Sortie fin 2022, la Adizero Adios Pro 3 n'est plus le modèle phare d'Adidas depuis l'arrivée de la Pro 4. Mais elle reste disponible en déstockage à un prix largement inférieur à son tarif d'origine de 250 euros, et les tests indépendants menés à l'époque restent unanimes sur un point : c'est l'une des chaussures à plaque carbone les plus abouties jamais produites par la marque aux trois bandes. Vaut-elle encore le coup en 2026 ?
L'essentiel en 3 phrases
La Adios Pro 3 est une chaussure de compétition à plaque carbone (Energy Rods 2.0) et double couche de mousse Lightstrike Pro, sortie en 2022 et pensée pour le 5 km jusqu'au marathon. Elle a résolu le principal défaut de la version précédente, l'instabilité, grâce à une semelle élargie, tout en conservant un dynamisme et un confort qui restent une référence. Elle vise le coureur qui cherche une paire de compétition solide à prix réduit, plutôt que le tout dernier modèle au tarif plein.
Adidas Adizero Adios Pro 3 : la génération qui a corrigé le principal défaut de la gamme
Quand Adidas lance la Adios Pro 3 fin 2022, la marque doit répondre à une critique récurrente sur la version 2 : une instabilité perceptible, surtout dans les virages et à l'arrêt. La réponse passe par un élargissement des parties avant et arrière de la semelle extérieure, une refonte des Energy Rods et des découpes en coin dans la mousse inspirées de la Adizero Takumi Sen 8. Le résultat convainc immédiatement les testeurs indépendants : la stabilité, point faible historique de la lignée, devient un point correct, sans être exceptionnelle.
Aujourd'hui, la Pro 3 a cédé sa place de modèle phare à la Adizero Adios Pro 4, plus légère et encore plus dynamique. Mais la Pro 3 reste une chaussure de compétition sérieuse, trouvable en déstockage à des prix qui n'ont plus rien à voir avec ses 250 euros de lancement.
Le conseil de RunMorph : si le budget compte plus que la dernière technologie en date, la Adios Pro 3 en fin de série reste un excellent compromis face à une Adios Pro 4 à prix plein. L'écart de performance réel entre les deux générations est plus faible que l'écart de prix.

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Données techniques objectives
| Marque | Adidas |
| Modèle | Adizero Adios Pro 3 |
| Sortie | Fin 2022 |
| Type | Route, compétition |
| Drop | 6,5 mm |
| Stack avant / arrière | 33 mm / 39,5 mm |
| Poids (homme, taille 42-43) | 211 à 217 g selon pointure |
| Mousse | Lightstrike Pro (double couche) |
| Plaque carbone | Oui, tiges Energy Rods 2.0 |
| Semelle | Continental |
| Tige | Mesh technique aéré |
| Distance recommandée | 5 km au marathon |
| Prix | 250 € au lancement, trouvable dès 135 à 180 € en déstockage |
Technologie Energy Rods 2.0 : la correction de trajectoire d'Adidas
Le principe reste celui de toute la gamme Adios Pro : des tiges de carbone en forme de bretzel, positionnées parallèlement aux métatarses, encadrées par deux couches de mousse Lightstrike Pro. Sur la Pro 3, ces tiges ont été rassemblées dans une structure plus rigide et mieux intégrée à la géométrie de la semelle. Le drop de 6,5 mm, légèrement plus marqué que sur la Pro 4, donne une sensation de bascule vers l'avant plus franche dès les premières foulées rapides.
La vraie nouveauté de cette génération se joue sous le pied plutôt que dans la plaque : l'élargissement de la base d'appui, avant et arrière, change concrètement le comportement de la chaussure en dynamique. Les découpes en coin dans la mousse, reprises du modèle de sprint Takumi Sen 8, améliorent la flexibilité en phase de propulsion sans sacrifier la rigidité nécessaire au retour d'énergie.

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Pour qui est faite la Adizero Adios Pro 3 ?
Le coureur qui veut une carbone premium sans payer le plein tarif
C'est le profil le plus évident aujourd'hui. En déstockage, la Pro 3 offre l'essentiel de ce que propose une chaussure de compétition moderne (amorti épais, plaque carbone, dynamisme élevé) pour une fraction du prix d'un modèle tout juste lancé.
Le coureur de semi et marathon en quête de stabilité
Contrairement aux versions précédentes de la gamme, la Pro 3 encaisse bien les longues distances. Plusieurs testeurs rapportent un maintien du pied et une stabilité qui tiennent sur 30 km sans dégradation notable des sensations.
Le débutant en quête de sa première paire
Ce n'est toujours pas le bon choix. Même corrigée, la stabilité d'une chaussure à plaque carbone comme celle-ci demande une technique de course déjà acquise. Mieux vaut se tourner vers une paire d'entraînement type Nike Pegasus 42 avant d'envisager une compétition carbone.
Le test terrain : ce que confirment les essais indépendants
Les tests indépendants menés lors de la sortie du modèle convergent sur plusieurs points concrets. Un essai mené sur trois séances de seuil (3x10 minutes, puis 12/10/8 minutes), une compétition sur 10 km et une sortie longue active de 1h20 attribue des notes de 10/10 en confort et en dynamisme, 9/10 en amorti (avec la remarque que la mousse pourrait être encore un peu moins ferme), et 8/10 en maintien comme en stabilité, avec la précision qu'aucun problème sérieux n'a été rencontré, y compris dans les virages serrés. Un autre testeur, ayant chaussé le modèle sur une sortie longue de 30 km, confirme que le pied reste bien en place et que la chaussure fournit un soutien fiable même en fin de séance, la stabilité s'étant nettement améliorée par rapport à la version 2.
Sur la question du poids, la balance donne des résultats légèrement supérieurs à la fiche officielle selon les pointures testées : autour de 211 à 217 g en taille 42-43, contre 195 g annoncés par la marque sur certaines communications. Ce n'est pas anodin pour une chaussure vendue sur l'argument de la légèreté, même si l'écart reste dans la moyenne des mesures indépendantes sur ce type de produit.
Sur la comparaison avec la concurrence directe de l'époque, le consensus des essais terrain place la Pro 3 au niveau de la Nike Alphafly, avec une nuance : la propulsion de l'Alphafly est jugée plus accentuée et moins naturelle, quand la Pro 3 propose une foulée plus fluide qui s'adapte mieux aux allures plus lentes que l'allure de course pure, avec une durabilité jugée supérieure sur la durée.

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Adios Pro 3 vs Adios Pro 4 : le comparatif pour faire le bon choix
| Modèle | Poids | Drop | Prix | Positionnement |
|---|---|---|---|---|
| Adidas Adizero Adios Pro 3 | 211-217 g | 6,5 mm | 135-180 € en déstockage | Excellent rapport perf/prix, disponibilité limitée |
| Adidas Adizero Adios Pro 4 | 193-200 g | 6 mm | 250 € | Plus légère, plus dynamique, chaussant plus exigeant |
| Saucony Endorphin Pro 5 | 200 g | 8 mm | 240 € | Plus polyvalente au quotidien |
| Nike Vaporfly 4 | 195 g | 8 mm | 250 € | Propulsion plus marquée, moins progressive |
Face à la Adios Pro 4, la différence tient surtout au poids (environ 15 à 20 g de moins sur la v4) et à une géométrie de rocker plus agressive sur la version récente. En sensations pures de confort et de stabilité, l'écart est plus faible que ne le laisse penser la différence de prix, ce qui rend la Pro 3 particulièrement pertinente pour un coureur qui découvre les chaussures à plaque carbone sans vouloir investir 250 euros d'entrée de jeu.
Avantages
- Stabilité nettement améliorée par rapport à la version 2, point faible historique corrigé
- Confort et dynamisme jugés excellents par l'ensemble des testeurs indépendants
- Prix largement réduit en déstockage face à des performances qui restent d'actualité
- Bonne tenue sur les longues distances, y compris au-delà de 30 km
Inconvénients
- Modèle discontinué chez Adidas, stock limité et tailles parfois manquantes
- Poids réel mesuré supérieur à certaines communications de la marque
- Amorti jugé encore perfectible par les testeurs les plus exigeants
- Technologie dépassée sur certains points par la Pro 4, plus légère

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Comment intégrer la Adios Pro 3 dans ton plan d'entraînement RunMorph
Comme toute chaussure de compétition à plaque carbone, la Adios Pro 3 se réserve pour le jour de course et pour quelques séances clés à allure cible dans les semaines qui précèdent. Le reste de ton volume hebdomadaire doit rester sur une paire d'entraînement classique, pour préserver la durée de vie de la mousse et éviter de solliciter ton corps sur une chaussure aussi typée à chaque sortie.
Dans ton plan d'entraînement RunMorph, précise que tu possèdes une paire carbone en fin de série : le programme peut alors caler tes séances à allure marathon ou semi sur cette paire, pour arriver le jour de la course avec des sensations déjà connues.
Verdict du Coach RunMorph
La Adios Pro 3 a bien vieilli. Ce n'est plus la référence de la gamme Adizero, la Pro 4 fait mieux sur le papier comme sur le terrain, mais l'écart réel reste modeste au regard de l'écart de prix une fois le modèle trouvé en déstockage. La stabilité, longtemps le point faible de la lignée Adios Pro, est devenue correcte sans être irréprochable : ce n'est pas la chaussure la plus rassurante en virage serré à haute vitesse, mais elle ne pose pas de problème en ligne droite, y compris sur de longues distances. Pour un coureur qui veut entrer dans le monde des chaussures carbone sans payer le prix fort, c'est un choix solide. Pour celui qui veut la meilleure technologie disponible, la Adios Pro 4 reste la référence actuelle.
Note RunMorph : 8,2/10
À retenir pour ton entraînement
- Cherche-la en déstockage : le rapport performance/prix est excellent une fois le tarif de lancement oublié
- Réserve-la à la compétition : ce n'est pas une paire d'entraînement quotidien malgré sa durabilité correcte
- Vérifie la disponibilité de ta pointure : le modèle étant discontinué, le choix de tailles se réduit avec le temps
- Ne compte pas sur une stabilité irréprochable : reste prudent dans les virages serrés à haute vitesse
- Compare-la à la Pro 4 avant achat : si le budget le permet, l'écart de performance justifie parfois le surcoût



