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18 août 2026

Adidas Adizero Adios Pro 4 : le test complet RunMorph

9,3/10
Adidas Adizero Adios Pro 4 : le test complet RunMorph
  • Retour d'énergie mesuré à 80,4 %, la meilleure valeur jamais enregistrée en laboratoire indépendant sur plus de 385 modèles testés
  • Perte de poids nette face à la v3 (jusqu'à 25 g) sans sacrifice sur l'amorti (142 SA, au-dessus de la moyenne du marché)
  • Plus aucun glissement du talon signalé, contrairement à la v3
  • Toe-box resserrée : moins 2,3 mm en largeur, moins 8,3 mm côté gros orteil par rapport à la v3, mesures en laboratoire à l'appui
adidas adizero Adios Pro 4 · à partir de 151,00 €Voir le prix

Deux ans d'attente entre l'Adios Pro 3 et cette quatrième génération : dans un marché où chaque marque sort sa fusée carbone tous les douze à dix-huit mois, ce silence d'Adidas ressemblait à un pari risqué. Des mesures indépendantes en laboratoire donnent raison au pari sur un point précis, le retour d'énergie, mais elles révèlent aussi un chaussant resserré et une stabilité nettement revue à la baisse par rapport à la version précédente.

L'essentiel en 3 phrases

L'Adios Pro 4 décroche le meilleur score de retour d'énergie jamais mesuré en laboratoire indépendant sur plus de 385 chaussures testées (80,4 %), porté par sa nouvelle mousse Lightstrike Pro et ses tiges Energy Rods 2.0. Elle perd jusqu'à 25 g face à la v3 et gagne en moelleux, mais au prix d'une toe-box resserrée de plusieurs millimètres et d'un maintien du talon jugé nettement moins stable en tests indépendants. Elle vise le coureur confirmé qui frappe du médio ou de l'avant-pied et veut descendre sous les 3h15 au marathon ou sous les 50 minutes au 10 km, pas le talonneur marqué ni le coureur qui cherche une paire d'entraînement quotidien.

9,3
/ 10 · Note globale RunMorph
Amorti
8,5 / 10
Dynamisme
9,8 / 10
Stabilité
6,8 / 10
Durabilité
6,0 / 10
Rapport prix
6,0 / 10
Pour qui ?Coureurs confirmés visant un chrono en compétition, du 10 km au marathon, frappe médio-pied ou avant-pied, pieds étroits à normaux.
Pas pour qui ?Talonneurs marqués, pieds larges, coureurs cherchant une paire d'entraînement quotidien ou une stabilité rassurante en fin de course.

Adidas Adizero Adios Pro 4 : la lame de la marque aux trois bandes face à l'attente

Pendant que Nike, Asics et Saucony renouvelaient leurs modèles phares chaque année, Adidas a laissé l'Adios Pro 3 en place pendant deux cycles complets. La marque a justifié ce silence par la sortie entre-temps de l'Adios Pro Evo 1, un prototype à 133 g vendu 500 euros et réservé à une poignée de coureurs élites, qui a servi de laboratoire. La Adios Pro Evo 3 occupe aujourd'hui ce rôle de vitrine technologique dans la même famille Adizero : c'est une chaussure différente, taillée pour le record et la durée de vie très limitée, quand l'Adios Pro 4 se veut la version grand public, achetable sous les 250 euros.

Le nom "Pro" fait vendre, mais la vraie question est de savoir ce que les deux ans d'attente ont vraiment changé sous le pied. Réponse chiffrée, mesures en laboratoire indépendant à l'appui : un retour d'énergie record à 80,4 %, une mousse nettement plus souple que la précédente, une toe-box resserrée de plusieurs millimètres, et une stabilité du talon en net retrait face à la v3.

Le conseil de RunMorph : si tu hésites entre l'Adios Pro 4 et une paire plus polyvalente comme la Saucony Endorphin Pro 5, pose-toi une seule question : combien de courses par an tu vises vraiment sous plaque carbone ? Si la réponse est supérieure à trois et que tu ne frappes pas du talon, l'Adios Pro 4 justifie son prix. Sinon, garde ton budget pour une paire d'entraînement de qualité.

Adidas Adizero Adios Pro 4 vue de profil

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales

Données techniques objectives

MarqueAdidas
ModèleAdizero Adios Pro 4
SortieJanvier 2025
TypeRoute, compétition
Drop annoncé6 mm
Drop mesuré en laboratoire indépendant8,1 mm
Stack avant / arrière annoncé33 mm / 39 mm
Stack avant / arrière mesuré28,5 mm / 36,6 mm
Poids mesuré en laboratoire200 g
Retour d'énergie mesuré80,4 %, la meilleure valeur enregistrée sur plus de 385 chaussures testées
Absorption des chocs mesurée142 SA (moyenne du marché : 131 SA)
MousseLightstrike Pro, nouvelle formulation plus souple : 29,3 AC contre 37,6 AC sur la v3
Plaque carboneOui, tiges Energy Rods 2.0
SemelleContinental + Lighttraxion
TigeAdizero Lightlock, mesh tissé
Distance recommandée5 km au marathon
Prix officiel250 €

Technologie Energy Rods 2.0 et Lightstrike Pro : qu'est-ce que ça change sous le pied ?

La semelle intermédiaire garde le principe qui a fait le succès de la gamme : deux couches de mousse Lightstrike Pro encadrent des tiges de carbone en forme de bretzel, regroupées en une structure rigide parallèle aux métatarses. Le changement se joue sur deux points précis, confirmés par des mesures indépendantes en laboratoire. D'abord la composition de la mousse : la nouvelle formulation Lightstrike Pro affiche une souplesse de 29,3 AC contre 37,6 AC pour la mousse de la v3, un écart net qui se traduit par une sensation d'impact nettement plus moelleuse sous le pied. Ensuite la géométrie du rocker, quasiment identique à celle de la v3 dans les faits (contrairement à ce qu'on peut lire ailleurs), les ajustements se limitant à quelques millimètres liés à la nouvelle semelle extérieure Lighttraxion.

Sur le terrain, cette mousse plus souple se ressent dès l'allure marathon : le pied s'enfonce davantage à l'appui, la propulsion suit sans à-coup. Le retour d'énergie mesuré en laboratoire atteint 80,4 %, la meilleure valeur enregistrée sur plus de 385 modèles testés en conditions identiques, loin devant la moyenne du marché à 58,6 %. C'est, à ce jour, la référence absolue du marché sur ce critère précis. Revers de la médaille : cette mousse plus tendre se montre aussi moins endurante. Les mesures indépendantes situent la fenêtre de performance optimale de ce type de mousse autour de 150 à 160 km d'utilisation intensive avant que le dynamisme ne commence à s'estomper nettement, une durée de vie du "pop" nettement plus courte que sur la v3, réputée pour tenir la distance sans faiblir.

Pour qui est faite l'Adizero Adios Pro 4 ?

Le coureur de marathon sous 3h15

C'est le profil pour lequel la chaussure a été pensée. L'amorti mesuré en laboratoire (142 SA, contre 131 SA en moyenne sur le marché) absorbe les 42,195 km sans écraser, et le retour d'énergie record aide à tenir l'allure cible sur la deuxième moitié de course, moment où la plupart des chaussures de compétition s'effondrent en sensations.

Le coureur de 10 km et semi qui cherche un chrono

L'Adios Pro 4 n'est pas cantonnée au marathon. Sur l'échelle de performance par usage des tests indépendants, elle obtient 93/100 en compétition et 88/100 au tempo : la propulsion se ressent dès les premières foulées rapides. Elle convient particulièrement aux coureurs habitués aux allures soutenues qui savent déjà exploiter une chaussure carbone.

Le débutant en quête de sa première paire

Ce n'est pas le bon choix. Le rocker et la rigidité de la plaque demandent une technique de course déjà construite, et les mêmes tests indépendants attribuent à cette chaussure un score d'à peine 45/100 sur l'usage quotidien lent. Une chaussure de daily trainer, comme la Nike Pegasus 42, est bien plus adaptée pour construire du volume avant d'envisager une paire de compétition.

Le test terrain : de l'allure marathon au fractionné court

Les mesures indépendantes en laboratoire confirment ce que les retours terrain laissaient deviner : l'Adios Pro 4 excelle en course pure et se traîne à l'entraînement lent. Le message est sans ambiguïté : cette chaussure n'a rien à faire sur un footing de récupération, ses scores par usage (93/100 en course, 88/100 au tempo, 45/100 au quotidien) le confirment noir sur blanc.

Sur le chaussant, les chiffres tranchent le débat qui agite les forums depuis la sortie du modèle. La largeur à l'endroit le plus large de la toe-box mesure 93,2 mm contre 95,5 mm sur la v3, soit 2,3 mm de moins. Côté gros orteil, l'écart est encore plus marqué : 69,5 mm contre 77,8 mm sur la v3, soit 8,3 mm de moins. Ce ne sont pas des ressentis subjectifs, ce sont des mesures au moule en laboratoire. Les pieds larges ou carrés qui appréciaient la Pro 3 pour son confort spacieux doivent s'attendre à un changement radical, et RunMorph recommande d'essayer avant achat plutôt que de commander en ligne à l'aveugle.

Sur la stabilité, les tests indépendants sont catégoriques : l'Adios Pro 4 est nettement moins stable que la v3, un compromis assumé pour obtenir une mousse plus souple. Le renfort de talon obtient la note la plus basse possible en test de rigidité (1 sur 5), et le talon plus étroit réduit la surface d'appui à l'atterrissage. Concrètement : les talonneurs marqués vont sentir l'instabilité latérale dès les premières foulées rapides, particulièrement en fin de course quand la fatigue dégrade la technique. Ce n'est pas un défaut mineur, c'est le compromis central de cette version.

Sur la respirabilité, le verdict des tests en laboratoire est sans appel : 2 sur 5, l'un des scores les plus faibles du marché actuel. Un test à la fumée et à la lumière a montré une tige qui bloque quasiment tout le flux d'air, la priorité ayant visiblement été donnée à la légèreté plutôt qu'à la ventilation. Sur marathon par temps chaud, attends-toi à des pieds qui chauffent plus vite que sur la génération précédente.

Sur la traction, le nouveau caoutchouc Continental associé à la technologie Lighttraxion tient ses promesses : la mesure indépendante donne 0,55, contre environ 0,59 sur la v3, un écart minime de 0,04 point qui ne se ressent pas sur le terrain. L'adhérence reste parmi les meilleures de sa catégorie, sur route sèche comme humide.

Détail de la tige Adizero Lightlock de l'Adidas Adizero Adios Pro 4

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales

Adizero Adios Pro 4 vs concurrence : le comparatif pour faire le bon choix

ModèlePoidsDrop annoncéPrixPositionnement
Adidas Adizero Adios Pro 4200 g mesurés6 mm (8,1 mm mesurés)250 €Retour d'énergie record, chaussant exigeant, stabilité en retrait
Saucony Endorphin Pro 5200 g8 mm240 €Plus polyvalente, moins pointue en performance pure
Nike Vaporfly 4195 g8 mm250 €Référence historique, propulsion très marquée
Asics Metaspeed Sky Tokyo198 g5 mm270 €Rocker très agressif, taillée pour les allures élevées

Face à la Saucony Endorphin Pro 5, l'Adios Pro 4 gagne en retour d'énergie pur (80,4 % mesurés, un score que peu de modèles approchent) mais perd en stabilité et en polyvalence : la Saucony encaisse mieux un usage mixte compétition et entraînement rapide, quand l'Adios Pro 4 reste une chaussure de jour de course pour foulée médio ou avant-pied. Face à l'Adios Pro Evo 3 de la même famille, la différence est nette : l'Evo 3 vise le record absolu avec une durée de vie très limitée et un prix près du double, quand la Pro 4 reste l'option raisonnable pour une utilisation régulière en compétition sur toute une saison.

Avantages

  • Retour d'énergie mesuré à 80,4 %, la meilleure valeur jamais enregistrée en laboratoire indépendant sur plus de 385 modèles testés
  • Perte de poids nette face à la v3 (jusqu'à 25 g) sans sacrifice sur l'amorti (142 SA, au-dessus de la moyenne du marché)
  • Plus aucun glissement du talon signalé, contrairement à la v3
  • Traction quasi inchangée par rapport à la v3 (0,55 contre 0,59), très solide sur route mouillée
  • Tige plus légère et languette confortable

Inconvénients

  • Toe-box resserrée : moins 2,3 mm en largeur, moins 8,3 mm côté gros orteil par rapport à la v3, mesures en laboratoire à l'appui
  • Stabilité en net retrait (note RunMorph 6,8/10, renfort de talon noté 1 sur 5 en test indépendant) : déconseillée aux talonneurs marqués
  • Respirabilité faible (2 sur 5 en test fumée et lumière), tige qui bloque quasiment l'air
  • Durabilité de la mousse limitée : la fenêtre de performance optimale se situe autour de 150 à 160 km avant que le dynamisme ne s'estompe, en retrait par rapport à la tenue dans la durée de la v3

Semelle extérieure Continental de l'Adidas Adizero Adios Pro 4

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales

Comment intégrer l'Adios Pro 4 dans ton plan d'entraînement RunMorph

Cette chaussure n'a pas vocation à être ta seule paire, et les mesures indépendantes le confirment : son score sur l'usage quotidien (45/100) est trop faible pour justifier un volume d'entraînement dessus. Elle s'intègre dans une préparation marathon ou semi comme arme de jour J et, ponctuellement, comme paire de séances clés à allure rapide (fractionné long, sortie à allure marathon). Garde à l'esprit la fenêtre de 150 à 160 km avant que la mousse ne perde son dynamisme : compte tes kilomètres sur cette paire pour ne pas la porter en course sur une mousse déjà fatiguée.

Dans ton plan d'entraînement RunMorph, indique que tu possèdes une paire carbone : le programme peut alors positionner tes séances à allure cible et ta course de référence sur cette paire, pour que tes sensations d'entraînement collent au maximum à celles du jour de course.

Verdict du Coach RunMorph

L'Adios Pro 4 décroche, mesures indépendantes à l'appui, le meilleur score de retour d'énergie jamais enregistré sur plus de 385 chaussures testées : 80,4 %. C'est un fait de laboratoire, pas un argument marketing, et ça suffit à en faire l'une des chaussures de compétition les plus abouties du marché actuel sur ce critère précis. Mais la note globale de 9,3/10 ne doit pas masquer un compromis assumé par Adidas : stabilité en net retrait, toe-box resserrée de plusieurs millimètres, respirabilité faible et durée de vie de la mousse limitée à 150-160 km avant déclin du dynamisme. Pour le coureur confirmé qui frappe du médio ou de l'avant-pied, qui vise un chrono et qui prend le temps d'essayer sa pointure, c'est un achat justifié et même excellent. Pour le talonneur marqué ou le coureur au pied large, le compromis ne passe pas : une Saucony Endorphin Pro 5 plus stable et plus polyvalente reste un choix plus raisonnable.

Note RunMorph : 9,3/10

À retenir pour ton entraînement

  • Réserve-la au jour de course : score de 45/100 sur l'usage quotidien en test indépendant, ce n'est pas une paire d'entraînement lent
  • Prends une demi-pointure au-dessus si tu as le pied large : la toe-box mesure jusqu'à 8,3 mm de moins que sur la v3 au niveau du gros orteil
  • Évite-la si tu es un talonneur marqué : le renfort de talon est noté 1 sur 5 en rigidité, préfère une paire plus stable pour ce profil
  • Compte tes kilomètres sur cette paire : la mousse perd son dynamisme dès 150 à 160 km d'utilisation intensive selon les mesures indépendantes
  • Exploite-la dès l'allure semi-marathon : c'est à partir de cette allure que le retour d'énergie record se fait vraiment sentir
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