✓Dynamisme salué par les trois tests lus, grâce au duo N+Foam et plaque Diapason+
✓Bonne accroche sur rocher sec et terrain dur
✓282 g, un poids cohérent avec le segment trail technique léger
✗Chaussant étroit, incompatible avec une semelle orthopédique selon un testeur
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Rossignol a passé un siècle à fabriquer des skis avant de s'attaquer au trail. Dévoilée à l'UTMB en août 2024 puis commercialisée au printemps 2025, la Vezor est la première chaussure de trail de la marque, pensée pour les sentiers techniques et pas pour la route. Trois tests français l'ont chaussée sur plusieurs mois : voici ce qu'ils en retiennent, sans filtre marketing.
La Vezor marque l'entrée de Rossignol dans le trail technique, après trois ans de développement et une présentation à l'UTMB. Sa mousse N+Foam et sa plaque Diapason+ lui donnent un dynamisme que saluent trois tests français lus en entier. Mais son chaussant étroit et son accroche jugée inégale sur sol mouillé réduisent son terrain de jeu. À 180 euros, souvent soldée bien en dessous chez certains revendeurs, c'est une bonne chaussure de trail technique à condition d'avoir le pied étroit et de rester loin de la boue.
7,1
/ 10 · Note globale RunMorph
Amorti
7,5 / 10
Dynamisme
8,5 / 10
Accroche
6,5 / 10
Chaussant
6 / 10
Rapport prix
6,5 / 10
Pour qui ?Pied étroit à standard, trails rocailleux secs sur 50 à 70 km, coureur qui aime sentir le terrain.
Pas pour qui ?Pied large, entraînement régulier sous la pluie ou sur boue, ultras au-delà de 70 km.
Rossignol et le trail : une diversification sous surveillance
Rossignol vend des skis depuis 1907. Le trail est un pari récent : la marque a dévoilé la Vezor à Chamonix, pendant la semaine de l'UTMB 2024, après avoir annoncé trois ans de recherche en amont. Le lancement s'est fait en même temps qu'une deuxième paire, la Vercors, déjà testée sur RunMorph et plus orientée longue distance.
Le pari d'un fabricant de ski qui se lance dans le trail n'a rien d'évident. Salomon l'a réussi en s'appuyant sur des décennies de chaussage montagne. Rossignol part avec une image de marque solide auprès des skieurs, mais sans historique running. La Vezor doit donc convaincre sur ses propres mérites, pas sur une réputation déjà acquise dans la course à pied. Chez RunMorph, on a lu en entier trois tests français publiés sur le modèle exact pour vérifier si le pari tient la route.
Fiche technique de la Vezor
Marque
Rossignol
Modèle
Vezor
Sortie
Dévoilée en août 2024, commercialisée au printemps 2025
Type
Trail technique, courses courtes à moyennes
Drop
6 mm
Stack talon / avant-pied (homme)
29 à 30 mm / 23 à 24 mm selon la source (deux tests français donnent des chiffres légèrement différents)
Stack talon / avant-pied (femme)
28 mm / 22 mm
Poids (homme)
282 g, chiffre confirmé par les trois tests lus
Poids (femme)
231 g
Mousse
N+Foam (injection d'azote) en couche supérieure, EVA classique en couche inférieure
Plaque
Diapason+, insert composite non carbone, légèrement ondulé
Semelle extérieure
Gomme Michelin Formula, crampons chevrons de 4 mm
Tige
Mesh dense trois couches, filtre anti-débris, renfort TPU avant-pied
Distance recommandée
Courses courtes à moyennes, jusqu'à 50 à 70 km pour un coureur léger
Prix officiel
180 euros, régulièrement soldée jusqu'à 127,90 euros chez certains revendeurs
N+Foam et plaque Diapason+ : qu'est-ce que ça change sous le pied ?
La semelle intermédiaire empile deux mousses de densité différente. En surface, la N+Foam injectée à l'azote vise le rebond ; en dessous, une EVA plus classique assure la base d'amorti et la protection. Entre les deux, la plaque Diapason+ n'est pas du carbone : c'est un insert composite légèrement incurvé qui ajoute de la stabilité en torsion et atténue les chocs des pierres pointues. Elle n'a toutefois pas la rigidité propulsive d'une plaque carbone de chaussure de course.
Résultat concret selon les trois tests lus : un rebond que les testeurs décrivent comme réactif dès les premiers appuis, utile sur terrain roulant et les relances courtes. L'amorti pur, cela dit, reste pensé pour des efforts courts à moyens. Au-delà d'une certaine durée ou sur du bitume, le ressenti devient plus dur, ce qui correspond au positionnement assumé par Rossignol, qui ne présente pas la Vezor comme une chaussure de longue distance.
Le test terrain : ce que disent les avis croisés
Trois tests français ont été lus en entier pour cet article. Outside a chaussé la Vezor six mois durant avant de publier son avis en mars 2025. Le Comparatif du Trail a publié le sien en avril 2025, et Outzer dans le cadre d'un test privé en juillet 2026.
Outside décrit un chaussant sécurisant, le pied reste bien en place, et une accroche jugée bonne sur sol sec, mouillé, boueux et même gelé. Le Comparatif du Trail nuance fortement ce dernier point : bonne adhérence sur rocher sec et mouillé lisse, mais nettement plus faible sur la boue et les sols mouillés et gras. S'y ajoutent une légère instabilité latérale au talon et une tendance à basculer sous le pied en terrain technique. Outzer n'a testé que sur sec et rocailleux, sans avis sur la boue.
Pourquoi un tel écart sur l'accroche ? Le test d'Outside a couvert six mois, hiver compris, avec des sorties sur sol gelé ou humide mais pas forcément boueux au sens trail alpin. Le Comparatif du Trail semble avoir spécifiquement cherché la boue grasse, terrain où le dessin Michelin à 4 mm de crampons montre ses limites face à des semelles plus agressives comme le Vibram Megagrip. Chez RunMorph, la lecture est simple : sur rocher et sol dur, l'accroche tient la route. Dès que le terrain devient gras, mieux vaut s'attendre à glisser davantage qu'avec une semelle à crampons plus profonds.
Le chaussant fait l'accord inverse : étroit chez les trois testeurs. Outzer n'a même pas réussi à glisser une semelle orthopédique dans la chaussure, y compris après avoir retiré la semelle d'origine. La languette fine et non extensible demande un réglage attentif au laçage, confirmé par deux des trois sources. Côté durabilité, Outzer signale un début de marquage visible sur la mousse intermédiaire avant 200 km, un signal à surveiller plutôt qu'un verdict définitif puisque le testeur précise lui-même qu'il faut plus de recul.
Rossignol Vezor vs Rossignol Vercors : laquelle choisir dans la gamme ?
Les deux paires sont nées le même jour chez Rossignol, mais visent deux usages distincts. La Vercors, déjà testée sur RunMorph, cible la longue distance avec sa mousse PEBA E+Foam et ses 32 mm de stack au talon. La Vezor reste plus légère et plus technique, pensée pour des efforts plus courts sur terrain accidenté.
Critère
Vezor
Vercors
Poids
282 g
290 g
Stack talon
29 à 30 mm
32 mm
Mousse
N+Foam + EVA
E+Foam (PEBA)
Usage recommandé
50 à 70 km, terrain technique
Au-delà de 60 km, ultra
Prix officiel
180 euros
160 euros
Pour un format court et technique où l'agilité prime, la Vezor reste le bon choix dans la gamme. Pour viser un ultra, mieux vaut regarder du côté de la Rossignol Vercors, dont la mousse PEBA et le stack plus généreux sont pensés pour la durée.
Rossignol Vezor vs Salomon S/Lab Pulsar 4 : le comparatif
La Salomon S/Lab Pulsar 4, déjà testée sur RunMorph, appartient à la même famille de chaussures de trail technique légères. Les deux partagent un drop de 6 mm et une vocation course courte à intermédiaire, mais leur philosophie diffère.
Critère
Rossignol Vezor
Salomon S/Lab Pulsar 4
Poids
282 g
250 g annoncés (247 g mesurés)
Drop
6 mm
6 mm annoncés (7,1 mm mesurés)
Accroche
Bonne sur sec, inégale sur boue selon les sources
Crampons All-Terrain Contagrip, 3,5 mm
Prix officiel
180 euros
220 euros
La lecture simple : la Pulsar 4 est plus légère sur le papier et vient d'une marque avec une longue histoire du trail technique. Elle coûte toutefois 40 euros de plus, et son dynamisme a déçu en mesure de laboratoire. La Salomon S/Lab Pulsar 4 convient à qui privilégie la stabilité avant tout. La Vezor, elle, mise sur un rebond plus marqué pour un budget plus contenu, au prix d'un chaussant plus exigeant à régler.
Avantages et inconvénients
Avantages
Dynamisme salué par les trois tests lus, grâce au duo N+Foam et plaque Diapason+
Bonne accroche sur rocher sec et terrain dur
282 g, un poids cohérent avec le segment trail technique léger
Semelle intérieure amovible pour ajuster l'amorti
Protection avant-pied efficace face aux pierres, grâce au renfort TPU
Inconvénients
Chaussant étroit, incompatible avec une semelle orthopédique selon un testeur
Accroche qui divise sur boue et sol mouillé et gras
Languette fine et non extensible, réglage du laçage à soigner
Premiers signes de marquage de la mousse constatés avant 200 km par un testeur
Comment intégrer la Vezor dans ton plan d'entraînement RunMorph
La Vezor trouve sa place sur les sorties techniques courtes à moyennes d'une préparation trail : relances sur sentier roulant, portions rocailleuses, côtes courtes où l'agilité compte plus que le matelassage. Ce n'est cependant pas la paire à emmener sur une sortie longue de plusieurs heures sous la pluie, ni sur un ultra au-delà de 70 km.
Pour structurer tes sorties techniques et progresser vers ton objectif, le plan d'entraînement trail RunMorph cale les bonnes séances au bon moment. Travail de l'appui sur terrain accidenté, préparation d'une course de 50 à 70 km : chaque phase a sa place.
Un dernier point de vigilance : si tes sorties se déroulent souvent sous la pluie ou sur des sentiers boueux, mieux vaut regarder ailleurs. Une paire à crampons plus profonds comme la Salomon Speedcross 6 fera davantage ses preuves sur ce terrain précis.
Verdict du Coach RunMorph
La Vezor tient sa promesse sur un terrain de jeu précis : trails rocailleux secs, formats courts à moyens, coureur au pied étroit qui aime sentir le relief sous le pied. Le duo N+Foam et plaque Diapason+ fonctionne, les trois tests lus s'accordent sur ce point. Mais la chaussure se heurte à deux limites nettes : un chaussant qui exclut d'emblée les pieds larges, et une accroche qui perd en fiabilité dès que le terrain devient gras.
Pour une première paire de trail signée Rossignol, le résultat est honorable. Ce n'est pas encore une référence absolue de la catégorie, et le prix plein de 180 euros, souvent cassé en solde, interroge sur la stratégie à long terme de la marque sur ce segment. Note RunMorph : 7,1/10.
À retenir pour ton entraînement
282 g : un poids dans la norme du trail technique léger, confirmé par les trois tests français lus pour cet article.
6 mm de drop pour 29 à 30 mm de stack au talon selon la source consultée, un écart à connaître avant d'acheter en ligne sans essayer.
Accroche à vérifier sur boue : fiable sur rocher sec, plus hésitante sur sol gras selon un test français, à garder en tête si tes sorties sont pluvieuses.
Chaussant étroit : prévois un essayage ou une demi-pointure au-dessus si ton pied est large.
180 euros, mais régulièrement trouvée autour de 130 euros chez certains revendeurs : vérifie les soldes avant d'acheter au prix plein.
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