Deux ans d'attente entre l'Adios Pro 3 et cette quatrième génération : dans un marché où chaque marque sort sa fusée carbone tous les douze à dix-huit mois, ce silence d'Adidas ressemblait à un pari risqué. Le pari est tenu. La Adizero Adios Pro 4 ne réinvente rien, elle affine tout, et elle le fait avec une exigence qui la place aujourd'hui parmi les toutes meilleures chaussures de compétition sur route.
L'essentiel en 3 phrases
La Adios Pro 4 est une chaussure de compétition à plaque carbone (Energy Rods 2.0) et mousse Lightstrike Pro, pensée pour le 10 km jusqu'au marathon. Elle gagne en moelleux, en dynamisme et perd près de 30 g par rapport à la v3, au prix d'un chaussant qui taille petit et d'une stabilité jugée plus fragile par une partie des testeurs. Elle vise le coureur averti qui veut descendre sous les 3h15 au marathon ou sous les 50 minutes au 10 km, pas le coureur qui cherche une paire d'entraînement polyvalente.
Adidas Adizero Adios Pro 4 : la lame de la marque aux trois bandes face à l'attente
Pendant que Nike, Asics et Saucony renouvelaient leurs modèles phares chaque année, Adidas a laissé l'Adios Pro 3 en place pendant deux cycles complets. La marque a justifié ce silence par la sortie entre-temps de l'Adios Pro Evo 1, un prototype à 133 g vendu 500 euros et réservé à une poignée de coureurs élites, qui a servi de laboratoire. La Adios Pro Evo 3 occupe aujourd'hui ce rôle de vitrine technologique dans la même famille Adizero : c'est une chaussure différente, taillée pour le record et la durée de vie très limitée, quand l'Adios Pro 4 se veut la version grand public, robuste et achetable sous les 250 euros.
Le nom "Pro" fait vendre, mais la vraie question est de savoir ce que les deux ans d'attente ont vraiment changé sous le pied. Réponse courte : une mousse plus moelleuse, une géométrie de bascule repensée, un mesh totalement revu, et une perte de poids d'environ 20 à 30 g par rapport à la version précédente.
Le conseil de RunMorph : si tu hésites entre l'Adios Pro 4 et une paire plus polyvalente comme la Saucony Endorphin Pro 5, pose-toi une seule question : combien de courses par an tu vises vraiment sous plaque carbone ? Si la réponse est supérieure à trois, l'Adios Pro 4 justifie son prix. Sinon, garde ton budget pour une paire d'entraînement de qualité.

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Données techniques objectives
| Marque | Adidas |
| Modèle | Adizero Adios Pro 4 |
| Sortie | Janvier 2025 |
| Type | Route, compétition |
| Drop | 6 mm |
| Stack avant / arrière | 33 mm / 39 mm |
| Poids (homme, taille 42-43) | 193 à 200 g selon pointure |
| Mousse | Lightstrike Pro (double couche) |
| Plaque carbone | Oui, tiges Energy Rods 2.0 |
| Semelle | Continental + Lighttraxion |
| Tige | Adizero Lightlock, mesh tissé |
| Distance recommandée | 5 km au marathon |
| Prix officiel | 250 € |
Technologie Energy Rods 2.0 et Lightstrike Pro : qu'est-ce que ça change sous le pied ?
La semelle intermédiaire garde le principe qui a fait le succès de la gamme : deux couches de mousse Lightstrike Pro encadrent des tiges de carbone en forme de bretzel, regroupées en une structure rigide parallèle aux métatarses. Le changement se joue sur deux points précis. D'abord la composition de la mousse, plus souple, avec une sensation d'impact nettement plus moelleuse que sur la v3. Ensuite la géométrie du rocker, plus agressif et qui démarre plus tôt, aux deux tiers de la chaussure, pour accélérer le passage du médio-pied vers l'avant-pied.
Sur le terrain, cette bascule plus précoce se ressent dès l'allure marathon : le pied roule plus vite vers l'avant, la foulée s'allonge sans effort supplémentaire. À allure plus lente, en revanche, le rocker impose un rythme qu'il vaut mieux ne pas casser, sous peine de sensation de béquille. La tige Adizero Lightlock, tissée dans un mesh proche du tissu plutôt que du maillage plastique classique, améliore nettement la respirabilité et le maintien latéral par rapport à la version précédente.

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Pour qui est faite la Adizero Adios Pro 4 ?
Le coureur de marathon sous 3h15
C'est le profil pour lequel la chaussure a été pensée. L'amorti épais (39 mm au talon) absorbe les 42,195 km sans écraser, et le dynamisme de la plaque aide à tenir l'allure cible sur la deuxième moitié de course, moment où la plupart des chaussures de compétition s'effondrent en sensations.
Le coureur de 10 km et semi qui cherche un chrono
La Adios Pro 4 n'est pas cantonnée au marathon. Du 5 km au semi, la propulsion de la plaque se ressent dès les premières foulées rapides. Elle convient particulièrement aux coureurs habitués aux allures soutenues qui savent déjà exploiter une chaussure carbone.
Le débutant en quête de sa première paire
Ce n'est pas le bon choix. Le rocker prononcé et la rigidité de la plaque demandent une technique de course déjà construite. Une chaussure de daily trainer, comme la Nike Pegasus 42, est bien plus adaptée pour construire du volume avant d'envisager une paire de compétition.
Le test terrain : de l'allure marathon au fractionné court
Les tests indépendants convergent sur un point : la Adios Pro 4 se comporte particulièrement bien entre 3'30 et 4'30/km, plage typique d'une allure marathon à semi pour un coureur confirmé. Un testeur ayant chaussé la paire dès sa sortie en avant-première lors du marathon de Chicago 2024 décrit des sensations de légèreté constantes jusqu'au 37e kilomètre, sans douleur ni gêne, avec une stabilité jugée suffisante même en fin d'effort altéré par une crampe. Ce retour converge avec le consensus des essais terrain plus larges, qui pointent une base d'appui élargie par rapport à la v3 et un ajustement globalement satisfaisant pour une foulée neutre.
Sur la question du chaussant, les avis divergent nettement. Plusieurs testeurs indépendants recommandent de prendre une demi-pointure au-dessus tant la chaussure taille petit au niveau de l'avant-pied, quand d'autres jugent l'espace suffisant, notamment grâce à une toe-box légèrement agrandie par rapport à la version précédente. Chez RunMorph, le conseil reste d'essayer avant achat ou de commander une demi-pointure au-dessus par défaut : le risque d'orteils compressés en fin de marathon n'est pas négligeable. Plus gênant, plusieurs retours signalés auprès du service client Adidas et relayés par des utilisateurs francophones font état d'irritations au niveau du tendon d'Achille avec la languette arrière, allant jusqu'à l'ampoule sur de longues distances. Ce n'est pas un défaut généralisé, mais un point de vigilance réel qui n'apparaît pas sur la fiche produit officielle.
Sur la traction, le nouveau caoutchouc Continental associé à la technologie Lighttraxion tient ses promesses sur route sèche comme humide, avec une adhérence jugée puissante y compris sur bitume mouillé. Les retours de boutiques spécialisées nuancent toutefois ce constat sur les terrains très humides ou glissants, où l'accroche recule légèrement, ce qui reste attendu pour une semelle de compétition pure route.

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Adizero Adios Pro 4 vs concurrence : le comparatif pour faire le bon choix
| Modèle | Poids | Drop | Prix | Positionnement |
|---|---|---|---|---|
| Adidas Adizero Adios Pro 4 | 193-200 g | 6 mm | 250 € | Dynamisme et amorti max, chaussant exigeant |
| Saucony Endorphin Pro 5 | 200 g | 8 mm | 240 € | Plus polyvalente, moins pointue en performance pure |
| Nike Vaporfly 4 | 195 g | 8 mm | 250 € | Référence historique, propulsion très marquée |
| Asics Metaspeed Sky Tokyo | 198 g | 5 mm | 270 € | Rocker très agressif, taillée pour les allures élevées |
Face à la Saucony Endorphin Pro 5, l'Adios Pro 4 gagne en dynamisme pur mais perd en polyvalence : la Saucony encaisse mieux un usage mixte compétition et entraînement rapide, quand l'Adios Pro 4 reste une chaussure de jour de course. Face à la Adios Pro Evo 3 de la même famille, la différence est nette : l'Evo 3 vise le record absolu avec une durée de vie très limitée et un prix près du double, quand la Pro 4 reste l'option raisonnable pour une utilisation régulière en compétition sur toute une saison.
Avantages
- Retour d'énergie et propulsion parmi les meilleurs du marché actuel
- Perte de poids nette face à la v3 sans sacrifier l'amorti
- Tige Lightlock très respirante et bon maintien latéral
- Traction fiable sur route sèche et humide
Inconvénients
- Chaussant qui taille petit, demi-pointure au-dessus souvent nécessaire
- Irritations au tendon d'Achille rapportées par plusieurs utilisateurs
- Stabilité jugée en retrait par rapport à la v3 selon une partie des testeurs
- Prix élevé pour une chaussure à durée de vie de compétition limitée

© Adidas, photo officielle utilisée à des fins éditoriales
Comment intégrer la Adios Pro 4 dans ton plan d'entraînement RunMorph
Cette chaussure n'a pas vocation à être ta seule paire. Elle s'intègre dans une préparation marathon ou semi comme arme de jour J et, ponctuellement, comme paire de séances clés à allure rapide (fractionné long, sortie à allure marathon). Le reste du volume doit passer sur une paire d'entraînement classique pour préserver la durée de vie de la mousse Lightstrike Pro.
Dans ton plan d'entraînement RunMorph, indique que tu possèdes une paire carbone : le programme peut alors positionner tes séances à allure cible et ta course de référence sur cette paire, pour que tes sensations d'entraînement collent au maximum à celles du jour de course.
Verdict du Coach RunMorph
L'Adios Pro 4 tient sa promesse : c'est aujourd'hui l'une des chaussures de compétition les plus abouties du marché, avec un dynamisme et un amorti qui justifient sa réputation. Mais ce n'est pas une chaussure sans défaut. Le chaussant exigeant et les irritations rapportées au niveau du talon ne sont pas des détails marketing à balayer, ce sont des points concrets qui doivent peser dans la décision d'achat, surtout pour un usage marathon où chaque frottement se paye cash au kilomètre 35. Pour le coureur confirmé qui vise un chrono et qui prend le temps d'essayer sa pointure, c'est un achat justifié. Pour le coureur occasionnel ou au budget serré, une Saucony Endorphin Pro 5 plus polyvalente reste un choix plus raisonnable.
Note RunMorph : 8,4/10
À retenir pour ton entraînement
- Réserve-la au jour de course : ce n'est pas une paire d'entraînement quotidien, garde-la pour tes compétitions et tes séances clés à allure cible
- Prends une demi-pointure au-dessus : le consensus des tests converge sur un chaussant serré à l'avant-pied
- Surveille le talon : vérifie l'absence de frottement au tendon d'Achille dès les premiers kilomètres, avant de la porter sur marathon
- Associe-la à une paire d'entraînement solide : la durée de vie de la mousse carbone est plus courte qu'une chaussure daily
- Exploite-la dès l'allure semi-marathon : c'est à partir de 4'30/km environ que la bascule du rocker se fait vraiment sentir



