le capteur BioActive de Samsung est le cœur de cette montre. Il intègre trois fonctions dans un seul module : fréquence cardiaque optique, SpO2 et bioimpédance électrique. Cette dernière permet des mesures uniques sur le marché des montres connectées.
L'indice AGEs (Advanced Glycation End-products) est la nouveauté la plus tape-à-l'œil. Ce marqueur, habituellement mesuré en laboratoire par spectroscopie, est estimé ici par bioimpédance durant le sommeil. Samsung ne prétend pas à un usage médical, mais le suivi longitudinal de cet indice peut refléter l'impact de ton alimentation et de ta récupération sur ton métabolisme. Pour un coureur qui optimise chaque variable de sa préparation, c'est une donnée intéressante à long terme.
La charge vasculaire, elle, évalue la sollicitation de ton système cardiovasculaire au repos et pendant l'effort. Combinée au suivi du sommeil et au score énergétique de Galaxy AI, elle offre une vision plus holistique de ta récupération que la simple moyenne de fréquence cardiaque au repos.
Mais attention : la mesure de pression artérielle et l'ECG ne fonctionnent qu'avec un smartphone Samsung. C'est la première limitation majeure de l'écosystème.
Précision GPS et cartographie : à la hauteur de Garmin ?
Le GPS dual-frequency (L1 + L5) est là où Samsung rattrape son retard. En test sur sentiers boisés et en milieu urbain dense, les traces sont nettement plus propres que sur les anciennes Galaxy Watch. Les écarts constatés sur des boucles de 5 km en forêt restent inférieurs à 1-2%, ce qui place la montre dans la fourchette haute du marché, à égalité avec la Garmin Fenix 8 et la Suunto Vertical 2.
La cartographie hors ligne bénéficie des 64 Go de stockage, le double de la précédente génération. Tu peux charger des cartes topographiques détaillées pour plusieurs régions sans craindre de manquer d'espace. La fonction Track Back, héritée des montres outdoor, te ramène à ton point de départ en toute sécurité, même sans signal réseau.
Le mode nuit, qui passe l'écran en rouge, est une belle idée pour les sorties nocturnes en trail : il préserve ta vision périphérique tout en gardant les données visibles. Une fonction que Garmin propose depuis longtemps, mais que Samsung exécute avec élégance.
Le test terrain : autonomie, confort et lisibilité
Testée sur une semaine avec une quarantaine de kilomètres cumulés (footing, fractionné et sortie trail de 18 km), la Galaxy Watch Ultra s'en sort bien, avec des nuances.
L'écran AMOLED de 3000 nits est spectaculaire. En plein soleil estival, la lisibilité est impeccable, nettement supérieure à celle des écrans transflectifs de Suunto. Les complications du cadran restent lisibles au coup d'œil, même en courant à 4'30/km.
L'autonomie, en revanche, est le point faible relatif. En usage sportif quotidien avec GPS activé 4-5 fois par semaine, compte 2 à 2,5 jours entre deux charges. C'est mieux qu'une Apple Watch Ultra 2, mais loin des 5-7 jours d'une Garmin Forerunner 965 ou des 10+ jours d'une COROS Vertix 2S. La charge rapide (environ 60 minutes) compense partiellement, mais les ultra-coureurs devront prévoir un power bank sur les courses de plus de 24 heures.
Le confort au poignet divise. À 60,5 g et 47 mm de diamètre, la montre est imposante. Les poignets fins la trouveront massive, surtout la nuit. Les bracelets propriétaires (Marine, Trail, PeakForm) sont de qualité, mais l'incompatibilité avec les anciens bracelets Galaxy Watch frustre les possesseurs d'anciens modèles.
Le conseil de RunMorph : si tu hésites entre la Galaxy Watch Ultra et une montre Garmin, pose-toi cette question : utilises-tu un smartphone Samsung ? Si oui, la Galaxy Watch Ultra s'intègre parfaitement (mesure de pression, ECG, Galaxy AI). Si non, une Garmin offre un écosystème plus ouvert et une autonomie supérieure.
Samsung Galaxy Watch Ultra vs Garmin Fenix 8 : le comparatif pour trancher
| Critère | Samsung Galaxy Watch Ultra | Garmin Fenix 8 |
| Écran | AMOLED 1,5", 3000 nits | AMOLED 1,4", 1000 nits |
| Autonomie GPS | ~48 h | ~96 h |
| GPS | Dual-band L1+L5 | Multi-band L1+L5 |
| Capteurs santé | BioActive (AGEs, charge vasculaire) | FC, SpO2, HRV, ECG |
| Cartographie | Offline, 64 Go | TopoActive, 32 Go |
| Écosystème | Android + Samsung optimisé | Multi-plateforme |
| Prix | 599 - 749 € | 899 - 1099 € |
Le choix entre les deux dépend de ton usage. La Galaxy Watch Ultra gagne sur l'écran, les métriques santé innovantes et le prix (par rapport à la Fenix 8). La Fenix 8 reste supérieure en autonomie, en écosystème d'entraînement et en compatibilité multi-plateforme. Pour un triathlète qui fait des ultras, Garmin reste le choix de la prudence. Pour un coureur urbain et traileur amateur souhaitant une montre connectée complète, Samsung propose un rapport qualité-prix intéressant.
Pour quel coureur est faite la Galaxy Watch Ultra ?
Trois profils se détachent comme les utilisateurs idéaux de cette montre.
Le coureur Android polyvalent
Tu cours 3 à 4 fois par semaine, en ville et en trail, et tu veux une montre qui soit aussi belle au bureau que performante sur les sentiers. L'écran AMOLED, les notifications intelligentes et le design premium répondent à ce besoin.
L'adepte du suivi santé
Tu suis déjà ton sommeil, ta récupération et tu t'intéresses aux nouvelles métriques comme l'indice AGEs ou la charge vasculaire. Samsung Galaxy AI synthétise ces données en recommandations actionnables, sans nécessiter un abonnement payant.
Le traileur de week-end
Tu fais des sorties de 15 à 30 km le week-end, parfois en nocturne. Le GPS dual-band, la cartographie offline et le mode nuit te couvrent. Par contre, pour un ultra de 50 km ou plus, l'autonomie sera juste.
Comment intégrer la Galaxy Watch Ultra dans ton plan d'entraînement RunMorph
La Galaxy Watch Ultra excelle dans le suivi quotidien : Training Readiness, score énergétique et analyse du sommeil t'aident à calibrer ton intensité de course. Couplée à l'application RunMorph, tu peux suivre ta planification d'entraînement sur la montre tout en bénéficiant des métriques de récupération avancées de Samsung.
Chez RunMorph, on recommande d'utiliser la montre pour les trois piliers de ta préparation :
- Récupération : le suivi du sommeil et le score énergétique t'aident à ajuster ta charge d'entraînement semaine après semaine.
- Séances qualité : le GPS dual-band et la fréquence cardiaque précise te permettent de respecter tes zones d'allure sur fractionné et tempo.
- Sorties longues : la cartographie offline et Track Back sécurisent tes explorations trail, même hors réseau.
👉 Découvre les plans d'entraînement RunMorph adaptés à ton niveau et à tes objectifs.
Verdict du Coach RunMorph
La Samsung Galaxy Watch Ultra est une réussite. Samsung a enfin compris ce que les coureurs exigeants attendent d'une montre sportive premium : écran lumineux, capteurs précis, construction robuste et écosystème intelligent. L'indice AGEs et la charge vasculaire apportent des données réellement nouvelles, pas du marketing creux.
Le principal frein reste l'autonomie. Deux à trois jours, c'est suffisant pour un usage quotidien mais juste pour les aventures de plusieurs jours. Et le verrouillage de certaines fonctions santé aux smartphones Samsung pénalise les utilisateurs d'autres marques Android.
À 599 à 749 euros selon les versions, la Galaxy Watch Ultra se positionne comme une alternative crédible à l'Apple Watch Ultra 2 pour les utilisateurs Android, et comme une montre plus abordable que la Garmin Fenix 8, avec des compromis sur l'autonomie et l'écosystème sportif.
Note RunMorph : 8/10. Une très bonne montre GPS qui manque d'autonomie pour viser l'excellence.